Processus national d’électrification : L’obscurité bat de l’aile dans les zones rurales

mardi 28 février 2012 à 02h34min

La création en 2003 du Fonds de développement de l’électrification (FDE) et son opérationnalisation en 2005 ont certainement amélioré l’accès des populations rurales à l’énergie électrique au Burkina Faso. Plusieurs localités bénéficient aujourd’hui du fameux courant dont les retombées socioéconomiques sont indéniables. Les efforts conjugués avec ceux de la Société nationale d’électricité du Burkina (Sonabel) installent peu à peu la physionomie d’un pays-lumière.

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L’électrification rurale a effectivement permis, à ce jour, d’offrir l’énergie électrique à soixante-dix (70) localités semi-urbaines et rurales sur le territoire national. Environ quatorze mille deux cent cinquante (14 250) ménages bénéficient actuellement du privilège de l’éclairage et de ses grandes retombées. Soit plus de cent vingt mille (120 000) personnes qui goûtent ainsi aux délices du courant électrique sur l’ensemble des régions administratives du Burkina Faso. Ce grand bond dans l’accroissement du taux d’électrification a nécessité la bagatelle de 13,5 milliards F CFA provenant de subventions et de dons en matériel du gouvernement danois, d’appuis financiers de la Banque Mondiale, des ressources de l’Etat burkinabè par le biais du budget national et de la Taxe de développement de l’électrification (TDE) ainsi que de la participation des bénéficiaires eux-mêmes.

Des travaux d’éclairage de vingt-cinq (25) autres localités sur financement de la Banque mondiale sont en cours et des appels d’offres sont lancés pour entreprendre le processus, avec le solaire uniquement, dans une vingtaine de zones. Par ailleurs, sur cofinancement de l’Union Européenne et de l’Etat burkinabè, cinquante (50) localités vont être aussi électrifiées d’ici à fin 2013 dans les régions du Sahel (36), du Centre-Nord (4) et du Nord (10). Les recherches de financement et les études de faisabilité au profit d’autres bénéficiaires se poursuivent concomitamment. Les demandes abondent et viennent de toutes les treize (13) régions du pays. La course à l’énergie électrique des collectivités territoriales connait un engouement certain. Elle enregistre beaucoup de postulants avec, heureusement, un nombre sans cesse important de bénéficiaires.

Le Fonds dont les activités n’ont été lancées qu’en 2005, va marquer à son compteur de réalisation en fin 2012 cent vingt (120) communes et gros villages éclairés. Une belle moisson en seulement sept (7) ans d’exercice. "Le secteur de l’énergie électrique est très complexe surtout pour des activités s’inscrivant dans une réforme faisant appel à la libéralisation du domaine. Le temps de l’apprentissage et de la sensibilisation semble révolu mettant toutes les parties prenantes dans une synergie d’action. Des leçons ont été tirées et les insuffisances corrigées pour préserver les acquis et aller de l’avant. Tous les intervenants œuvrent maintenant en parfait tandem. Chacun ayant réalisé le bien-fondé de l’opération, un véritable climat de partenariat s’est installé. Désormais, chaque partie accomplit sa mission dans la sérénité pour le bonheur du pays ", indique Marie Blanche Bado, Directrice Générale du FDE.

L’ambition du gouvernementale est d’accroître le taux national d’électrification à 60 % à l’horizon 2015

A ce rythme, la marche nationale vers la "lumière" promet un avenir radieux. Avec les résultats déjà atteints, le programme quinquennal, 2010-2015, du Président du Faso d’électrifier tous les chefs-lieux de communes rurales est loin d’être une utopie. L’ambition gouvernementale d’accroître le taux national d’électrification à 60 % à l’horizon 2015 ouvre des perspectives rassurantes à la mise en œuvre de la décentralisation. Le cap paraît bien mis sur ce point de chute. En même temps que la Société nationale burkinabè d’électricité du Burkina (Sonabel) renforce son potentiel de production et de distribution ; en même temps, le FDE multiplie ses sources de financement et ses offres d’éclairage.

Autant des communes urbaines tels Sapouy, Sindou, Solenzo, Ouargaye et Titao … se réjouissent de ce confort d’urbanité, autant plus d’une centaine de zones rurales est rentrée ou entrera au cours des prochains mois dans l’ère de la modernité. "L’électrification rurale vient en complément de l’ossature nationale de l’énergie électrique pour, à la fois, combler un vide et répondre aux besoins réels des populations. Les choix techniques d’éclairage sont opérés en fonction de chaque localité bénéficiaire et adaptés à ces réalités. Il n’y a pas un procédé prêt-à-porter. La formule peut être le thermique ou le solaire assuré par installation sur place d’un moteur diesel ou par interconnexion au réseau de la Sonabel ", explique Gervais Ouoba, directeur technique du FDE.

A force de sensibilisation et de dialogue, les incompréhensions constatées au début de la mise en œuvre de l’électrification rurale sont aujourd’hui levées. Le maître d’ouvrage qu’est le FDE, les cabinets de consulting pour les études de faisabilité, les entreprises adjudicataires des travaux et les coopératives d’électricité (Coopel) ont bien accordé leurs violons. La vulgarisation de l’énergie électrique jusqu’aux zones les plus reculées du pays entretient la vitalité des maillons économiques. L’opération assure la promotion d’un certain nombre de petites et moyennes entreprises (PME) intervenant dans le secteur de l’électricité et renforce l’autonomisation des populations à la base pour la gestion responsable des leviers de développement au niveau local.

Les coopératives d’électricité sont une émanation propre au processus burkinabè de l’électrification rurale et inspire d’autres pays engagés dans le sens. Les poteaux en bois et la méthode SWER (système monophasé avec retour à la terre) ne sont plus perçus comme des signes de "sous éclairage" d’une localité. "Les soucis émis par les bénéficiaires au début de l’opération sont aujourd’hui résolus. Les préoccupations actuelles sont légitimes et portent essentiellement sur l’accroissement de l’offre (élargissement du temps de fourniture de l’électricité), la satisfaction de la demande croissante, la résolution des problèmes liés aux arriérés de règlement des factures, le renforcement de capacité des responsables des coopératives et une éventuelle réduction des coûts. Tout le monde a compris la nécessité du processus et regarde dans la même direction en y jouant sa partition et en apportant ses suggestions", souligne Marie Blanche Bado, DG du Fonds.

L’adhésion des populations se manifeste par leur abonnement massif dès qu’une localité est éligible au processus d’éclairage. Leur participation s’affirme également à travers leurs représentants au sein des coopel qui ont en charge la gestion et l’administration de l’unité locale de production, de distribution et de fourniture de l’électricité. Non seulement le courant électrique a amélioré le cadre de vie des populations et rendu plus efficaces les services de bien de structures privées ou publiques mais aussi il a contribué à assoir un tissu économique local. De jour comme de nuit, communes rurales et gros villages vivent intensément de leurs activités génératrices de revenus et leurs habitants tirent de plus en plus profit de leurs occupations. L’on assiste à une éclosion réelle d’une race d’entrepreneurs locaux qui s’adonnent à une gamme variée de tâches. Ce foisonnement entrepreneurial résorbe, un tant soit peu, le chômage et crée de la richesse sur place.

Le Progrès

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Vos commentaires

  • Le 28 février 2012 à 11:10, par Linok
    En réponse à : Processus national d’électrification : Le gouvernement met l’accent sur les zones rurales

    Pour une fois je pense que l’on a compris que l’elctricité ne doit plus etre vue comme du luxe mais plutot un véritable moyen de développement économique et social des populations mêmes les plus reculées. Quand on pense que des milliards ont été jetés dans un autre projet qui avait servi à installer trois lampadaires solaires dans chaque chef lieu de département et on chantait à qui veut l’entendre qu’on a électrifié les dites localités. A quoi cela profitait à un jeune qui veut installer un atelier de soudure, un vidéo club ou encore une charge de batteries ? Bref, courage au FDE.

    Répondre à ce message

  • Le 28 février 2012 à 13:41, par WALKOYE BISSAN
    En réponse à : Processus national d’électrification : Le gouvernement met l’accent sur les zones rurales

    Bravissimo !!!
    Tout ça c’est bien beau mais à y voir de près, on ne comprend pas trop le scientisme qui entoure et explique l’électrification prioritaire de certaines localités par rapport à d’autres. S’il existe une politique(centrale) gouvernementale,on ne s’explique pas la non-électrification de KAMPTI(d’où je suis).Cette localité qui est le plus grand département et la plus grande commune rurale du Burkina continue d’attendre cette manne.Ville-frontière(au regard de ce qu’on appelle ville dans ce pays), on ne comprend pas trop ce qui se trame derrière la politique qui la prive d’électricité jusqu’à demain.
    N’allez surtout pas parler des incapables retraités que vous avez mis en pôle position à la tête de cette commune pour des enjeux électoraux au grand dam de son développement. Tout le monde sait que sans la volonté politique centrale, aucun élu ne peut se taper le luxe de fournir l’électricité à sa localité, encore moins ceux que nous connaissons actuellement.Ils le promettent tous dans l’espoir que la décision centrale viendra leur donner raison quelques temps après, c’est la population qui trime pour le moment. Cri de cœur, enfin JUSTE UN PEU DE LUMIÈRE pour KAMPTI !

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