MASSACRE A GUENON : « La faute revient à l’Administration », selon Francis Yaguibou, vice- président du MBDHP Nahouri

mercredi 7 mars 2012 à 01h35min

La crise sociale qui a secoué le village de Guénon les 2 et 3 mars inquiète les structures de protection et de défense des Droits de l’Homme. Deux jours après le drame, nous avons recueilli le témoignage du vice-président du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) section du Nahouri, Francis Yaguibou et du président de la Croix-Rouge de ladite province, pasteur Mathieu Bado, qui étaient sur le terrain pour apporter assistance aux blessés. A travers cet entretien, les deux responsables déplorent cette escalade de la violence meurtrière. Nous avons aussi essayé de retrouver un membre de la famille Liliou pour avoir sa version des faits, mais nos recherches ont été infructueuses.

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‘’Le Pays’’ : Que pouvez-vous nous dire sur les massacres de Guénon ?

Francis Yaguibou : A mon avis, la situation de Guénon est imputable à l’Administration publique. Elle a commencé trois jours avant que les choses ne dégénèrent.

Pourquoi estimez-vous que la faute revient à l’administration ?

Un problème de chefferie est posé, on alerte les forces de l’ordre. On y envoie deux ou trois gendarmes qui observent sans réaction. Cette administration a accordé l’autorisation à la famille Liliou d’organiser des funérailles en l’honneur du chef décédé. Tout en sachant qu’à l’issue de ces funérailles du chef, il faut forcément introniser son successeur. C’était là l’erreur à ne pas commettre. Le chef actuel l’avait compris et avait mis au courant la sécurité qui a laissé faire.

Ne pensez-vous pas que c’est quand même exagéré de la part des alliés du chef ?

C’est vrai, c’est très cruel et à la limite animal de se comporter de la sorte, mais en Afrique tout est difficile à expliquer. Si l’administration reconnaît officiellement la chefferie traditionnelle, qu’elle œuvre à la protéger.

Pensez-vous que la situation pouvait-elle être évitée ?

Je dis oui, nous avons approché le commandant de Brigade de la gendarmerie qui nous a signifié que ces hommes ne pouvaient pas s’interposer entre les populations. Ils ne sont là que pour dissuader pour éviter d’être accusés de violence et de torture. Aussi, je me demande quel a été le rôle des nombreux intellectuels Liliou qui sont partout au Burkina et ailleurs. Ils auraient dû intervenir auprès de leurs frères du village pour les ramener à la raison.

Le président de la Croix-rouge, section Nahouri

Quel commentaire faites-vous sur le drame de Guénon ?

Mathieu Bado : si les deux parties s’étaient patientées pour qu’il y ait un dialogue, nous n’allions pas arriver à cette situation. Nous avons déploré cette situation de morts dans les champs, des dégâts matériels. Pour nous membres de la Croix-rouge, nous demandons le dialogue entre les deux parties pour retrouver la paix. Les uns et les autres doivent communiquer franchement au lieu de s’entre -tuer.

Qu’avez-vous pu faire sur le terrain à Guénon ?

Nous avons vu des dégâts immenses. Notre objectif était de secourir les blessés, les déplacés. Malheureusement, beaucoup ont fui, nombreux sont allés vers le Ghana, Boungou, ou Tiébélé. La Croix-Rouge a constaté avec tristesse toutes ces atrocités. Nous cherchions un rassemblement de sans-abris, de réfugiés mais cela n’a pas été possible car les gens ont plutôt déserté le village.

Quel appel avez-vous à lancer en tant que responsable de la Croix-Rouge à la population de Guénon ?

C’est, une fois de plus, prôner le dialogue, la paix, l’entente entre les peuples frères. La Croix-Rouge du Nahouri n’a pas les moyens mais elle s’évertue et le fera toujours pour soutenir toute personne dans les situations de déplacé, de réfugié c’est notre credo.

Propos recueillis par Bruno Oulon

Le Pays

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