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15ème édition de la journée nationale du paysan : 630 millions pour échanger avec 1000 producteurs

Accueil > Actualités > Opinions • • jeudi 26 avril 2012 à 00h51min

Forum des acteurs, décoration de producteurs, remise de matériel aux producteurs, visite de sites de techniques culturales, lancement officiel de la campagne agricole 2012-2013, ce sont les grands moments de la journée nationale du paysan, organisée à Ouahigouya les 19 , 20, 21 avril 2012.

Manque de semences adaptées aux changements climatiques, réduction des sols cultivables, rareté et prix exorbitants des intrants agricoles, ensablement des barrages existants, pauvreté des producteurs, difficultés d’accès aux crédits, l’agriculture burkinabè est confrontée à de nombreux défis au point que, pour un acteur du milieu, mobiliser 630 millions pour consacrer trois jours aux paysans, il ne voit pas tellement la nécessité. Pour lui, on aurait dû repartir cette somme entre des structures dynamiques pour leur permettre de renforcer des acquis que de rassembler 1000 paysans pour bavarder sur des sujets qui sont connus de tous.

Très incisif, un producteur dira substantiellement que la moitié de l’argent ira dans des poches d’individus qui n’ont rien à avoir avec le monde paysan. Il ira plus loin en martelant qu’au moment où les invités, durant les trois jours, dorment dans des hôtels climatisés en mangeant gras, la majorité de ceux pour qui ils parlent, se triturent les méninges au village pour avoir de quoi manger en cette période de soudure. « Allez-y demander aux paysans dans les villages s’ils ont déjà vu la couleur du mil de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire qu’on dit vendre à prix social pour atténuer les effets de la mauvaise pluviométrie » s’apitoie notre interlocuteur. Mais le ministre délégué à l’Agriculture de l’Hydraulique et des ressources halieutiques et président national de cette 15ème édition de la journée nationale du paysan, Abdoulaye Combary, lui prêche le contraire : « pour ma part , le Président du Faso est un visionnaire pour avoir institué cette journée nationale des paysans qui consacre trois jours d’échange et de partage entre 85% de la population rurale, avec les plus hautes autorités du pays .

Il faut donc reconnaître les mérites de cette population. La preuve est que les autres pays ont emboîté les pas du Burkina. C’est très bien que le Président se tourne vers les producteurs pour les rencontrer, les féliciter, les encourager et les rassurer du soutien et de l’accompagnement de l’Etat. On ne pas trouver un créneau mieux que celui-là ».

Et Laurent Sédego, ministre de l’Agriculture de renchérir : « c’est la seule occasion où autant d’acteurs du monde rural : représentants des producteurs, cadres du développement rural et de la recherche scientifique, partenaires techniques et financiers , décideurs politiques, représentants de l’administration aussi bien du niveau central que décentralisé , société civile se rencontrent pour échanger et prendre des décisions importantes sur l’avenir d’un secteur aussi important qu’essentiel de notre pays qu’est l’agriculture ». Amusements de galerie, tribune de campagne politique, folklore, volonté de booster le secteur agricole ou pas , la 15ème édition a eu lieu. Au matin du premier jour s’est tenu le forum des acteurs organisé autour du thème de cette édition : « Modernisation et professionnalisation de l’agriculture : rôles et responsabilités des acteurs ». Selon le ministre Sédego, le choix de ce thème matérialise la volonté du gouvernement de permettre à la Stratégie de croissance accéléré et de développement durable(SCADD) d’atteindre ses objectifs à savoir « A l’horizon 2025, l’agriculture burkinabè est moderne, compétitive, durable et moteur de croissance, fondée sur des exploitations familiales et des entreprises agricoles performantes et assurant à tous les burkinabè un accès aux aliments nécessaires pour mener une vie saine et active » .

A la suite du forum, les producteurs les plus ingénieux se sont vus distingués. Le lancement officiel de la campagne et la remise de matériel se sont effectués le 20 avril sur les berges du barrage de Goinré à 7km de la ville de Ouahigouya en présence du chef de l’Etat Blaise Compaoré. Ce qui a retenu l’attention des invités sur les lieux est l’expérimentation du projet « Opération maïs de case ». C’est une innovation qui permet d’allier les techniques de conservation des eaux et des sols (Zaï, les cordons pierreux, les demi-lunes) avec un bassin de collecte des eaux de ruissellement. « Cette technique permet de stocker l’eau et de faire des irrigations sur des poches de sécheresse de deux à trois semaines », explique le Directeur des aménagements et de développement de l’irrigation au ministère de l’agriculture.

Toute chose selon lui qui garantit la poursuite d’accroissement de la plante pendant une sécheresse de 14 à 21 jours. Le coût unitaire de cette innovation tourne autour de 150 000FCFA à 200 000FCFA.

Autre fait important à relever, le lancement officiel du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest, en abrégé (WAAP en anglais), visant une augmentation annuelle de 3% de la productivité agricole et une augmentation de 6% du PIB agricole en vue d’atteindre les objectifs du millénaire. Le WAAP entend relever le défi du développement d’une agriculture africaine permanente basée sur la valorisation d’un potentiel technologique et savoir-faire traditionnel, avec une ouverture sur le monde pour s’enrichir de l’expérience des autres.

Le Président du Faso a eu l’occasion d’apprécier les expositions des initiatives de 300 producteurs des 13 régions du Burkina avant de recueillir leurs préoccupations au cours d’échanges directs le samedi 21 avril 2012.

Par Ben Ahmed Ouédraogo

Bendré

Messages

  • bendré toujours aussi pathetique !

  • Soit 630 000 par paysan !!!
    pour pavoiser autour de problèmes dont on n’a même pas la volonté politique de résoudre. Pauvre Burkina Faso !!!
    Comme disait le penseur "donnez-moi le superflus et je me passerai du nécessaire" !!!

  • Serieusement, si on annulait cette rencontre fade cette année et on avait investit les 630 millions dans une petite unité industrielle pour transformer nos mangues en jus pour augmenter l’offre ; on même transformer les tomates de Ouahigouya, de Reo, de Loumbila ou de Bobo en pâte ca nous aurait aidé et crée de l’emploi pour les jeunes.
    Et regarder bien cette photo : la distance entre le PF et son peuple. Un coup de main n’aurait pas été mauvais.
    Monsieur le Directeur de amenagement, les techniques dont vous parler sont connus depuis le temps de la revolution où le genie créateur avait été libérie. Nous avons recu des milliards de financement divers de la Banque Mondiale, le PNUD, les banques arabes, le FAO et autres pour soutenir ces innovations pour aider les puavres paysans. Mais depuis des decennies,c ’est le même discour et rien n’est fait. Et bon arrivé l’insécurité alimentaire qui sévit actuellement au Faso dont vous ne souffrer guère. Honte á vous tous qui avez la destinée momentanée de ce pays.

  • Bel article, car équilibré et bien rédigé. Bon courage

    • 630 millions ??????Bayééé Wendéé Katoo ! C’est vrai qu’on ne se développera jamais au Burkina Faso !!! Tout est une occasion pour s’enrichir ! Sinon expliquez moi comment est-ce possible en ces moments de vaches maigres ? Est ce le Journaliste s’est pas trompé ? n’est-ce pas 63 millions ? Pauvres de Burkinabé !

  • Plus d’un demi milliard pour ça ? Le pays n’est pas pauvvre aux yeux de nos princes.

  • monsieur le journaliste vous avez raison.... beaucoup de gens se remplissent les poches lors de la JNP...J’ai entendu parler de la commission accueil protocole...a la 14e edition a ZINIARE tous les membres de cette commission n’ont pas eu 5f comme prise en charge.... l’organisation de cette commission est a revoir pour eviter des mouvements d’humeur

  • Vous me comprendrez alors quand je dis que je déteste le pseudo-développement ou le folklore politico-criminel.
    Imaginez qu’on repartisse ces 630 000 CFA entre les Mba Kuilga qui n’ont jamais eu de charrue dans leur vie. On donne à chacun 400 mille et on recrute 50 jeunes sans emploi pour les encadrer dans l’investissement de leurs sous. Imaginez les effets sociaux, économique, politique, scolaire, ...

    Ainsi, soit nos politiciens sont bêtes, soit ils pensent que nous bêtes, soit nous le sommes tous les deux.

  • Quelle analyse !
    La JNP, le forum national des jeunes, le forum des femmes sont autant d’activités qu’il faut supprimer.
    Ce sont des manifestations qui nécessitent de gros moyens pour leur organisation avec des resultats qui laissent à désirer.
    pour avoir pris part à certaines de ces manifestations,je puis assurer que y a jamais de dialogue franc entre les participants et le président du Faso. Les questions qui lui sont posées ne viennent pas des représentants mais leur sont remises par les services techniques bien avant la tenue de la rencontre. Donc, le dialogue direct tant proné vient d’ou ?Il temps qu’on annule toutes ses activités budgetivores.

    • Pour ma part,un président qui a le souci de rencontrer directement des travailleurs d’un secteur d’activité clé denote une volonté polique de promouvoir le développement de ce secteur. Mais un équilibre est à rechercher quant au budget alloué à ces rencontres surtout en ces périodes de crises financières, de famine et d’inflation.

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