Conflit intercommunautaire de Passakongo : Le gouvernement compatissant

mercredi 25 avril 2012 à 00h43min

Les 16 et 17 avril resteront gravés à jamais dans la mémoire des populations de la communauté peulh de Passakongo. Suite à un problème foncier mal géré, la communauté bwaba a décidé d’en découdre avec ses parents à plaisanterie, les Peulhs, en organisant une chasse à l’homme. Face à la gravité des faits, le gouvernement a dépêché le ministre d’Etat, ministre chargé des Relations avec le Parlement et des Réformes politiques, le Dr Arsène Bongnessan Yé, constater de visu la situation, appeler les uns et les autres à préserver la cohésion sociale et aussi manifester la compassion du gouvernement aux différentes victimes.

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Dans cette mission, le ministre d’Etat, ministre chargé des Relations avec le Parlement et des Réformes politiques, le Dr Arsène Bognessan Yé, était accompagné des autorités de la région et des membres du comité de crise. A Passakongo où la première rencontre a eu lieu avec la communauté bwaba du village, le Docteur Arsène Bongnessan Yé a expliqué à la population l’objectif de sa venue, à savoir "recueillir toutes les informations relatives au conflit qui vous oppose à la communauté peulh, et ensuite vous inviter à cultiver la paix et la cohésion sociale qui a toujours existé en vous. Nous ne sommes pas venus ici pour dire qui a raison ni qui a tort. Cette mission est une mission du gouvernement et non celle d’un parti politique", a précisé le ministre d’Etat, le Dr Bongnessan Yé.

C’est le même message qui a été livré à la communauté peulh que la mission a rencontrée dans la salle de mariage de la mairie de Dédougou. Dans ce conflit, c’est la communauté qui a été essentiellement concernée. C’est elle qui a subi la plus grosse perte dans cette situation déplorable.

Les maisons d’habitation incendiées sont estimées à environ 105, avec 368 personnes déplacées. Soixante- quatre (64) ménages sont hébergés sur des sites précaires au niveau de la mairie et dans huit (8) familles d’accueil. Les élèves qui ont déserté les classes sont estimés à quatre-vingt-neuf (89) dont soixante-six (66) au primaire et vingt-trois (23) au secondaire, selon les services de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.

Les maisons d’habitation de la communauté peulh ont été incendiées par l’autre partie en conflit. Avec l’approche de l’hivernage, la situation demeure préoccupante pour ces déplacés qui sont installés sur des sites précaires, sur lesquels se pose la question de l’alimentation.

Diallo Drissa que nous avons trouvé sur les lieux est une des victimes. Sa sécurité et celle de sa famille ayant été menacées, il a été contraint de se réfugier à Dédougou. Victime d’accident de travail à la SOFITEX, il ne sait pas à quel saint se vouer désormais pour les dommages qu’il a subis. C’est la question qui taraude l’esprit de bon nombre de victimes qui sont sans économie.

Dramane Sougué


Le message du ministre d’Etat, le Dr Arsène Bongnessan Yé

"Je suis venu au nom du président du Faso, du Premier ministre et celui du Gouvernement recueillir toutes les informations suite au conflit malheureux survenu entre les communautés peulh et bwaba. Evidemment le message que nous avons passé est celui de la paix, de l’entente et de la cohésion sociale que ces deux communautés jadis entretenaient, de tout faire pour pérenniser cet état d’esprit.

Aussi en tant que ressortissant de la région, c’est vraiment triste de voir ses parents s’entredéchirer pour des questions qui n’en valent pas la peine et qui pouvaient trouver une solution pacifique. Comme vous le savez, il est de notoriété publique et même internationale, qu’entre les Peulhs et les Bwaba, c’est la parenté à plaisanterie.

J’ai rencontré d’un côté la communauté bwaba à Passakongo et de l’autre la communauté Peulh, c’est le même message que j’ai tenu à livrer, celui de la paix, de la cohésion sociale.

Je reste optimiste car j’ai senti au niveau des deux communautés l’envie de vivre ensemble. Pour ce faire, je leur ai demandé de tout mettre en œuvre pour que la paix revienne et qu’à mon retour nous puissions poursuivre la parenté à plaisanterie.

Nous prendrons toutes les dispositions nécessaires afin que les différentes difficultés énumérées, la sécurité, l’alimentation et l’hébergement soient assurés".

L’Observateur Paalga

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