FESTIMA 2012 : Certains masques africains conservent encore leur mystère

vendredi 2 mars 2012 à 19h00min

Le Festival international des masques et des arts (FESTIMA) se tient à Dédougou depuis le 28 février dernier et ce jusqu’au 04 mars 2012. Les acrobates venus de Dioulassoba, les sacrés danseurs de Gossina et les mystiques béninois, ont impressionné les festivaliers. Ce sont une quarantaine de sociétés de masques qui prennent part à la 11e édition du festival, chacune avec sa particularité.

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Le FESTIMA, c’est d’abord la représentation en public des différentes troupes venues de l’intérieur du Burkina. Principalement, de la région Bwa. On dénombrait entre autres les sociétés de masques de Dédougou, de Sokuy, Magnimasso, les masques blancs de Bondoukuy, de Lékoro... Bwa, Marka, Mossi, San ; ce sont là les ethnies burkinabè représentées à ce festival. Avec plusieurs troupes chacune. Masques de tissus, de feuilles, de pailles, d’écorces, de fibres, tout y est. Mais force est de reconnaître que ce sont les masques de fibres qui auront le plus impressionné. Là encore, à des degrés divers. Venue de la ville de Sia, la troupe de masques de Dioulassoba aura émerveillé le public. Ses acrobates ont réellement séduit les spectateurs. Tout comme les sacrés danseurs de Gossina, mais surtout les mystiques béninois. Les accoutrements spéciaux des togolais, ivoiriens et autres maliens et nigérians ne sont pas passés inaperçus.

Toujours accompagnés de tam-tams, de tambours et de sifflets, les décors et accoutrements sont quelques fois identiques. Mais, la particularité se constate soit dans la danse, soit dans les faits, soit dans les gestes. Si les troupes de Gossina et de Dioulassoba ont véritablement impressionné par la danse, c’est du côté mystique que la troupe Zangbéto venue du Bénin fera la différence.

« Si tu n’as pas vu quelque chose, dis que tu n’as pas vu, ne dit pas que c’est impossible ». Cette phrase maugréée par une vieille bwaba du secteur n°6 de Dédougou résume le spectacle que vient de vivre les spectateurs. Un spectacle donné par la troupe Zangbéto du Bénin qui a drainé des foules, lors de toutes ses prestations. Elle aura vraiment fait sensation à cette 11e édition du FESTIMA. Ce qui a été donné à voir au public ? Six femmes chantant en cœur, dansant le « Tokpa », une danse du terroir béninois, deux masques aux soins de quatre jeunes hommes. Quelquefois, c’est pratiquement la lutte pour les maîtriser. Ce ne sont pas des êtres humains masqués, rassurez-vous ! Mais, des statuettes minuscules, à peine 20 cm de long, transportant des masques énormes. Si nous n’avons pas pu voir la première, la seconde statuette a été sortie et présentée à tout le public. Une statuette qui marche, court et même… répond lorsqu’on lui parle. Difficile d’y croire. Nous fûmes obligés à nous y résoudre après avoir suivi la scène à deux reprises en deux jours.

Cette statuette, disons plutôt ce fétiche a été instauré par le premier roi de Porto-Novo en 1680. Il sert à garder la cité. Il ne sort que la nuit pour protéger le village. Il est adoré par la population du sud Bénin. Nous l’avons vue en plein jour. Malgré tout, le mythe reste entier.
A la fin de chaque prestation, comme d’autres curieux, nous suivons la troupe jusqu’à la voiture pour vérifier s’il n’y a pas quelqu’un caché dans le feuillage du masque. Rien, en tout cas nous ne verrons rien. « Inutile de regarder en bas, vous ne verrez rien. Il n’y a que les statuettes qu’on vous a montrées- là qui sont dedans », nous confie le premier responsable de la troupe. Puis, il nous parle du fétiche, qui serait vieux de plusieurs siècles (1680) et qui a pour fonction la protection de la population. Comme quoi, l’Afrique regorge encore de mystères qu’il faudra exploiter positivement.

Parlant des masques et de ceux qui les vilipendent ou les diabolisent, Mgr Anselme Titiama Sanon, évêque émérite de Bobo-Dioulasso disait à l’ouverture du festival : « Ceux qui ne savent pas parlent et ils parlent mal. Mais, ceux qui savent ne parlent pas parce que c’est une expérience. Ils préfèrent vivre cette expérience ». La troupe Zangbéto en est l’illustration patente de ce que disait cet homme d’église.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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