ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

jeudi 2 février 2012 à 00h32min

Au cours de la semaine dernière, les étudiants de l’Université polytechnique de Bobo (UPB) ont organisé plusieurs manifestations pour protester contre les conditions de leur transport à Nasso. Dans cette interview réalisée le samedi 21 janvier dernier, le directeur général du CENOU explique les problèmes y afférents et les solutions proposées. Pour lui, au regard des derniers développements, le problème du transport n’est qu’un motif pour d’autres revendications.

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"Le Pays" : Depuis quelque temps, les étudiants de Bobo disent "nous pas bouger" avec les cars du CENOU. Que se passe-t-il ?

Le Directeur général du CENOU, André Batiana : Disons déjà que la crise du transport des étudiants à Bobo est une vieille crise. L’Etat a entrepris, dès la création de l’Université polytechnique de Bobo à Nasso, de transporter des étudiants avec la contribution de ces derniers et sous la responsabilité du CENOU. Je ne vais pas m’étendre sur les différentes crises et les discussions. Mais pour revenir à la difficulté qui se vit ces derniers jours, j’étais moi-même à Bobo pour discuter avec les étudiants et comprendre et ils ont posé essentiellement deux problèmes. Le premier, ils ont parlé de la surcharge des cars. Cela veut dire que, selon les étudiants, pour un car de 51 ou de 70 places, ils se retrouvent à 70 voire 80 et dans le car de 70 places ils se retrouvent à 100. Du coup, pour des questions de sécurité et de confort, c’est sûr que ce n’est pas du tout idéal. C’est vrai qu’il y a de la surcharge dans les cars mais cela a une explication très simple.

La raison, c’est que les étudiants refusent de respecter les horaires de départ des cars. Il y a un premier passage fixé à 6h pour les étudiants de 1re année et un deuxième à 7h pour les autres années. Personne ne veut prendre les cars de 6h. Alors, tous se retrouvent aux cars de 7h. Naturellement, comme ce sont les mêmes cars qui font la navette, les capacités de transport restent les mêmes et il n’y a pas assez de places pour emmener tout le monde. Je vais expliquer pourquoi il y a une surcharge. La raison, c’est que les étudiants disent qu’ils ne veulent pas payer la taxe c’est-à-dire qu’au CENOU, il existe une carte mensuelle de 1000 F CFA que l’étudiant doit acheter, mais en fait, c’est une contribution. Mais vous savez que cette somme ne suffit pas.

Quelle était la situation il y a deux ou trois ans ?

Avant 2004, la carte coûtait 4 000 F CFA. Suite à des revendications et à des actions, cette carte coûte aujourd’hui 1000 F CFA. Les étudiants, quand je suis arrivé à la tête du CENOU, il y a à peine trois mois, revendiquaient que le coût de la carte soit ramené à 500 F CFA. Ce à quoi l’administration du CENOU et le ministère ont répondu négativement parce que ce n’était pas du tout juste.

Si les étudiants devaient payer le vrai prix, il reviendrait à combien ?

Je vais vous dire. Pour chaque car que nous louons, nous payons 100 000 F CFA par jour et par car. Alors, si les étudiants devaient payer vraiment le transport, il fallait que pour chaque car emprunté, l’on puisse réunir la somme de 100 000 F CFA. Je préfère vous donner cette idée pour dire que si l’on devait répercuter le prix réel du transport, ce n’est pas 1000 F CFA qui permettraient de payer cela. C’est une contribution de leur part. Le transport ne saurait être vraiment gratuit. Si l’on prend le cas des étudiants de Nasso, nous sommes dans un même Etat et les étudiants sont les mêmes. A Ouagadougou, l’Etat ne s’occupe pas du transport des étudiants. Des associations d’étudiants vont voir les responsables de la SOTRACO pour en négocier le transport et bien sûr le CENOU les y accompagne. Les étudiants payent les abonnements qui varient entre 2 500 et 5 000 F CFA par mois. A Koudougou, il n’y a même pas de transport en commun.

Le CENOU ne transporte pas les étudiants. Ils se débrouillent où qu’ils habitent pour se rendre à l’université. A Bobo, l’on a estimé que pour soutenir les étudiants, l’Etat, à travers le CENOU, va les accompagner vu qu’à Bobo le transport en commun n’est pas encore développé. C’est pour cela que l’Etat s’y est engagé et nous demandons aux étudiants de contribuer. L’autre protestation, c’est le cas de la surcharge. Au jour d’aujourd’hui, au CENOU, nous payons 1 100 000 F CFA par jour juste pour le transport des étudiants. Le transport n’est qu’un moyen, ce n’est pas la finalité. Je vous invite à prendre 1 100 000 F CFA et le multiplier par 30 jours, puis 10 mois ; vous verrez combien le CENOU paye pour le transport des étudiants à Nasso. Bien sûr que l’Etat ne pouvant pas avoir des cars en qualité et en quantité suffisantes à cause du manque de moyens, nous avons trouvé l’astuce d’organiser le transport en faisant deux rotations des cars le matin puisque la location est journalière : un départ à 6 heures et un autre à 7 heures. C’est une entente en relation avec les autorités de l’université de Bobo.

Mais les étudiants de Bobo estiment que prendre le car à 6 heures c’est trop tôt. Pour cela, ils attendent et tout le monde se retrouve à 7 heures. Conséquence : on se retrouve avec une surcharge. Maintenant, pour répondre à votre question et dire pourquoi c’est ainsi, je comprends que les problèmes de surcharge posent un problème de sécurité ; un accident est vite arrivé et les conséquences sont graves. Nous leur avons dit de suivre l’organisation qui leur est proposée en attendant que des solutions soient trouvées. Les étudiants, comme tout le monde, ont entendu que l’Etat est allé commander 135 bus pour les étudiants. Ils s’imaginent que les 135 bus sont immédiatement disponibles et que c’est uniquement pour eux qu’ils ont été acquis. Ils ignorent que seulement certains seront affectés au CENOU pour le transport des étudiants mais pas tous. Et il faut que les étudiants comprennent bien cela. Je m’évertue à le leur faire comprendre.

Aussi, la procédure d’acquisition des cars prend du temps et ce ne sont pas des cars qui sont dans un magasin que l’on ira prendre. Cela a nécessité des missions en Inde pour faire le choix. Bien que j’ai rencontré les étudiants, le lundi 16 janvier 2012, pour leur expliquer ce que nous faisons pour résoudre le problème, le mouvement se poursuit. Les étudiants, en particulier la branche de l’ANEB, ont trouvé les propositions insuffisantes et ont continué à bloquer les cars. Pour ceux qui avaient des cartes, et ils sont 600 pour le mois de janvier, les contrôleurs ont commencé leur travail en contrôlant les identités. C’est là que les étudiants, en particulier ceux de l’ANEB, ont estimé qu’ils n’allaient pas payer les cartes. C’est ce qui a amené le blocage des cars depuis le lundi 16 janvier 2012 et pratiquement toute la semaine qui a suivi.

La conséquence est que les étudiants, depuis le lundi, n’ont pas fait de cours ?

En ce qui concerne les cars, les étudiants ont décidé de ne pas payer la carte mensuelle pour protester. De ce fait, ils empêchent ceux qui veulent prendre les cars et qui sont à jour. Conséquence, cela a duré ainsi toute la semaine. Il y a eu une rencontre, le jeudi 19 janvier 2012. Elle a été initiée dans le souci de trouver une solution à la situation et présidée par le président de l’université de Bobo ; le CENOU était représenté par son directeur régional, et toutes les associations des étudiants qui existent à Nasso ont été invitées à prendre part afin de trouver une solution ensemble. Nous avons déploré l’absence de l’ANEB à cette rencontre mais les échanges sont allés dans un bon sens. Les conclusions étaient de trouver un consensus. Les associations d’étudiants qui étaient présentes ont demandé au CENOU de lever son système de contrôle jusqu’au lundi 23 janvier inclus pour que ceux qui n’avaient pas pris leur carte puissent avoir le temps de le faire. Ils ont même trouvé que payer 1 000 F CFA ce n’est pas de "l’escroquerie" et qu’ils sont prêts à le faire. Pour diverses raisons, ils ne l’avaient pas fait mais sont prêts à le faire. Ce sont eux qui ont dit que les contrôles du CENOU pourraient recommencer à partir du 24 janvier 2012.

Vous espérez donc que les étudiants vont reprendre les cours bientôt ?

Comme je le disais, nos amis de l’ANEB n’étaient pas à cette réunion. Ils ont décidé d’organiser un sit-in ou un meeting à la Bourse du travail de Bobo. Ce qui a eu lieu le vendredi 20 janvier 2012. A cette rencontre, les étudiants ont décidé qu’ils n’iront pas à Nasso, le lundi 23 janvier 2012. Les cars sont allés chercher les étudiants sans contrôle et ceux qui sont allés ont constaté qu’il n’y avait personne pour les cours car le mouvement s’était étendu. L’on s’est rendu compte que le transport n’est plus le seul motif. Les solutions ayant été trouvées et les cars roulant, il y avait d’autres motifs. L’ANEB dit qu’elle ne reprendra pas les cours. Plutôt que d’aller faire les cours, les étudiants sont allés faire une conférence-débat à la Cité Kolsama. Nous avons expliqué aux étudiants que le transport n’est qu’un moyen et non une finalité.

Aujourd’hui, visiblement, les revendications des étudiants sont en train d’évoluer vers un certain nombre de choses. Comment voyez-vous la sortie de la crise ?

Pour la sortie de la crise, il y a des choses qui incombent au CENOU et pour lesquelles la recherche de solutions bat son plein. Pour ce qui est du transport, ce que le CENOU peut faire, c’est de veiller d’abord à ce que nos partenaires, ceux qui sont chargés du transport le fassent correctement avec des cars relativement en bon état et en quantité suffisante. Pour les autres revendications, je ne suis pas qualifié pour y apporter des réponses parce que cela relève d’autres compétences que je n’ai pas. Ce que les étudiants me demandent, c’est de les transporter et c’est ce que je m’évertue à faire. Je voudrais rappeler aux étudiants que le CENOU est leur instrument que le politique a mis en place pour les accompagner dans leurs activités. Maintenant, le CENOU travaille avec les moyens de bord que sont les moyens que l’Etat peut permettre au service du CENOU, pour le bien-être des étudiants : leur restauration, leur hébergement et leur transport. Le CENOU ne ménagera aucun effort pour rechercher une solution commune avec les étudiants. J’insiste là-dessus.

Qu’ils viennent pour qu’on discute. Nous leur dirons, voici les réalités. Au vu de ces réalités qu’est-ce que nous pouvons faire ? C’est ainsi que nous pourrons trouver des solutions ensemble. En tout cas, je suis très ouvert à toute discussion et à toutes propositions en vue de trouver une solution définitive au problème de transport des étudiants.

Propos recueillis par Dayang-ne-Wendé P. SILGA et retranscrits par Aimé NABALOUM

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 2 février 2012 à 01:34, par MS
    En réponse à : ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

    Monssieur le DG,
    dites aux lecteurs que l’université polytechnique de Bobo se situe en brousse (à 15km de la ville) avant de dire qu’on fait
    des faveurs aux étudiants.
    Dites aux lecteurs qu’il n’y a pas de transport en commun à Bobo. Si toutefois c’était le cas, et les cars partaient à Nasso, les étudiants ne refuseraient pas de les utiliser.
    En plus, si réellement vous dépensez 1100000 par jour pour le transport, qu’on arrête les cours pendant un mois et on paiera des cars pour le transport. Je suis sûr que si cette opération est réalisée pendant trois ans, il n’y aura plus de problème de transport à Bobo.
    Au lieu donc de chercher à accuser l’ANEB, réfléchissez un peu et vous verrez qu’on peut trouver un solution à ce problème qui ne devrait vraiment pas en être un. Aidez par exemple la mairie à développer le transport urbain. Désengorgez Nasso en proposant de ramener certaines formations ou classes en ville (cela aura d’ailleurs pour avantage d’éviter de souiller la nappe phréatique)....

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  • Le 2 février 2012 à 04:46
    En réponse à : ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

    Mr Batiana, 1.100.000 X 30 X 10 = 330.000.000 FCFA. Telle est la coquette somme que paie l’état annuellement (certainement moins au début) depuis 15 ans environs, soit plus de 3 milliards. De quoi doter le CENOU d’un parc immense de bus depuis lors. Que gagne les responsables du CENOU dans ce deal économiquement désastreux pour le CENOU ? L’UPB a été créé au lendemain de la crise universitaire de 1997 par délocalisation de filières de l’université de Ouaga. A l’époque, la stratégie de Mélégué Traoré, ministre des enseignements secondaire, supérieur de la recherche scientifique était de casser le mouvement étudiant en éviter la trop grande concentration des étudiants à Ouaga. Ce fut les mêmes motivations pour l’université de Koudougou autour de 2003. Mais en divisant les étudiants (en "minimisant" leur nombre par site), on a pas divisé ("minimisé") leurs problèmes. On les a au contraire multiplié, et même qu’on en a créé de nouveaux problèmes de toute pièce, dont le problème de transport à Bobo. Mr Batiana dit que les étudiants de Ouaga et Koudougou ne sont pas transportés par le CENOU. Vrai ! Seulement, il oublie de dire qu’on n’est pas allé construire l’université de Ouaga ou Koudougou à 15 km de la ville dans une zone quasi inhabitée. En plus la grande MAJORITE de l’INFIME partie des étudiants qui ont une chambre en cité universitaire ne sont pas logés à Nasso mais à Bobo ville, et dans des bâtiments loués par le CENOU. Le CENOU ne va pas dire qu’il va logé des gens à 15Km de l’université et leur demander de s’y rendre à pied.

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  • Le 2 février 2012 à 05:16, par Felix
    En réponse à : ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

    Félicitations Mr Batiana. Vous êtes un homme digne et respectueux des étudiants et soucieux de leurs besoins. N’abandonnez jamais le dialogue. L’ANEB se comporte toujours comme un enfant pourri et c’est "grâce" a eux que notre année a été invalidée en 1999. Que Dieu vous soutienne.

    Répondre à ce message

  • Le 2 février 2012 à 07:09, par le coq
    En réponse à : ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

    mr,je s8 d,acord avk votr analyse sur la situation a nasso.mai mw personnellemen j,aimerai savoir pourkoi constr8r des universite ki st a 20km d la vill ?vous alez assumer toute la responsabilite.les universit prive st au centr vill et les etudian n revendiq pa d car.utiliser les 2miliar d guiro non incorpore ds le budget d l,etat,ca p acheter bocou d car.c un don d dieu.ONASER tu n fai pa tn travail,arete les car surcharge ya danger.

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  • Le 2 février 2012 à 13:45
    En réponse à : ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

    C’est honteux, la position de l’état sur ce problème qui dure depuis plus de 10 ans.
    Il ya 6 ans j’étais tjrs à nasso et c’était la même chassons.
    Que du mépris et de l’arrogance pour les étudiants. Si l’état à choisie d’aller construire une université à plus 20 km de la ville, sachant bien qu’il ya pas d’offre de logement dans ce village qu’il assume.
    L’UPB serait à ouaga, aucun étudiant n’aurait demandé à être transporter.
    En plus le DG du cnous n’a pas honte de dire que l’état paye 1 100 000 CFA par jours pour les cars et demande au journaliste de faire le calcul.
    Faut-il faire HAVARD ou HEC pour comprendre qu’un investissement par l’achat permettrait d’atténuer ces dépense, mais hélas ........
    Quelle honte !!!

    Répondre à ce message

  • Le 2 février 2012 à 19:54, par LE RIENNEUX
    En réponse à : ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

    Mais ce dg du CENOU vient de quel planète ? Il fléchit comment ? Comment a-t-il été recruté ? Tu ose dépenser cent mille par jour et par car. Mais tu ne peut pas acheter un autre car. Allez, avoue le, tu gagne combien par mois pour le marché de location ? Pour ta gouverne, saches que avec l’argent de location en dix mois, tu peux acheter au moins quatre cars en excellent état ! Mais c’est pas toi, c’est nous le peuple ! Nous méritons ca !

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  • Le 2 février 2012 à 21:46, par DAHER
    En réponse à : ANDRE BATIANA, DIRECTEUR GENERAL DU CENOU : "Le transport des étudiants ne peut pas être gratuit"

    "Ce que le CENOU peut faire, c’est de veiller d’abord à ce que nos partenaires, ceux qui sont chargés du transport le fassent correctement avec des cars relativement en bon état"

    Quel message Mr le DG du CENOU veut-il nous donner par l’expression : des cars en relativement en bon état.
    Accepterait t-il de voyager dans un avion en relativement en bon état ?
    Il devrait soit s’entourer de communicateurs ; soit se tenir le plus loin possible de nos enfants.

    Pauvre Burkina Faso

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