LÉGALISATION DES DOSSIERS DES CONCOURS : La première épreuve pour les candidats

lundi 21 mai 2012 à 02h35min

Engagement, diplômes, actes de naissance, constituent pour l’essentiel les pièces à légaliser pour prendre part aux concours de la Fonction publique. Et avoir le cachet et la signature de l’officier d’état civil sur son document en ces temps-ci, relève parfois du parcours du combattant pour les candidats.

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Commissariat central de la ville de Ouagadougou : des longues files d’attente (5 rangs) sont visibles. Elles débordent l’enceinte du commissariat, obligeant les candidats à adopter des trajectoires jouxtant la voie passant entre la justice et le site de légalisation. L’ambiance en cette matinée est amicale, on vérifie et revérifie les dossiers pour s’assurer qu’ils sont au grand complet et surtout qu’ils n’y manquent pas de timbres fiscaux. Des bébés scotchés au dos de leurs mamans se font entendre par leurs pleurs, émaillant du même coup, les causeries des postulants aux concours de la Fonction publique.

Tous attendent avec la ferme conviction de repartir avec les documents cachetés et signés des policiers du service de légalisation. C’est le cas de Yacouba Dabré, étudiant de son état, qui affirme avoir pris le rang depuis 6h. Et même si M. Dabré reconnaît « n’être pas le maillot jaune » (le premier dans le jargon des étudiants) dans le rang, il garde l’espoir de voir ses dossiers légalisés. Le jeune Guigma Omar ne dit pas le contraire, lorsqu’il soutient être prêt à braver le soleil pour repartir satisfait. « J’avais déjà légalisé quelques papiers la semaine dernière et je suis encore là ce matin », fait-il savoir.

A quelques mètres de lui, la jeune Assétou Diarra, étudiante en droit, ne tient plus le coup. Accoudée à un véhicule stationné près du mur du commissariat, elle lâche ceci : « Je suis là seulement depuis 8 heures, mais à y regarder tout ce beau monde, ça fait peur ». Non loin d’elle, Aïcha Ouédraogo, assise à même le sol, ne cache pas son amertume de voir que les rangs bougent au rythme d’une tortue. Pour elle, cette situation est due au fait que le nombre des agents commis à la tâche est peu élevé « Comme ils (NDLR : les policiers) savent que c’est le moment de dépôt des dossiers, ils peuvent au moins solliciter d’autres personnes qui vont les aider dans leurs tâches.

Même les étudiants peuvent les aider, ne serait-ce que pour mettre les tampons », propose Mlle Ouédraogo, en guise de solution. Et de marteler que s’il faut "tirer" les cours à l’université sans pouvoir légaliser ses papiers, cela est regrettable et surtout que l’arrêt des dépôts est pour bientôt.

Les tâches réparties

Les jérémiades de notre interlocutrice ne semblent pas rencontrer l’assentiment de l’officier de police, Sawadogo Casimir. Faisant par moments, des va-et-vient entre les rangées et l’équipe de légalisation, histoire d’y mettre de l’ordre, il rétorque que les tâches sont réparties et que tout le commissariat ne saurait se contenter uniquement de la légalisation des documents. Au regard de l’affluence, quand on demande aux candidats aux concours de la Fonction publique pourquoi ils ne se sont pas pris à temps, les avis divergent. A écouter Guigma Omar, il s’agit d’une situation de prudence car, avance-t-il, tant que les concours ne sont pas lancés, il ne prend pas le risque de légaliser ses papiers. L’explication chez Aïcha Ouédraogo a un fondement financier : « C’est à cause du manque de moyens, car ceux qui sont censés nous aider ne réagissent qu’à la dernière minute ».

L’affluence, même de taille, ne semble pas entamer la volonté des policiers du commissariat central à accomplir comme il se doit, leur tâche. Depuis le lancement des dépôts des concours, selon le chef de service de légalisation du commissariat, l’officier principal de police, Désiré Nabi, les copies légalisées tournent en moyenne autour de 4500 à 5000 par jour. Il explique un tel nombre par le fait que les candidats attendent que les concours soient officiellement lancés avant de procéder à la légalisation de leurs papiers. Pourtant, regrette le commissaire principal du commissariat central, Darga Jean Alexandre « C’est aux derniers moments que les gens viennent, alors que depuis août 2011, des nouvelles dispositions ont été prises dans notre commissariat pour aider les usagers à ne plus déposer les documents et revenir les chercher après ».

Ainsi, précise-t-il, avec cette mesure, les usagers sont satisfaits sur place en 10 ou 15 minutes. En outre, ajoute le premier responsable du commissariat, tout le personnel du service de légalisation a été réquisitionné de 7h à 17h, dès la première semaine quand les concours ont été lancés. De même que le nombre de signataires a augmenté. Mais à cause de la longue fille d’attente du moment, reconnaît Désiré Nabi, il est parfois difficile de respecter ce temps. « Il y a des candidats qui viennent avec plus de 60 copies et ceux-ci sont obligés de repasser 2 heures plus tard », fait-il savoir. Face aux comportements de ceux qu’on pourrait appeler les gens de dernière minute, le commissaire Darga lance ceci : « les uns et les autres doivent savoir anticiper, en légalisant leurs dossiers, avant le lancement des concours, au lieu d’attendre toujours les derniers moments ». Car, de son point de vue, cela n’est pas de nature à faciliter le travail du personnel en charge des légalisations.

Nombamba Didier OUEDRAOGO

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 21 mai 2012 à 09:23, par filou
    En réponse à : LÉGALISATION DES DOSSIERS DES CONCOURS : La première épreuve pour les candidats

    Cher(e)s candidat(e)s, vous n’avez aucune excuses pour cette situation, surtout pour vous de bobo et ouaga.
    Vous avez eu 1 an pour faire ces légalisations. De surcroit et si je me trompe, en dehors du casier judiciaire, certificat de visite, engagement, aucun ne se périme.
    Vous attendez la dernière minutes pour prendre d’assaut les commissariats et accuser ainsi l’administration de lenteur.
    Arrêtez aussi de nous avancer le prétexte financier. Tout le monde se connait ici.Une bierre=combiens de légalisations ? ; 4 paquet de mèches= combien de légalisations ?, ...

    Bonne chance quand même !

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  • Le 21 mai 2012 à 11:49, par L’Insti’t
    En réponse à : LÉGALISATION DES DOSSIERS DES CONCOURS : La première épreuve pour les candidats

    Bonjour
    Je me demande pourquoi la composition des dossiers de candidature compte autant de pièces.Si c’est uniquement pour les conditions d’inscription au concours, on peut réduire le nombre de documents à fournir. Après admissibilité ou admission, réclamer aux admis le complément de dossier.
    Mais, il se peut que ce soit pour alimenter un peu plus les caisses de l’état ; c’est aussi justifié, étant donné le manque de ressources de notre pays.

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  • Le 21 mai 2012 à 12:31, par BOUNOUADONE
    En réponse à : LÉGALISATION DES DOSSIERS DES CONCOURS : La première épreuve pour les candidats

    Je suis tout à fais d’accord avec le Commissaire DARGA. Il ne faut pas attendre à la dernière minute pour commencer à réagir.
    Les explications données par les candidats aux concours de la Fonction Publique ne tiennent pas ; et je les dis ceci:Il faut toujours chercher par tous les moyens légaux à anticiper les choses que d’attendre au momment juste pour les faire... Car ils seront désagréablement suppris ; et à bon attendaire, salut

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