INDUSTRIES PHARMACEUTIQUES : L’Afrique malade de sa dépendance

lundi 18 juin 2012 à 01h08min

Les autorités tchadiennes viennent de prendre l’audacieuse initiative de construire une firme pharmaceutique locale devant fournir au pays l’essentiel de ses besoins en médicaments. Gageons que ce ne soit pas le genre de discours de circonstance, fréquemment entendus sous les tropiques africains, mais qui ne sont suivis d’aucune action concrète. En tout cas, si l’acte se joignait à la parole, le Tchad romprait le cordon qui le lie et l’aliène à certaines unités pharmaceutiques étrangères. Nonobstant le Tchad, c’est toute l’Afrique, à quelques exceptions près, qui est malade de sa dépendance pharmaceutique. Car, en matière de médicaments industriels, tout ou presque nous vient de l’extérieur si bien que l’on a l’impression de vivre en permanence sous perfusion.

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La politique du gain immédiat à laquelle se sont abonnés beaucoup de dirigeants africains fait qu’ils ouvrent très peu l’œil sur la recherche fondamentale. Résultat, les chercheurs qui ont encore le courage de « chercher » se voient souvent obligés, en fin de compte, de ranger le fruit de leurs recherches dans les tiroirs, faute de moyens de les divulguer au bonheur des populations. Le continent noir regorge aujourd’hui de chercheurs aguerris en mesure de produire des merveilles aussi bien dans le domaine pharmaceutique que dans d’autres domaines.

Mais que peuvent-ils face à des dirigeants africains dont on a l’impression qu’ils s’accommodent bien de leurs étiquettes d’éternels dépendants ? Les pourfendeurs de René Dumont selon qui « L’Afrique noire est mal partie » auraient de moins en moins d’arguments solides pour se défendre face à un continent dont le bonheur dépend toujours de l’extérieur, plus d’un demi-siècle après l’indépendance. Un continent où les populations n’arrivent pas à régler les fondamentaux de la vie : manger à sa faim et se soigner convenablement sans tendre la main à l’extérieur. Mais comme toujours, l’Afrique francophone reste à la traîne en termes d’autonomie pharmaceutique. Les Anglophones, eux, sortent de plus en plus la tête hors de l’eau. Sans complexe aucun, ils ont toujours su fabriquer les médicaments qui répondent à leurs besoins sanitaires.

En attendant, ce sont les firmes pharmaceutiques étrangères auxquelles le continent noir dépend fortement qui se félicitent de cette aliénation. En la matière, que l’on ne s’étonne pas que ces firmes fassent feu de tout bois pour étouffer toute initiative visant à rendre autonomes les pays africains. Elles ont tout intérêt à ce que l’Afrique soit éternellement assistée car leur survie en dépend aussi. Aux dirigeants africains d’opérer le choix audacieux de l’autonomie. Ce sont la matière première et les hommes compétents qui manquent le moins.

Boulkindi COULDIATI

Le Pays

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