UN CONSEIL DES MINISTRES SANS PAPIER : Bientôt une réalité au Burkina Faso

mercredi 4 juillet 2012 à 00h35min

Le Sommet des chefs d’Etat africains, tenu en octobre 2006 à Kigali, sur le thème « Connecter l’Afrique », a recommandé à chaque pays africain « d’adopter une cyberstratégie nationale et de mettre en œuvre au moins un service-modèle d’administration publique en ligne, ainsi que des services de cyber-enseignement, de commerce électronique et de cyber-santé à l’horizon 2015 ». C’est ainsi que le Burkina avec à sa tête, le président du Faso, s’est engagé à faire des TIC, un outil au service du développement et une source d’optimisation des dépenses liées à la bureautique. Cette volonté d’intégrer les TIC dans la vie quotidienne des Burkinabè se trouve en bonne position dans le programme quinquennal du chef de l’Etat : « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent ».

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Dans ce programme politique, le président du Faso considère « la capacité à absorber et à adapter les nouvelles technologies, notamment les TIC », comme un des principaux leviers de l’émergence du Burkina. Le Projet e-Conseil des ministres (PeCM) ou « Conseil des ministres sans papier » s’inscrit dans ce cadre, ainsi que dans l’axe 3 « Renforcement de la gouvernance » de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD). C’est ainsi que le Gouvernement a signé un accord de coopération avec l’Union internationale des télécommunications (UIT) qui porte sur la réalisation du projet d’ « Assistance du Burkina Faso pour la mise en œuvre du concept e-Conseil des ministres ».

L’objectif principal du e-Conseil des ministres est d’optimiser, grâce aux technologies de l’information et de la communication, le processus de préparation des sessions du Conseil des ministres. La plateforme e-Conseil des ministres va permettre aux acteurs intervenant dans le Conseil des ministres de travailler de façon électronique et de pouvoir échanger des informations à travers un réseau qui leur sera dédié. A cet effet, le e-Conseil des ministres présente des avantages certains pour les premiers concernés que sont les membres du gouvernement. D’abord, ils ne seront plus amenés à trimballer des dossiers pour le Conseil des ministres. Secundo, le ministre pourra en tout temps, suivre l’élaboration de tous les dossiers et consulter ses pairs pour des compléments nécessaires à la finalisation des dossiers. L’interactivité instantanée que propose le e-Conseil des ministres va permettre aux ministres d’interpeller leurs collaborateurs sur les dossiers qui leur sont soumis.

Sécurité et continuité, maîtres-mots du PeCM

Depuis la conception du PeCM, les aspects sécuritaires ont été abordés en amont, d’une façon globale et totalement intégrée. Et le système de sécurité qui a été pensé pour le PeCM est le même que celui du siège des Nations unies (ONU) à New York. D’abord, l’annuaire mis en place permet d’enregistrer tous les utilisateurs et les ordinateurs du e-Conseil des ministres. Seuls les utilisateurs et les ordinateurs déclarés dans cet annuaire pourront accéder à la plateforme. Ceci permet de garantir une certaine confidentialité de l’information. En outre, la signature électronique permet d’assurer l’intégrité des données. En effet, elle permet de garantir que les données seront transmises telles quelles, entre la source et la destination et de garantir du même coup, que les données ne seront pas falsifiées par un pirate, au cours de leur transit sur le réseau.

D’une manière globale, il y a des mesures de sécurité qui sont prises au niveau du réseau RESINA. Il s’agit notamment, de la mise en place d’un pare-feu qui permet de filtrer tous les accès au réseau. Au niveau de la plateforme, il y a deux mesures qui sont prises et qui permettent de prévenir le piratage :

• la plateforme est accessible uniquement dans le RESINA. Cela implique qu’elle n’est pas accessible à partir d’Internet. Cette mesure permet de réduire le risque de piratage ;

• l’accès à la plateforme n’est possible qu’après une double authentification. En effet, après l’authentification par le nom d’utilisateur et le mot de passe, des utilisateurs ayant des droits très élevés devront s’authentifier avec un jeton. Cela réduit le risque de piratage par usurpation d’identité. La mise en place d’un système de gestion des droits d’accès aux ressources permet de définir la politique de manipulation de l’information. En effet, avec cet outil, on peut par exemple, définir si un fichier peut être imprimé ou pas, si un fichier peut être copié sur une clé USB ou pas. Avec ce système, on peut empêcher les sorties non autorisées de l’information sur la plateforme. Dans la conception du PeCM, un système de vidéo surveillance et de détecteur d’incendie est prévu pour vérifier les accès dans les Datacenter et pour éviter les risques d’incendie par une surveillance permanente.

Selon les statistiques en matière de sécurité des systèmes informatiques, environ 90% des problèmes de sécurité dans les entreprises sont liés au comportement de l’homme. Dans le cadre du PeCM, les mesures suivantes sont envisagées :

• la sensibilisation de tous les utilisateurs à la sensibilité des données traitées sur la plateforme ;

• la formation à une meilleure utilisation de la plateforme ;

• la mise en place d’un ensemble de procédures de gestion et d’utilisation des ressources et services du PeCM. Pour assurer la continuité du service suite à une panne, le PeCM a mis en place deux serveurs redondants, localisés dans deux Datacenter distincts. Le second contient les mêmes données que le premier. En cas de panne du premier, il y a un basculement automatique sur le second. Un groupe électrique de relais a été installé pour le Datacenter du secrétariat général du gouvernement et du Conseil des ministres pour assurer la fourniture électrique, en cas de coupure d’électricité.

Economies en temps et en argent

Le e-Conseil des ministres va faciliter le travail de tous ceux qui interviennent dans le Conseil des ministres. Leur efficacité va se trouver renforcée avec une économie substantielle sur la consommation d’encre, de papier, de carburant et de temps. Il va également, créer des mécanismes de collaboration électronique avec différents ministères pour finaliser les rapports issus du Conseil des ministres et offrir une garantie sur la sécurité et la confidentialité des informations. L’archivage électronique des dossiers va permettre de retrouver les documents et autres informations sur la plateforme, de façon automatique. En un mot, le projet e-Conseil des ministres va simplifier le travail et les déplacements avec la dématérialisation des rapports entre les acteurs du e-Conseil. Pour rendre opérationnel cet important outil de travail, le groupe de projet a retenu une mise en œuvre modulaire en fonction des priorités qui ont été retenues.

A cet effet, plusieurs sessions de travail ont été effectuées avec le groupe des utilisateurs, assisté du secrétariat technique du comité de pilotage et des différents partenaires. Et au plan infrastructurel, les travaux de câblage pour la mise à niveau des réseaux informatiques locaux des cabinets ministériels sont réalisés à 100%. Petit à petit, ce qui n’était qu’un mirage pour les plus sceptiques est en train de prendre forme et le Conseil des ministres sans papier est pour très bientôt.

Ministère des Transports, des Postes et de l’Economie Numérique

Le Pays

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