Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

jeudi 2 février 2012 à 00h52min

Le mercredi 1er février 2012, une délégation gouvernementale a rencontré les femmes de l’ex-marché, « Léguémalôgô » qui ne veulent pas rejoindre le nouveau marché des légumes et fruits. La rencontre a eu lieu au gouvernorat de la région des Hauts-Bassins.

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« Nous avons été instruits par Son excellence, monsieur le Premier ministre, pour venir encourager tous les acteurs qui ont engagé des concertations pour résoudre cette affaire dite de « Léguémalôgô ». « Nous sommes là également pour écouter les femmes qui refusent de rejoindre le nouveau site, afin de comprendre les raisons de leur refus et voir dans quelle mesure nous pouvons satisfaire leur préoccupation… ». C’est en substance en ces termes que le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Jérôme Bougouma a introduit la rencontre avec des femmes de l’ex-Léguémalôgô. Il faut préciser que bien avant l’intervention du ministre, le maire de la commune, El hadj Salia Sanou a fait un bref historique du marché dont le déguerpissement a fait des révoltées.

De son explication, il ressort que le marché a été construit en 1995 par le maire Alfred Sanou. Le développement de la commune et l’emplacement du marché ont obligé les autorités communales à envisager son déplacement pour un autre site. Une opération que le maire Célestin B. Koussoubé n’a pas pu réaliser par manque de site approprié. Avec la réalisation d’une infrastructure spécifique, l’autorité communale a pris la décision de résoudre une bonne fois, le déplacement du marché. Une action mal appréciée par certaines femmes, car elles pensent qu’elle n’a pas été prise selon des normes. C’est ce qu’elles ont transmis au ministre, tout en culpabilisant le maire Salia Sanou et le chef de canton de Bobo, de n’avoir pas joué leur rôle. Autrement, elles trouvent que seule une partie des vendeuses a été considérée dans le processus de déguerpissement du marché.

Le ministre Bougouma qui a présidé la rencontre en compagnie de son collègue Soungalo Apollinaire Ouattara de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, a laissé les femmes exprimer leur préoccupation. Selon la porte-parole des femmes, Djénéba Sanou, la seule chose qu’elles demandent au gouvernement, c’est de leur trouver un site autre que le marché nouvellement construit. Car « nous n’avons pas des hangars là-bas », a-t-elle précisé. Elle a aussi interpellé les ministres pour qu’ils demandent au maire de leur restituer les marchandises ramassées de force à la place Wara-wara le dimanche 29 janvier 2012. Après avoir attentivement écouté les femmes révoltées, le ministre Bougouma a suspendu la rencontre pour s’entretenir avec les autorités locales, afin de trouver un site provisoire pour les femmes.

A leur retour dans la salle, le ministre et son équipe ont proposé un espace dans l’arrondissement de Dô, plus précisément le marché dit de poisson. Une proposition acceptée par les femmes qui ont salué la démarche de la délégation gouvernementale. Juste après la rencontre, le site a été présenté aux femmes. Et la décision a été prise par le ministre pour que le site soit nettoyé et électrifié. La délégation ministérielle s’est rendue ensuite sur le site du nouveau marché, où elle a encouragé les femmes qui ont accepté d’y déménager.

Souro DAO

L’Express du Faso

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Vos commentaires

  • Le 2 février 2012 à 01:09
    En réponse à : Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

    avec vos taxes trop gourmandes pour avoir un hangar dans votre nouveau marché,vous croyez betement que c’est toutes les femmes qui ont des guiro comme vos femmes ? arretez avec vos constructions d’infrastructure pour les riches,ces femmes au revenu modeste ont raison de boycotter votre marché parcequ’il y a trop de racket dans ce pays car avec toutes ces taxes,on ne sait plus où mettre la tete
    y en a marre

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  • Le 2 février 2012 à 07:02, par Oumou dilli
    En réponse à : Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

    Les vendeuses de poisson vont aller où ???? On regle un problem en créant un autre.
    Revoyer juste les coûts DES hangards du nouveau marché, subventionner ces bonnes dames qui sont dans une chaîne vitale DES cultures de legumes pour que note ville délaissée par Ouaga vive !

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  • Le 2 février 2012 à 10:59, par Ouédraogo Issaka
    En réponse à : Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

    Le projet de déplacement des femmes de Léguémalôgô n’a pas été bien muri à l’avance. pour moi, c’était mieux d’installer les femmes dans le stade Wobi et reconstruire le stade au site de l’auto-gare. C’est vrai,je ne sais pas combien coute la construction d’un stade, mais cette alternative allait permettre d’éviter les tensions sociales qu’on vit actuellement.Le stade est large et son accès est facile pour les marchandises qui quittent BAMA, principale source d’approvisionnement des vendeuses.Ma proposition, est comme un médecin après la mort, mais à l’avenir, il faut essayer de recueillir les avis des citoyens par des boites à suggestion par exemple ;car comme on aime le dire, "Gouverner c’est prévoir".

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  • Le 2 février 2012 à 12:00, par legourion
    En réponse à : Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

    Ces precedents qui sont creés par ces rencontres dites de consensus ne pourront jamais permettre à notre ville de jouer le rôle de ville économique moderne. On ne peut pas transformer ou organiser sans causer des dommages. L’histoire étant une repetition( puisque déjà en 1995 le problème était posé), chacun doit tirer les leçons et regarder du côté de la capitale avec l’autre Bourguemestre (même sit out n’est pas parfait làbas) afin que Bobo sorte des sentiers battus.
    Modestement !

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  • Le 2 février 2012 à 12:24, par Citoyen de Bobo
    En réponse à : Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

    une fois de plus,nous sommes incapables de restaurer l’autorité de l’État !Proposer un autre site c’est bien certes mais analyser les choses à long terme n’est pas aussi mauvais !
    Quand la commune prendra des décisions pour le développement de la ville,il y aura toujours un bras de fer !!Un autre ministre interviendra pour proposer un autre site ?
    Soyons réalistes,allez-y faire un tour dans le nouveau marché des fruits et légumes et vous comprendrez qu’un tel investissement ne peut pas rester sans exploitation !
    Nous sommes les premiers à dénigrer les élus locaux qu’ils ne font rien pour notre ville !nous sommes les premiers à refuser de payer nos taxes !nous sommes premiers à abandonner les hangars mis à notre disposition !quelle place voulons nous occuper si la commune n’a plus de recette ?
    Hier c’était tenkodogo,aujourd’hui bobo,demain où ?
    Pensons sincèrement au développement du pays et laissons derrières nous nos histoires de bords politiques !!
    Unissons nous pour un Burkina émergent !!

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  • Le 2 février 2012 à 17:48, par Mark
    En réponse à : Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

    C’est un titre qui pue de la récupération politique. Quel gouvernement qui est à l’écoute de quelles femmes ? N’est ce pas ce même gouvernement à travers ses services décontratrés qui a brutalisé ses pauvres femmes, en envoyant sa CRS matter à 4 H du matin ? Maintenant qu’on sent que les femmes bien déterminées à ne pas laisser faire , on envoie deux ministres pour jouer aux pompiers ! c’est pas de l’écoute, c’est de la récuperation politique ! Mais que nos gouvernants ne se méprennent,les mêmes causes produits les mêmes effets, la crise n’est pas passée . La résistance de ces braves femmes un averissement à moindre frais ! on peut tromper une partie du peuple un temps, mais on ne peut tromper tout le peuple tout le temps, courage à toutes les femmes battantes du faso , portez plaintez en justice contre l’Etat contre ses actes de vandalisme contre vous et exigez des dédomagements ! Laissez passer mon post !

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  • Le 2 février 2012 à 19:14, par Kobson
    En réponse à : Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées

    Soyez tous realistes. les raisons avancées par ses femmes a mon avis ne tiennent pas. Elles pretendent qu’elles n’ont eu de hangars dans le marché qui etait proposé et que ce n’est qu’une partie des femmes qui avaient ete associées des le debut.
    1- on ne peut vraiment pas ossocier les femmes individuellement, elle avaient quand meme un comite ds le marché
    2 elles sont simplement de mauvaise fois avec un esprit anti-developpement, souvent nous voulons une chose et son contraire
    3 je regrette l’intervention de l’etat (peut etre raison politique) mais la commune avait pris la bonne decision#

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