VIOLENCES SUR LES CAMPUS : Temples du savoir ou champs de bataille ?

vendredi 16 mars 2012 à 01h38min

La scène est digne d’un scénario de Hollywood. Des étudiants qui, munis de gourdins et de machettes, s’offrent en spectacle en se pourchassant dans les rues de Koudougou. C’était dans la nuit du lundi 12 mars dernier. Encore Koudougou, s’exclameront, sans doute, certains ; puisque, on s’en souvient, c’est de cette ville « frondeuse » qu’était partie la lame de fond qui a mis à feu et à sang le pays durant le premier semestre de l’année écoulée. Au fait, il ressort de la narration des faits que tout serait parti d’une bien triste banale histoire de salle, qui a occasionné ce qui aurait pu ressembler à une « nuit de longs couteaux ». Alors que les militants de l‘Union nationale des étudiants du Faso (UNEF) soutiennent qu’ils devaient y tenir une séance de formation sur le syndicalisme à l’intention de leurs militants de la cité des « cavaliers rouges », ceux de la section de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB) disent qu’ils devaient y tenir leur réunion hebdomadaire.

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Selon eux, les militants de l’UNEF ont fait dans la provocation, et avaient pour seul but de saboter les activités de l’ANEB. Qui a raison ? Et qui a tort ? Bien malin qui saura répondre à cette question puisqu’il s’agit là d’une question de bonne foi, alors qu’en la matière, seul le bon Dieu, grâce à son omniscience, sait où se trouve la vérité. Seulement, le moins que l’on puisse dire est que l’ANEB et l’UNEF, pour autant qu’on le sache, n’ont jamais été en odeur de sainteté. La première considère la seconde comme une caisse de résonnance de politicards tapis dans l’ombre, et qui cherchent, contre vents et marées, à contrôler l’université comme la paume de leur main. Vérité ou intox ? Difficile d’y répondre.

En tout cas, depuis les années de braise (entendez les années 98, 99 et 2000) qui ont fait vaciller le régime en place, il ne se passe plus une année académique sans que l’on assiste à une poussée de fièvre au sein des campus des universités publiques, qui, malheureusement, dégénère en de combats sanglants indignes d’un milieu policé, instaurant un climat de terreur et de méfiance entre les étudiants. Que se passe-t-il pour que ceux sur qui repose l’espoir de demain en viennent à s’entretuer à coups de machettes et de gourdins pour des broutilles ? Plutôt que des temples du savoir, on a tout lieu de penser que nos universités publiques sont devenues des champs de bataille, de véritables cavernes d’Ali Baba où se jouent les contrebandes de tout genre.

Il y a lieu pour nos futurs cadres de changer de comportements pour ne pas donner des arguments au pouvoir qui, coincé jusqu’à l’étroit, avait fini par leur concéder le départ des Services de sécurité des universités (SSU). De pareils agissements desservent la nation tout entière qui, actuellement, a mal à sa paix et à sa cohésion intérieures. Peut-être serait-ce aussi de bon aloi que le politique, comme on le dit, sache raison garder, en ne suscitant pas la création d’associations « fantoches » sur les campus, qui, plutôt que de contribuer à la défense des intérêts des étudiants, finissent par les dresser les uns contre les autres.

Boundi OUOBA

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 16 mars 2012 à 05:33, par Bibega
    En réponse à : VIOLENCES SUR LES CAMPUS : Temples du savoir ou champs de bataille ?

    C’est vraiment domage qu’on en arrive a ce spectacle qui n’est pas du tout spectaculairement convenable.

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  • Le 16 mars 2012 à 12:35, par Anonymous
    En réponse à : VIOLENCES SUR LES CAMPUS : Temples du savoir ou champs de bataille ?

    Parfois il faut des solutions radicales à ce genre de problème. Le cas de la FESCI en Côte d’Ivoire devenue tristement célèbre devrait nous faire réfléchir. Ils ont commencé par des gourdins, ensuite ils ont acquis l’"art" du maniement de la machette pour s’entre découper et découper qui ne partageais pas leurs idées. Il ne faut pas laisser s’enraciner le mal si celà n’est déjà fait. Il faut une solution radicale et je pèse bien mes mots. Car ces derniers ne sont pas des étudiants, se sont des voyous. On a tous été un jour étudiant, et même syndicaliste, on étudiait sans se machetter.

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  • Le 16 mars 2012 à 16:15, par drangwell
    En réponse à : VIOLENCES SUR LES CAMPUS : Temples du savoir ou champs de bataille ?

    journaliste qui ne cherche pas loin, il faut évité d’accuser le gouvernement devant le comportement animal de qui que soi . Ceux la ne constituent en rien notre espoir de demain car si c’était eux, on serai mort et c’est d abord (le pire étant encore a venir). Notre espoir de demain est dans le privé et dans les universités prestigieuses d’Europe car les étudiants du publique refusent d’être votre ou notre espoir en démissionnant devant souvent la raison évidente que la violence n’a jamais été l’expression de l’intelligence ...Un ministre Malien avait dit aux etudiants de son pays : "si vous ne prenez pas conscience, les enfants des dirigeants de vos parents seront sans effort aucune vos dirigeants a vous". a bon entendeur, salut.

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