SG de la commission nationale pour la Francophonie : « Je cherche toujours ma voie, tant les moyens matériels et financiers font défaut » dixit Jean Baptiste Kambiré

lundi 25 juin 2012 à 23h33min

Installé à la tête de la Commission nationale pour la francophonie en mars dernier, Jean Baptiste Kambiré vit ses 100 jours aux commandes de cette institution depuis le vendredi 22 juin 2012. Une aubaine que nous avons saisie pour faire avec le premier responsable de la Commission nationale pour la francophonie, le point de la structure depuis sa prise de service. Dans cet entretien exclusif, Jean Baptiste Kambiré fait le bilan de ses quatre mois à la tête de la Commission pour la francophonie, sa première mission en tant que secrétaire général, mais aussi ses perspectives pour cette institution qu’on lui a confiée dans le but de lui donner une nouvelle dynamique.

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Cela fait 100 jours que vous êtes à la tête de la Commission nationale pour la Francophonie, comment vous avez vécu ce moment ?

C’est vrai, cela fait bientôt 100 jours que je suis à la tête de la Commission nationale pour la Francophonie (CNF). C’est l’occasion pour moi de témoigner à nouveau ma gratitude à ma hiérarchie qui a pensé à moi en me confiant la direction de cette structure. J’avoue que remplacer un monument comme mon prédécesseur n’est pas chose facile ! En effet, mon prédécesseur, Dramane Konaté, pour ne pas ne le nommer, est un homme de Lettres que dis-je, un homme de culture, alors que moi je suis un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères. Je suis donc dans un autre monde !

Depuis votre installation officielle, le 15 mars 2012, quelles ont été vos activités ?

Dès mon installation, le 15 mars 2012, j’ai eu à gérer des questions de logistique. Grâce à mes aînés qui dirigent deux grandes écoles de formation de cadres – Excusez-moi de ne pas citer ici les noms de mes aînés ni les noms desdits établissements – j’ai pu trouver des bus pour transporter des centaines d’enfants invités pour réaliser quelques activités de la Semaine nationale de la Francophonie. Le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, j’ai dû recourir à d’autres aînés. Le moment fort de ce 20 mars a été, pour moi, la lecture que j’ai faite du message de Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). En dehors de ces temps, j’essaie toujours d’entrer dans mon nouveau monde. C’est-à-dire, comprendre comment se passe le travail administratif au sein de la Commission nationale pour la Francophonie. Je cherche toujours ma voie, tant les moyens matériels et financiers font défaut. Du côté des ressources humaines, je n’ai pas de problème majeur. Cependant, il nous faut à ce niveau accorder nos violons pour notamment monter nos dossiers et revisiter la rédaction administrative !

Vous avez dirigé pour la première fois, la Semaine nationale de la Francophonie, qu’avez-vous tiré comme enseignements ?

Premièrement, il y a des ardoises à régler. Oui ! Jusqu’aujourd’hui ! Deuxièmement, il y a eu un très grand nombre d’activités. Je note que des aînés de la Francophonie comme Salamata Léontine Ouadba, ancienne correspondante de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), Paul Ismaël Ouédraogo (Ancien ministre, ancien Secrétaire général de la CNF et Père fondateur de la radio Jeunesse), Félix Boyarm et Sylvain Ouédraogo, nous ont accompagnés lors des activités de la SENAF des 20 et 22 mars 2012.
Ces aînés-là étaient présents aux côtés de quelques diplomates de pays francophones membres de l’OIF et des jeunes des collèges, lycées et de l’Université.
Oui, il y a eu un beau brassage entre générations. Je crois en ce brassage-là car les jeunes doivent toujours apprendre auprès de leurs aînés.


Quel avenir pour les agents bénévoles de la radio Jeunesse Francophone ?

L’avenir des agents bénévoles de la radio Jeunesse Francophone est entre leurs mains. Je viens d’arriver à la tête de la Commission nationale pour la Francophonie. En moins de deux mois, j’ai évoqué cet avenir-là au moins trois fois. Il y a, à l’heure actuelle, quelques avancées pour une prise en charge des travailleurs bénévoles de ce média. Dans quelques mois, nous aviserons. N’oubliez pas qu’il y a d’autres bénévoles ainsi que des contractuels à la Commission nationale pour la Francophonie !

Votre première mission en tant que Secrétaire général de la Commission nationale pour la Francophonie, c’était le 30 mars 2012, au Conseil permanent de la Francophonie, que retenez-vous de cette participation ?

C’est vrai que ma première mission à l’extérieur du pays a été ma participation, le 30 mars 2012 à Paris, à la 83ème session du Conseil permanent de la Francophonie (CPF). Le CPF est une instance de l’OIF présidée par le Secrétaire général de l’Institution Abdou Diouf et où siègent et délibèrent les représentants personnels des Chefs d’Etat des pays membres de la Francophonie, les ambassadeurs et délégués de ces pays, ainsi que les représentants des opérateurs directs de l’OIF que sont : TV5, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’Université Senghor d’Alexandrie, l’Association internationale des maires et responsables des capitales et des métropoles partiellement ou entièrement Francophones (AIMF). Le CPF est une tribune, comme l’Assemblée des Nations unies, où les 75 Etats membres de l’OIF échangent leurs vues sur la marche du monde. C’est le lieu où l’on négocie et prépare les Sommets de la Francophonie. Mais, je précise que les travaux du CPF font l’objet d’un rapport à la Conférence des ministres des pays membres de la francophonie, qui a son tour fait rapport au Sommet de la Francophonie. Après la session ordinaire du Conseil permanent de la Francophonie (CPF) du 30 mars 2012, il y a eu une session extraordinaire qui a été consacrée à la situation de la Guinée-Bissau. Il y aura un CPF le 28 juin à Paris et un autre le 12 octobre 2012 à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Après quoi, se tiendront la conférence ministérielle et le sommet de l’OIF toujours à Kinshasa.

Nous sommes à un an des Jeux de la Francophonie, Nice 2013. Comment la Commission nationale pour la Francophonie prépare-t-elle les activités à venir ?

La 7 ème édition des Jeux de la Francophonie est prévue pour se tenir du 06 au 15 septembre 2013 à Nice, en France. De source sûre, il semble que la direction du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) ait déjà enregistré la participation de 50 Etats et gouvernements membres de l’OIF qui en compte 75. Vous savez que 3000 jeunes sportifs, artistes et créateurs y sont attendus. Au Burkina Faso, la Commission nationale pour la Francophonie a saisi plusieurs départements ministériels chargés des volets sport, écologie, culture, communication et création numérique pour leur demander de désigner chacun un chargé de dossier de pré-inscription en ligne. Une fiche d’inscription a été transmise aux départements ciblés. Sur chaque fiche d’inscription sont indiquées des informations utiles : versement d’une somme de 1 750 Euro au titre des frais d’inscription à l’ordre de l’OIF, BNP.PARIBAS ; le formulaire devra être signé, scanné et adressé à cijf@francophonie.org, puis par télécopié au numéro suivant : 0033 1 44 37 32 54. Un accusé de réception devrait être adressé par courrier électronique à tout souscripteur. Vous me donnez ici l’occasion de lancer un appel pour que la CNF soit ampliataire de toutes les inscriptions. Ainsi, elle pourrait jouer son rôle de coordonnateur de la participation du Burkina Faso à ces 7 èmes Jeux de la Francophonie.

Que projetez-vous pour les semaines et mois à venir ?

Ils sont très nombreux mais que peut-on faire sans moyens ? Il me faudra, dans un premier temps, éponger les dettes de ma structure, avant de réaliser les activités qui n’ont pas été concrétisées entre février et mars 2012 à l’occasion de la Semaine nationale de la Francophonie. Il y a un canevas à cet égard. Dans un deuxième temps, il s’agira d’étudier comment aider Radio Jeunesse à regagner son lustre d’antan et ce qu’il faut faire en 2013 : je pense au 20ème anniversaire de la création de la Commission nationale pour la Francophonie et au 20 mars, Journée internationale de la Francophonie. Bref ! Je suis confiant ! Je travaille et travaillerai avec les moyens de bord. Et si jamais des mécènes m’accompagnaient, ce sera la joie totale à la CNF.

Entretien réalisé par Firmin OUATTARA

L’Express du Faso

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