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40e sommet ordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO : Un Burkinabè à la tête de la commission

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Kadré Désiré Ouédraogo • • dimanche 19 février 2012 à 23h31min

Le 40e sommet ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, tenu les 16 et 17 février 2012, à Abuja au Nigeria et consacré au renouvellement des instances dirigeantes, à la sécurité dans le Sahel et la piraterie dans le Golfe de Guinée, s’est terminé sur une note de satisfaction générale pour le Burkina. Ce sommet auquel le président du Faso a activement pris part, a connu l’élection du Burkinabè, Kadré Désiré Ouédraogo, à la tête de la présidence de la Commission. Par ailleurs, le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara a été désigné successeur de Goodluck Ebélé Jonathan, à la présidence en exercice de la CEDEAO.

Sans surprise, les chefs d’Etat et de gouvernement ont désigné à l’unanimité, Alassane Dramane Ouattara et Kadré Désiré Ouédraogo respectivement aux postes de président en exercice de la CEDEAO et de celui de la Commission. Une décision prise à huis-clos par huit chefs d’Etat présents à ce sommet ainsi que des chefs de gouvernement, vient entériner ce qui se susurrait depuis le sommet de l’Union africaine, le 16 janvier dernier à Addis-Abeba. A ce que l’on dit, le Benin avait accepté, à la suite de plus d’un an et demi de tractations, de retirer de la compétition, son candidat, Jean Marie Ehouzou, autre prétendant sérieux au poste de président de la Commission en échange de la présidence de l’Union africaine.

Ce qui fut fait. Le respect de ce consensus à Abuja, a ainsi permis à l’ancien Premier ministre du Burkina, d’être élu à l’unanimité à ce poste pour un mandat de quatre ans. Outre l’attribution de ces postes, les dirigeants de la CEDEAO ont également validé, pour la même durée de mandat, la nomination d’un nouveau vice-président attribué au Libéria et de huit nouveaux commissaires en remplacement des commissaires sortants en fin de mandat. Quant aux autres postes statutaires restants à pourvoir au sein des institutions et agences de la communauté, la conférence a instruit le président du Conseil des ministres de convoquer, dans les meilleurs délais, une réunion du Conseil afin d’examiner leur attribution.

En plus de ce chapitre, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont penchés sur les grandes questions sécuritaires dans la bande sahélo-saharienne et la piraterie maritime dans le Golfe de Guinée. Auparavant, la Conférence à laquelle a pris part Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, a suivi avec intérêt, l’exposé du bilan de mandat du président sortant, Goodluck Ebélé Jonathan ainsi que celui du président par intérim de la Commission, James Victor Ghého. Leurs efforts dans la mise en œuvre des projets d’intégration et les grandes réalisations enregistrées sous leur mandat ont été reconnus et salués par les dirigeants ouest africains. La conférence s’est surtout félicitée des efforts consentis par Goodluck Ebélé Jonathan, dans « la défense et la promotion de la démocratie, la consolidation de la paix et la sécurité dans la sous-région ».

Ferme condamnation de la rébellion touarègue

Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont félicités également de « sa vision, ses conseils avisés et son leadership exemplaire qui ont permis à la Communauté de franchir de nouvelles frontières, dans le processus d’intégration ». Très préoccupés par la résurgence de conflits armées, notamment au Mali, la conférence ne s’est pas réservée de condamner avec fermeté, la rébellion du MNLA et dans le même temps, a exprimé son appui « aux efforts déployés par le Mali pour défendre son intégrité territoriale ». Aussi a-t-elle intimé les rebelles de cesser « immédiatement et sans conditions les hostilités » et de restituer dans le même ordre, toutes les zones occupées dans le pays. Malgré cette prise de position ouverte, la conférence ne ferme pas pour autant la porte du dialogue.

C’est en cela que les chefs d’Etat et de gouvernement ont invité toutes les parties prenantes à « engager un dialogue inclusif » en vue de « déterminer les voies et moyens pacifiques de règlement de ce conflit ». Face aux flux de refugiés, de déplacés aux conséquences humanitaires, « fâcheuses et dramatiques » de ce conflit armé, la conférence a décidé de délier le cordon de la bourse. Elle a, en effet, approuvé à Abuja, le décaissement de trois millions de dollars américains au profit du pouvoir en place à Bamako afin de lui permettre de faire face à la situation. Toujours dans le même élan, celle-ci a exhorté les organismes d’aide et d’assistance humanitaires, à se joindre aux efforts de la CEDEAO.

La piraterie et toutes les formes de crimes maritimes orchestrés dans le Golfe de Guinée, ont également retenu l’attention des dirigeants ouest-africains. Le leadership du Nigéria a été mis en avant par les chefs d’Etat et de gouvernement dans la perspective de prendre la coordination des actions futures de la CEDEAO contre ces fléaux. A ce titre, la conférence a instruit la commission de proposer de toute urgence un « cadre de politique maritime stratégique ». Une structure qui, a-t-on appris, viendra orienter les actions et la coopération futures, ainsi que le renforcement de la collaboration avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), confrontée aux problèmes similaires, le Conseil du Golfe de Guinée et tous les autres acteurs concernés, en vue de juguler cette menace.

A en croire certaines sources du sommet, une réunion urgente du Comité des Chefs d’Etat-major des armées des quinze pays membres de la CEDEAO pourrait se tenir dans les jours à venir afin d’examiner toutes les menaces de sécurité qui émergent dans la région du Sahel et dans le Golfe de Guinée et de formuler ensuite des recommandations concrètes pour faire face à ces menaces.
Convaincu que seules les valeurs de paix et de démocratie fondent la prospérité des grandes nations et par là, les grands ensembles, le nouveau président en exercice de la CEDEAO, Alassane Dramane Ouattara, a déjà mijoté un plan de mandat en ce sens.

Les grands chantiers de ADO

Rompu aux questions économiques, le contexte de mutation géopolitique et de turbulences économiques ne semblent pas l’inquiéter pour autant. Ces priorités, il les définit en cinq axes. Le premier intègre la dimension politique. « Notre ambition sera de renforcer les institutions, la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance. Afin de garantir la paix durable et le développement de la sous-région », a-t-il soutenu. A cet égard, ADO entend plaider pour la mise en place d’une structure régionale de contrôle et de certification des processus électoraux. Cette initiative pourra servir, à ses dires, à la promotion de la démocratie dans la sous-région où parfois les scrutins sont souvent en proie au désordre et à la violence. La sécurité, un vrai casse-tête dans la zone sahélo-saharienne, figure aussi en bonne place dans les actions futures du nouveau président de la CEDEAO. Face à la résurgence des mouvements rebelles (MALI), il préconise la définition d’une politique de défense commune. L’ECOMOG pourra ainsi reprendre du service avec beaucoup plus de capacités d’intervention.

Il y a aussi l’indispensable solidarité qui a souvent manqué, à son avis, entre les pays pour atteindre les objectifs communs. A ce sujet, il dira que « La position commune arrêtée par la Conférence des chefs d’Etat, doit être sacrée et la parole donnée respectée ». Au plan économique, Alassane Dramane Ouattara ambitionne de promouvoir les infrastructures intégratrices et la mise en œuvre de l’ensemble des instruments et règles communautaires. Il a relevé, en outre, que des efforts vont être déployés pour achever la construction du marché commun régional à savoir la politique économique financière, l’Union douanière et la monnaie commune. Il entend donner également, une place de choix au secteur privé international dans l’atteinte de ces objectifs.

Enfin, il y a le volet social. A ce sujet, ADO dira : « Notre union ne sera accomplie que si elle améliore au quotidien les conditions de vie des populations de façon perceptible et si elle crée une identité collective au-delà de nos appartenances nationales ». Poursuivant, il a souligné que la libre circulation des populations doit être garantie de même que le droit d’investissement et de résidence. Ces chantiers, de son avis, ne pourront se réaliser sans des réformes importantes des institutions et le respect des dispositions communautaires. Pour ce faire, le président en exercice en appelle à la culture de l’excellence. « J’ai foi en la CEDEAO, en son avenir et à sa place en Afrique et dans le monde, en sa capacité à faire entendre sa voix sur les grandes questions de la planète, à concevoir et à construire l’avenir d’une Afrique moderne », a-t-il renchéri aux journalistes.

Pour sa part, le président Blaise Compaoré dit garder le même optimisme, s’appuyant sur le rôle « déterminant » joué par la CEDEAO dans les grandes décisions de l’Union africaine. « Nous avons établi des partenariats fructueux avec d’autres régions du monde et nous sommes aujourd’hui dans des perspectives heureuses pour les populations », a-t-il dit, rendant hommage au président Goodluck Ebélé Jonathan et au peuple nigérian pour leurs contributions aux efforts d’intégration économique sous-régionale. La prochaine conférence des chefs d’Etat est prévue pour se tenir à Yamoussoukro, dans la capitale politique ivoirienne, en juin prochain.

Frédéric OUEDRAOGO envoyé spécial à Abuja


Les reconnaissances de Kadré Désiré Ouédraogo à son pays

« La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement m’a fait l’honneur de me désigner pour conduire, pendant quatre ans, la Commission de la CEDEAO. J’ai accepté cette responsabilité avec beaucoup d’humilité. Je crois, avant tout, qu’à travers ma modeste personne, c’est le Burkina et le président Blaise Compaoré qui sont honorés. Je voudrais aussi traduire ma gratitude au président en exercice sortant, Goodluck Ebélé Jonathan et entrant, Alassane Dramane Ouattara pour leur marque de confiance. Je réitère mon engagement à donner le meilleur de moi-même pour notre région afin d’atteindre les objectifs d’intégration.

Vous n’êtes pas sans savoir que notre région est confrontée à deux défis majeurs. Le premier, c’est d’abord d’assurer la paix, la sécurité et la stabilité à l’intérieur de ses frontières. Le deuxième défi, c’est d’assurer la croissance économique qui, seul peut nous permettre de solutionner les multiples problèmes sociaux parmi lesquels, l’emploi des jeunes. Pour atteindre ces objectifs, les seuls instruments de mise en œuvre de cette politique à notre disposition demeurent l’intégration régionale et une franche solidarité entre les pays. Il nous faut doper des partenariats mutuellement bénéfiques avec les autres régions d’Afrique et du monde. Nous sommes en pleine négociation avec l’Union européenne pour conclure les accords de partenariat économiques. Les efforts vont être maintenus et s’accèléreront afin que nous puissions aboutir à un accord mutuellement bénéfique, intégrant la dimension du développement ».

Propos recueillis par F. O


Vu et entendu à Abuja

* La psychose Boko Haram

Les attaques répétées du mouvement terroriste Boko Haram ont fini par semer une peur bleue au sein de la population de la capitale économique et administrative nigériane. A Abuja, prononcer le nom de ce mouvement est un vrai sacrilège, du moins en public. Le 15 février, veille de l’ouverture de la conférence des chefs d’Etat, Boko Haram a frappé non loin de Lagos, dans une prison afin de libérer ses membres incarcérés. Si bien que les forces de sécurité sont en constante alerte. Militaires et policiers patrouillent partout à Lagos à longueur de journée, arme aux poings. A l’entrée des services et des hôtels, les véhicules, les valises et tous les visiteurs sont systématiquement soumis à un contrôle anti-bombe. Munis de détecteurs mobiles anti-bombes, policiers et vigiles n’hésitent pas à pointer leur appareils, sur tous objets suspect.

* Le cortège du PF dans un embouteillage

Qui l’aurait cru ? En tout cas, certains membres de la délégation burkinabè sont tombés des nus lorsque le cortège conduisant le président du Faso, de l’aéroport d’Abuja, au Transcorp Hôtel Hilton (distant de 35 km), est tombé net dans un embouteillage. Les véhicules vont être pris en tenaille pendant une vingtaine de minutes. Mais des membres de la délégation seront ahuris quand, sous leurs yeux, des véhicules ordinaires, profitant du bouchon, vont s’insérer brutalement dans le cortège présidentiel et en ressortir en toute impunité. Ah Abuja !

Rassemblés Par F.O

Sidwaya

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