COMMUNE DE BOUSSOUMA : Le maire soutenu par ses pairs

mardi 31 janvier 2012 à 00h50min

Une délégation de l’AMBF s’est rendue le lundi 23 Janvier à Kaya, province du Sanmatenga pour soutenir le maire de Boussouma dont la maison a été incendiée par des manifestants, le 12 janvier dernier. La mission, conduite par le président de l’ AMBF M. Simon Compaoré, comprenait les maires de Tougan, de Garango, Kindi, Dapélogo, le secrétaire exécutif et le chargé de communication de l’association.

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La délégation a tenu une réunion à Kaya avec l’ensemble des maires de la région du centre nord : environ une vingtaine sur 28 étaient présents aux côtés de leur collègue éprouvé M. Issiaka Isidore Ouédraogo. A l’entame de la réunion, le maire de Garango, en sa qualité de doyen de la délégation, a tout d’abord pris la parole pour situer l’assemblée sur les raisons de cette mission : exprimer la solidarité de la famille de la communauté des maires à leur collègue éprouvé, rassurer les élus locaux, mieux comprendre la situation qui prévaut à Boussouma, se donner des idées et des conseils en cette période préélectorale délicate pour les élus locaux et envisager les perspectives.

A la suite du doyen, est intervenu le président qui n’est pas passé par quatre chemins pour condamner ce qui s’est passé . Il a déclaré que l’engagement au processus de décentralisation suppose que tout un chacun joue son rôle et assume ses responsabilités : bonne gouvernance et devoir de redevabilité de la part des maires mais aussi respect du jeu démocratique de la part des populations « On peut boycotter les sessions d’un conseil municipal mais on ne peut se permettre d’en empêcher la tenue ; Ces actes sont aux antipodes du droit ». Prenant à son tour la parole, le principal intéressé a fait la genèse de la situation : pour lui, ce qui s’est passé ce jour- là est le couronnement de manoeuvres politiques qui n’ont jamais cessé depuis son élection à la tête de la mairie, inlassablement inspirées et encouragées par ses adversaires politiques.

Il a longuement évoqué les griefs de la part de ces adversaires à son endroit portant pêle-mêle sur la gestion des écoles, des cantines scolaires, des CSPS, d’un camion acquis dans le cadre du jumelage, d’un supposé détournement d’un chargement de ciment. Et comme si tout cela ne suffisait pas, ils finissent par déclarer à la veille du 12 janvier qu’ils réclament le départ pur et simple du maire. Ils vont même jusqu’à demander au 1er adjoint au maire de se préparer à assumer incessamment les fonctions de nouveau maire. L’intéressé a raconté, non sans émotion, comment lui et ses conseillers municipaux (les femmes conseillères, croyant leur dernière heure venue, sanglotaient à rendre l’âme) se sont enfermés dans son domicile familial, attendant, résignés, l’arrivée de la vague déferlante des manifestants en colère.

Pendant ce temps les forces de l’ordre, présentes dans la commune, n’ont pas levé le petit doigt. Si je suis parmi vous ce matin , a-t–il dit, c’est par la grâce de Dieu . Il a apporté deux précisions : - Avant la tenue de la fameuse session du conseil municipal, certaines autorités qui tentaient une médiation lui auraient proposé, pour débloquer la situation, qu’il aille faire allégeance au Dima . Proposition à laquelle il a opposé un refus catégorique. La parole a été donnée à plusieurs autres maires pour donner leur point de vue. Beaucoup ont déploré les situations exécrables qu’ils vivent dans leurs communes respectives du fait des détenteurs du pouvoir coutumier et tout cela sous le regard passif de l’Administration.

Et un des maires de lancer qu’il y a lieu que l’Etat réagisse avec diligence et donne du ton face aux difficultés qui jalonnent les rapports entre administration locale et chefferie avant que le mal ne gangrène tout l’appareil d’Etat. En somme, il y a lieu de dire que "les affaires de la municipalité se traitent au conseil municipal et celles de chefferie, dans la cour du chef". Par ailleurs, la délégation a attiré l’attention des maires sur le fait que la campagne électorale s’annonce déjà et que tout est déjà mis en branle de la part des prétendants pour provoquer et surtout déstabiliser les maires en poste. Les maires ont été invités à faire en sorte que les populations ne retiennent pas une mauvaise image de leur passage à la mairie et donc à redoubler de vigilance. De l’entretien, on peut retenir ce qui suit :
- la délégation a recommandé au Bureau régional de l’AMBF d’initier une rencontre avec les conseillers municipaux pour leur redonner courage après ces malheureux événements ;
- la délégation estime que, conformément à la déclaration de l’ AMBF, les auteurs des forfaits doivent être identifiés, jugés et condamnés à la hauteur de leurs méfaits sinon c’est tout le processus de décentralisation qui risque d’être compromis et l’autorité même de l’Etat sapée à jamais. De nombreux maires ont élevé la voix pour que l’association demande une audience auprès des plus hautes autorités du pays pour évoquer tous les problèmes qu’ils vivent au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions dans les communes.

Bernard KABORE Chargé de communciation AMBF

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 31 janvier 2012 à 13:56
    En réponse à : COMMUNE DE BOUSSOUMA : Le maire soutenu par ses pairs

    L’initiative est bonne mais il faut faire très attention a ne pas allumer un nouveau foyer de tension sociale après ce qui s’est passé à Koudougou. Boussouma fait partie d’une des régions pas très facile du pays mossi et très sensible sur le plan coutumier. Un nouveau foyer à Boussouma peut déstabiliser à nouveau la paix sociale dans notre pays. Sans donner raison aux populations de Boussouma, je pense qu’il faut engager un véritable dialogue et mieux les écouter.

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  • Le 1er février 2012 à 17:36, par Sidnonma
    En réponse à : COMMUNE DE BOUSSOUMA : Le maire soutenu par ses pairs

    "On peut boycotter les sessions d’un conseil municipal mais on ne peut se permettre d’en empêcher la tenue ; Ces actes sont aux antipodes du droit ». Cette phrase du Maire SIMON montre comment les gens oublient vite Rien dans cette
    legislature à Gounghin (koupéla) Le parti au pouvoir a sommé les conseiller de reprendre la mairie de l’opposition par tous les moyens même des enlèvements pour eviter la tenue du conseil. Des conseillers se rendant au conseil ont été hachés . Comme quoi l’assassin a peur du Gourdin .

    Répondre à ce message

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