EGLISE ET POLITIQUE : Le pasteur qui s’y engage doit arrêter son pastorat

jeudi 22 mars 2012 à 00h12min

« L’Eglise et la politique à l’agora ». C’est le titre du livre que son auteur, le Pasteur Kouda L. Paul, a dédicacé le 17 mars 2012. A travers son œuvre, il indique que les chrétiens doivent faire la politique, mais que le pasteur, ou le chef religieux, doit s’en abstenir. S’il opte pour la politique, il doit alors arrêter son pastorat. C’était à l’Atelier théâtre burkinabè (ATB).

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« Le monde religieux s’implique de plus en plus dans le domaine politique. J’ai voulu, à travers ce livre, me prononcer sur cette question. » C’est en ces termes que le Pasteur Kouda L. Paul, auteur du livre « L’Eglise et la politique à l’agora », a justifié le choix de ce titre. C’était à la cérémonie de dédicace dudit livre le 17 mars 2012. Selon l‘auteur, l’Eglise n’est pas engagée par ce livre, mais le Pasteur Kouda Paul, pour qui le religieux doit quitter ses fonctions religieuses s’il veut faire de la politique parce qu’il occupe déjà une position sensible. Il a justifié ses idées à travers les interrogations suivantes : Combien de chrétiens (catholiques, protestants) ou musulmans sont vraiment prêts à dire non à leur chef religieux ?

Peuvent-ils prendre le contrepied de la déclaration d’un pasteur ou d’un chef religieux ? « S’ils ne peuvent pas le faire, alors ce n’est pas de la démocratie », a relevé l’auteur avant d’ajouter que l‘idée n’est pas de leur interdire de faire de la politique, mais c’est plutôt le régime qui demande à ce que les responsables religieux se mettent de côté. Parce qu‘en démocratie, si la vérité ne se trouve pas du côté du Pasteur ou du chef religieux, alors on abandonne son idée, et là ce n’est pas du tout facile pour ces chefs religieux qui ne se sont pas préparés à ce jeu.

L’Eglise n’est pas engagée

Pour lui, si un militaire en venant au pouvoir doit quitter sa tenue, il doit en être de même pour le Pasteur ou le chef religieux. Parlant de ses difficultés rencontrées dans la rédaction de son œuvre, l’auteur a relevé que la majorité des personnes auprès desquelles il a mené son enquête trouvent que c’est un sujet tabou. L’aborder, c’est chercher des problèmes là où il n’y en a pas. « Alors je me suis vraiment fermé les yeux pour aller jusqu’au bout », a-t-il souligné. Les critiques ou ceux qui ont eu la charge de critiquer l’oeuvre ont déploré la manière dont l’analyse a été menée. Pour eux, l’Eglise, qu’elle soit catholique ou protestante, a été mise avec les chefs coutumiers vers la fin du livre.

Ce qui pose problème parce que, dans le fond, l’auteur les a traités différemment. Composée de 112 pages, l’œuvre du Pasteur Kouda Paul comporte 14 titres qui traitent des juifs, de la politique au temps de Jésus, des responsables coutumiers et religieux, de l’Eglise dans la scène politique, de l’engagement politique du chrétien et du chrétien face à la corruption. Pour rappel, Paul Kouda est titulaire d’une maîtrise en musicologie, pasteur, écrivain-poète et luthiste-musicologue.

Hamadi BARRO (Collaborateur)

Le Pays

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