CHRONIQUE DU GOUVERNEMENT : Electrification croissante des chefs-lieux de département

mercredi 16 mai 2012 à 01h44min

Dans le cadre du programme présidentiel « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent », il est très clairement indiqué la volonté du Président du Faso de faciliter l’accès à des sources d’énergie modernes, à travers un certain nombre d’actions dont l’élargissement de l’accès des populations rurales à des services énergétiques adaptés. Le programme « Electrification des chefs-lieux de département », élaboré par un groupe de travail interministériel, a comme objectif principal, l’accroissement de façon notable, de l’accès des populations des chefs-lieux de département (chefs-lieux de communes rurales) du Burkina Faso, à l’électricité en vue d’accompagner le développement et l’amélioration des conditions de vie et de travail. Au plan de l’organisation du sous-secteur de l’électricité, deux structures sont chargées, de conduire les projets et programmes d’électrification au Burkina Faso.

Il s’agit de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) et du Fonds de développement de l’électrification (FDE). La SONABEL finance ses projets et programmes par ses fonds propres et par des prêts qu’elle contracte auprès d’organismes de financement ou des prêts qui lui sont rétrocédés par l’Etat. Les ressources du FDE proviennent de subventions de l’Etat sur son budget, de prêts de l’Etat auprès d’institutions de financement et d’un prélèvement de deux (02) francs CFA par kWh sur les factures des abonnés de la SONABEL.

181 localités déjà électrifiées

La situation actuelle de l’électrification des chefs-lieux de communes rurales ou chefs-lieux de départements a connu une avancée significative depuis 2005, avec la décision prise par le ministère des Mines, des Carrières et de l’Energie de prendre en charge toutes les localités qui sont situées sur le parcours des lignes en construction, à concurrence du budget dédié au projet. Les actions conjuguées de la SONABEL et du FDE ont permis à ce jour, d’électrifier cent quatre vingt et une (181) localités dont cent trente-deux (132) chefs-lieux de département. Au plan des ressources locales, la SONABEL inscrit, bon an mal an, dans son budget d’investissement, deux (02) milliards de FCFA pour l’électrification de nouvelles localités. Le Fonds de développement de l’électrification arrive à mobiliser annuellement, au niveau du budget de l’Etat, deux (02) milliards de FCFA, et au titre du prélèvement des deux (02) FCFA/kWh, autour de deux (02) milliards de FCFA, soit un total de quatre (04) milliards de FCFA d’investissements sur les ressources nationales.

Ces ressources permettront d’électrifier d’ici à 2013, seize (16) chefs-lieux de département. Au niveau des financements extérieurs, plusieurs projets et programmes assurent le financement de l’électrification des localités. Il s’agit notamment :
du Projet d’accès aux services énergétiques (PASE) qui bénéficie d’un appui financier de la Banque mondiale, d’un montant de six (06) milliards de francs CFA pour l’électrification d’une cinquantaine de localités dont vingt-quatre (24) chefs-lieux de département ;
du Projet d’électrification rurale TEAM 9 qui bénéficie d’un prêt de la République de l’Inde au Burkina Faso, d’un montant de vingt-cinq (25) millions de dollars US, soit douze milliards et demi (12,5) de FCFA pour l’électrification de quatre vingt-seize (96) localités dont vingt-cinq (25) chefs-lieux de département ;
du Projet de renforcement des infrastructures électriques et d’électrification rurale qui bénéficie d’un financement de la Banque africaine de développent, d’un montant total, y compris les contributions nationales au projet, de vingt-six (26) milliards de FCFA pour l’électrification de 148 localités dont soixante (60) chefs-lieux de département ;
du Projet de réalisation des lignes d’interconnexion intérieures sur financement de l’Agence française de développement qui permettra d’électrifier, entre autres, deux (02) chefs-lieux de département situés sur le parcours ;
des projets initiés par des organisations non gouvernementales sur financement de l’Union européenne, dans le cadre de son initiative énergie, permettront d’électrifier trois (03) chefs-lieux de département. Les financements mobilisés auprès des partenaires techniques et financiers permettront, d’ici à 2015 et en fonction de la capacité de nos entreprises, d’électrifier cent seize (116) nouveaux chefs-lieux de département.

Un besoin de plus de 52 milliards de F CFA

Le nombre des chefs-lieux de département qui ne sont pas programmés dans le cadre des financements mobilisés ou sur budget propre de la SONABEL ou du FDE sont, à la date du 31 août 2011, au nombre de quatre vingt-sept (87) sur les trois cent cinquante et un (351). Une évaluation des besoins de financement, sur la base des projets et programmes en cours, fait ressortir un montant de cinquante-deux milliards cent quarante cinq millions (52 145 000 000) de francs CFA pour relever l’enjeu de l’électrification de tous les chefs-lieux de département. Pour la mise en œuvre de ce programme, la SONABEL, au regard de ses compétences et de la disponibilité de ses ressources humaines, est la structure la mieux indiquée. Les nouveaux réseaux à construire viendront s’intégrer dans son patrimoine et elle conservera la gestion de l’ensemble du réseau de transport interurbain.

Le programme est prévu pour être réalisé en cinq (05) ans, en électrifiant une moyenne de dix-sept (17) localités par an. La bonne nouvelle est que les partenaires techniques et financiers : sont, aujourd’hui, très sensibles à la question de l’accès des populations des zones rurales à l’électricité. La Banque africaine de développement et la Banque mondiale ont clairement annoncé leur volonté d’appuyer les Etats qui le souhaitent, à accroître de façon significative, l’accès des populations à l’électricité. Ces partenaires pourraient être approchés de façon spécifique, pour mobiliser partiellement les ressources nécessaires. En outre, de nos jours, à travers le budget de l’Etat, les interconnexions avec les pays voisins et à l’accroissement des importations d’électricité, nous assistons à une réduction notable des subventions pour la production d’électricité qui étaient accordées au secteur.

Une utilisation partielle de ces subventions pour financer l’accroissement de l’accès des populations aux services énergétiques modernes pourrait être envisagée. Le Burkina Faso se situe aujourd’hui, parmi les pays ayant un très faible taux d’électrification. Pour donner un coup d’accélérateur au taux d’électrification des zones rurales, il est indispensable que l’Etat fasse un effort financier constant, pendant un certain temps. La mise en œuvre du programme spécial, tel que défini par le groupe de travail interministériel, contribuera, très significativement, à l’atteinte des objectifs du quinquennat à travers une augmentation du taux d’accès des populations rurales à des services énergétiques, notamment électriques pour un développement des services sociaux de base, des secteurs de production et une amélioration notable des conditions de vie.

Ministère de l’Energie, des Carrières et des Mines

Le Pays

Vos commentaires

  • Le 16 mai 2012 à 11:35 En réponse à : CHRONIQUE DU GOUVERNEMENT : Electrification croissante des chefs-lieux de département

    Courage à vous !
    Cependant n’oubliez pas la zone de Ouaga où beaucoup de ménages se battent au quotidien pour pouvoir avoir un branchement électrique

    Répondre à ce message

  • Le 16 mai 2012 à 11:39, par Pierros En réponse à : CHRONIQUE DU GOUVERNEMENT : Electrification croissante des chefs-lieux de département

    C’est très bien, même louable. Vu toutes ces sommes colossales à donner aux autres, ne peut-on pas envisager la fabrication des câbles, poteaux électriques pour réduire nos dépenses ? J’ai lu quelque part que la société française Citelum ambitionne construire une centrale solaire, ce qui est une bonne chose. L’initiative est très louable. Mais l’examen de près de leurs conditions suscite des questions.
    Le coût de l’électricité actuellement est de 73F/kWh et cette société vendra son électricité à 78F/kWh à la sonabel qui le revendra aux consommateurs à au moins 100F/kWh.
    Encore ces français. Pourquoi une société française alors qu’une société indienne, chinoise ou japonaise ferait la même prestation à moindre frais. L’État ne peut pas soutenir les techniciens burkinabé pour créer une telle société ?
    Vous n’avez qu’à voir les motos P5O, Ninja et autres que la SIFA vendait comparativement aux JC et autres. Les français vous présentent un travail minium et vous lapent jusqu’aux os. En outre, la France est présentement loin d’être une référence en matière d’énergie solaire.
    Terrain de 60ha gratuit, 7 ans de grâce fiscal pour de l’électricité à 78f/kWh. Kihé, c’est trop. Dans quelle partie de la France de telles garanties existent eux qui veulent taxer nos footballeurs et les plus riches chez eux à 75%.
    Et 10 ha maximum suffisent, ils n’ont qu’à monter plusieurs panneaux solaires sur un poteau bien solidement fixé. Les français veulent tout ce terrain pourquoi ?
    Monsieur le Premier ministre faites une évaluation rapide du projet avec vos experts en la matière. Le coût d’investissement de ce projet s’élèvera à combien ? En 25 ans, combien la SONABEL reversera à cette société ? Combien cette société servira aux employés en terme de salaire ? Quelle est le rapport de gain pour le Burkina par rapport à leur gain ? Et si la sonabel trouve après une autre forme ou source d’énergie moins chère, comment devront évoluer les termes du contrat ? Appeler l’UFR-droit de l’UO pour se pencher sur ce contrat, là-bas où les enseignants donnent 600 zéros aux étudiants. Nous devons rendre utile nos universitaires et ne plus laisser les soit-disant "experts étrangers" nous arnaquer.
    Voilà autant de questions qu’il faut élucider avant de leur accorder l’autorisation.

    Répondre à ce message

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