Fait de chez nous : Siriki, Siriki…na dayêlê*

vendredi 23 mars 2012 à 01h25min

Fatou est ressortie du cimetière avec une allure inimaginable. Elle supplie le taximan qui venait de la déposer pour que ce dernier la ramène loin du cimetière. Compte tenu de son refus de payer les frais de taxi au même taximan, celui-ci a refusé de l’aider. Au contraire, il s’est empressé de s’éloigner d’elle. Fatou a donc usé de ses jambes pour échapper à celui qui la poursuivait. Depuis ce jour, elle n’a plus joué à ce jeu dont elle s’est longtemps servi pour arnaquer les taximen. Commerçante au grand marché de Bobo-Dioulasso, Fatou loge dans un quartier très éloigné de son lieu de vente. Les matins, pour s’y rendre, elle bénéficie des grâces d’un autre commerçant qui l’amène dans son véhicule. Le soir venu, Fatou doit se débrouiller car son bon samaritain ne ferme sa boutique qu’après 20 heures.

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Alors qu’elle Fatou est contrainte de quitter le marché à 18 heures. Pour se tirer d’affaires, elle a usé de son intelligence. Sa trouvaille, était le cimetière qui se trouve à quelques mètres de chez elle. Tous les taxis empruntés par elle, devaient la déposer à l’entrée dudit cimetière. Dès qu’elle descend du taxi, elle se précipite à s’infiltrer dans les tombes en disant ceci, « Siriki, Siriki…na dayêlê* ». Ce qui veut dire en malinké, « Siriki, Siriki…ouvre moi la porte ». Fatou faisait cela, pour faire croire aux taximen qu’ils ont affaire à une revenante. Tous les jours appartiennent au voleur, un seul jour au propriétaire. Ce dicton populaire s’est avéré pour Fatou un seul soir. Comme d’habitude, elle venait de se faire déposer par un taxi. Le taximan lui réclame son argent.

Elle lui dit de se chercher et commença à appeler Siriki, pour qu’il lui ouvre la porte. Malheureusement pour elle, ce jour-là, un fou avait élu domicile au cimetière. Quand elle a prononcé sa fameuse phrase, le fou a répondu au milieu des tombes, « j’arrive, attends-moi ». Dès que Fatou a entendu prononcer cette phrase, elle a pris ses jambes au coup. Pour elle, elle avait affaire à un mort. Il fallait donc qu’elle se cherche. C’est ainsi qu’elle est ressortie du cimetière avec une allure jamais égalée par une fugitive. Et depuis ce jour, Fatou ne veut même pas passer seule à côté du cimetière encore moins tenter de le traverser. Tant qu’elle n’a pas ses 300 FCFA en main pour payer le prix du taxi, elle préfère marcher tout en espérant avoir une bonne volonté pour la déposer chez elle à domicile. Une histoire qui montre à quel point l’être humain est prolixe en imagination quand il s’agit de défendre son intérêt.

*Siriki, ouvres la porte

Souro DAO (daosouro@yahoo.fr)

L’Express du faso

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