Interview : Salamata Sawadogo, ministre de la Justice, Garde des sceaux : « Je ressens un petit goût amer »

vendredi 15 juin 2012 à 03h04min

La thématique des 6èmes Journées portes-ouvertes sur la justice, le bilan, le langage judiciaire, le dossier des militaires radiés ont été entre autres, les questions que la rédaction de L’Express du Faso a posées à Salamata Sawadogo, ministre de la Justice, Garde des sceaux, lors de sa visite de courtoisie à votre quotidien, le lundi 11 juin 2012. La Garde des sceaux, sans détour, y a apporté des éléments de réponses.

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Quel bilan pouvez-vous faire de ces 6emes Journées portes-ouvertes sur la justice ?

Je crois qu’il serait très tôt de tirer un bilan sur ces Journées portes-ouvertes sur la justice. Parce qu’il y a eu une particularité en ce qu’elles ont été organisées dans toutes les juridictions du Burkina Faso. Nous aurons donc besoin de tous ces résultats pour avoir une idée générale sur la réussite de l’activité. Cela dit, à Bobo-Dioulasso, Banfora et Orodara, nous avons constaté une affluence relative, qui a malheureusement diminué après le lancement. Nous ne savons pas pourquoi. Il faudra donc analyser le bilan et voir comment améliorer les prochaines éditions.

Il faut aussi reconnaître que ces Journées sont arrivées au moment où c’est la période des examens, alors que les scolaires sont l’un des publics qui s’intéressent le plus à ces genres d’activités. Cela a sans doute eu un effet négatif sur l’affluence. Aussi, je suppose qu’il n’y a pas eu assez de « tapage médiatique » autour de l’activité avant le lancement. Tout compte fait, je pense que ces Journées sont essentielles et il faut continuer à les tenir. Nous allons alors adopter une nouvelle formule pour les améliorer. Beaucoup de gens se sont plains du cadre qui abrite les Journées. C’est-à-dire au sein du palais de justice. Mais, nous pensons qu’il ne faut pas déporter une activité qui concerne la justice sur un autre lieu au risque de lui donner un autre sens. La population doit fréquenter le palais de justice. Il faut y aller pour connaître et comprendre les différents services de la justice.

Malgré tout, est-ce qu’il y a un motif de satisfaction par rapport aux éditons précédentes ?

Je n’ai pas suivi les premières éditions. C’est donc difficile pour moi de comparer la 6e édition aux autres. Mais de manière générale, je constate que la population commence à comprendre la justice. Beaucoup de gens comprennent de nos jours que tout ce qui est réclamé n’est pas forcement justifié. Je suis satisfaite de la mobilisation des acteurs de la justice. Contrairement à celle du public qui n’est pas aussi nulle. L’objectif était d’avoir beaucoup de visiteurs. J’aurai souhaité que les gens viennent en masse pour comprendre la justice. Je ne dis pas que ç’a été une déception, mais en tant que premier responsable, je ressens tout de même un petit goût amer. L’information sur les questions judiciaires ne doit cependant pas s’arrêter à ces Journées portes ouvertes. Elle doit être continue.

Est-ce que le langage judiciaire permet à la justice de se faire comprendre ?

Il est évident que le langage judiciaire pose souvent quelques difficultés de compréhension pour le justiciable. Nous allons voir avec les acteurs de la justice, comment le droit peut être prononcé en français facile. Mais, faut-il admettre qu’il y a des termes qui ne peuvent pas être traduits au risque de dénaturer le sens. Il appartient alors aux praticiens d’expliquer à la manière la plus compréhensible, les termes juridiques employés lors des jugements. Je suis d’accord que le langage ne favorise pas toujours la compréhension, mais j’estime que l’effort doit venir des acteurs de la justice. Ce n’est pas facile, mais il y a quand même une amélioration.

On sait les conditions dans lesquelles vous êtes arrivée à la tête du département. Y a-t-il des priorités particulières auxquelles vous allez vous attaquer au regard du thème de ces Journées portes ouvertes ?

J’ai trouvé un bon programme d’activités déjà élaboré après ma nomination au département ministériel en charge de la Justice. Je pense que le programme ne nécessite pas un grand changement. Il faut plutôt se pencher sur sa mise en œuvre. Et chaque personne a sa manière de travailler en vue d’impacter positivement les missions qui lui sont confiées. Il ne faut pas changer de programme pour le changer. Mais nous mettrons beaucoup l’accent sur l’accès à la justice. C’est d’ailleurs la feuille de route que nous avons reçue. Faire en sorte que la justice soit accessible, crédible et efficace. Du reste, ces éléments, on les retrouve dans la Stratégie de croissance accélérée pour le développement durable (SCADD).

Si ce n’est un secret, à quel niveau se situe le dossier des militaires radiés ?

Il y a un tribunal militaire habilité à résoudre ces questions particulières. Je pense alors qu’elles doivent être pendantes à ce niveau. Je dis cela sous réserve, parce que je ne l’ai pas vérifié. Je n’ai pas assez d’informations sur la question. Si elles étaient au niveau des tribunaux civils qui sont entièrement de mon ressort, je pouvais me prononcer. Mais à la seule condition que le dossier ne soit pas sous instruction. Si c’est le cas, vous comprendrez que je sois réservée. Parce qu’il n’y a que la justice militaire qui peut fournir des informations.
Interview réalisée par la rédaction

Retranscription : Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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