LUTTE CONTRE LA CRISE ALIMENTAIRE : Le Burkina Faso toujours en quête de 44 milliards FCFA

jeudi 24 mai 2012 à 02h12min

La coordonnatrice des secours d’urgences de l’Organisation des Nations unies, Valérie Amos, a visité le Burkina Faso, du 20 au 22 mai 2012. Elle est venue constater de visu les réalités de la crise alimentaire et s’enquérir des conditions de vie des réfugiés maliens.

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L’insécurité alimentaire est bien réelle au Burkina Faso en cette année 2012. En effet, selon des estimations, plus de 2,8 millions de personnes dans 190 communes du pays sont confrontées à la situation. Cette crise s’est aggravée avec l’arrivée massive des réfugiés maliens consécutive à la crise dont est victime leur pays. Selon le Haut commissariat des Nations unies, il y a plus de 60 mille réfugiés qui ont été recensés. Pour prendre le pouls de la situation, la coordonnatrice des secours d’urgence de l’Organisation des Nations unies, Valérie Amos, a séjourné, du 20 au 22 mai 2012 au « pays des Hommes intègres ».

C’est ainsi qu’après avoir entendu les autorités burkinabè, les partenaires techniques et financiers et la communauté des acteurs humanitaires sur les mesures prises pour contrer le problème, elle a lancé un appel à l’aide humanitaire, dans la soirée du lundi 21 mai pour la mobilisation des fonds afin de soutenir les efforts du gouvernement. Car malgré les différents soutiens s’élevant à 68 milliards de FCFA, il manque 44 milliards de FCFA pour faire face aux besoins des communautés éprouvées et des réfugiés. « La situation alimentaire est alarmante dans les pays sahéliens.

Le problème a pris de l’ampleur avec l’arrivée des réfugiés dans des régions déjà éprouvées », a souligné la coordonnatrice. Au lendemain de cet appel, le mardi 22 mai, Mme Amos, en compagnie des représentants du Système des Nations unies au Burkina et de journalistes (nationaux et internationaux) a mis le cap sur la région du Sahel précisément dans la province du Soum où le problème est beaucoup alarmant. rrivée à 9 heures 45 minutes sur le site des réfugiés de Mentao, elle a eu un échange direct avec quelques intervenants dans la zone. Au cours du briefing fait par le coordonnateur du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), Falla Kourouma, il est ressorti que le Sahel est très affecté par la crise alimentaire. Dans cette zone, plus de 59 mille Maliens s’y sont réfugiés. Deux sites ont été officiellement créés dans la province du Soum (Mentao et Damba).

Mais certains ont choisi d’habiter la ville de Djibo. « Les regroupements se sont faits selon les us et coutumes des réfugiés », a mentionné M. Kourouma.

Aider les jeunes réfugiés à trouver de l’emploi

A la suite de celui-ci, le porte-parole des réfugiés, Mohamed El Maouloud dit Lollo a fait le point de leur vécu quotidien et de leurs attentes à la représentante des Nations unies. Selon lui, l’accueil qui leur a été réservé par les populations autochtones et les autorités burkinabè a été bon, malgré qu’elles aient été surprises par le problème. Il a reconnu que des efforts sont faits pour leur venir en aide mais des difficultés demeurent toujours. Ainsi, il a dénoncé l’insuffisance des vivres, des non-vivres, l’inadaptation des tentes qui leur sont distribuées avec le climat sahélien. Ils sont aussi confrontés à des problèmes sanitaires, de manque d’eau et d’aliments pour bétail. « Les vivres que nous recevons ne nous conviennent pas. Ils ne font pas partie de nos habitudes alimentaires. Nous voulons que l’on tienne compte de ces aspects. Nous voulons une aide qui peut nous permettre de tenir dans le Sahel.

Il y a le problème d’emploi de nos jeunes. Beaucoup travaillaient dans des ONG, dans l’administration, dans l’armée, il faut trouver un moyen pour les utiliser sur les sites. Il faut trouver des mécanismes pour leur permettre de mettre en œuvre leurs connaissances et venir en aide à leurs familles au lieu de continuer dans l’assistanat », a confié le porte-parole. e cortège de Mme Valérie Amos s’est ensuite ébranlé vers le village de Ingani, situé à quelques kilomètres du site de Mentao pour visiter un projet de la FAO. Il contribue à la fourniture d’aliments pour bétail à l’élevage des ménages vulnérables et des réfugiés, des intrants vétérinaires. Aussi, le projet approvisionne les communautés en semences améliorées et les assiste techniquement.

Le dernier acte des humanitaires dans le Sahel a été la visite du Centre de prise en charge de la récupération nutritionnelle modérée du district sanitaire de Djibo. Dans ce lieu, Valérie Amos a assisté à la distribution de produits alimentaires aux enfants malnutris. Elle a aussi pu constater les conditions dans lesquelles ces enfants sont soignés. qe retour dans la capitale burkinabè, Mme Amos a animé un point de presse pour exposer ce qu’elle a vu et entendu sur le terrain. Pour elle, cette tournée lui a permis de comprendre que la situation n’est pas rose autant chez les communautés d’accueil que chez les réfugiés. C’est pourquoi elle a souhaité que son appel ait un écho favorable auprès des partenaires techniques et financiers du Burkina et des organismes humanitaires pour assister le pays qui ne peut seul faire face à la crise.

« Nous avons pu voir le caractère sérieux de la prise en charge des réfugiés sur le terrain, et aussi constater les efforts du gouvernement pour soutenir les réfugiés. Nous allons voir dans quelle mesure nous pouvons aider le gouvernement à faire face à la situation », a-t-elle conclu. aes journalistes ont voulu savoir comment les Nations unies comptent aider les déplacés à l’intérieur du Mali. La coordonnatrice a indiqué qu’à ce niveau, des actions sont menées mais les conditions d’accessibilité aux nécessiteux, surtout à ceux du Nord-Mali sont difficiles.

Ozias KIEMTORE (kizozias@yahoo.fr)

Sidwaya

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