Déguerpissement des femmes de « Léguéma Logo » : La Place Wara Wara « nettoyée » avant le lever du jour

lundi 30 janvier 2012 à 00h46min

Après leur déguerpissement au marché de légumes « Léguéma Logo » le dimanche 15 janvier dernier, certaines vendeuses se sont installées à la Place Wara Wara le même jour. Le dimanche 29 janvier 2012, le site inapproprié a été quadrillé et tout a été raclé avant le lever du jour.

Aux environs de 3h 30 ce dimanche 29 janvier, les machines de la direction des services techniques de la mairie (DSTM) de Bobo-Dioulasso ont pris possession de la Place Wara Wara. Sur les lieux à 4h, notre équipe a trouvé plus d’une trentaine d’agents de la voirie qui aidaient les machines à charger tomates, choux, oignons, concombres, courgettes, piment et tout autre légume dans des bennes qui les évacuaient. Tables, étales, parasoleils, sacs, paniers, bref, tout ce qui se trouvait sur le site a été raclé.

Travaillant dans une quiétude ininterrompue, ils ont pu « nettoyer » la Place avant le lever du jour sous la bonne garde d’un dispositif impressionnant des forces de l’ordre et de sécurité. La voie principale du site, l’Avenue Sakidi Sanon, les « 6 m », tous les accès ont été bloqués gardant à près de 500 m de distance, les vendeuses qui ont commencé à arriver à partir de 5 h 30. Même les habitants des concessions riveraines ont été empêchés de sortir de chez eux jusqu’à la fin de l’opération vers 6 h. Ce dispositif sans précédent se veut préventif des manifestations violentes faites par les femmes le jour de leur déguerpissement à « Léguéma Logo », le 15 janvier et ensuite le 17 janvier alors qu’elles voulaient vraisemblablement marcher pour se rendre au gouvernorat.

C’est donc une stratégie de déguerpissement plus pacifique qui a été mise en place pour amoindrir au maximum les dégâts au regard de l’aspect social de la question. En cela, la sécurité, depuis le jeudi 26 janvier 2012 a procédé à l’« asphyxie » du marché. En effet, depuis cette date et ce jusqu’au dimanche, elle a empêché véhicules, charrettes et autres moyens d’approvisionnement du marché en légumes et divers. Dès lors, les engins saisis sont directement conduits en fourrière et les légumes à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB). Par conséquent, le marché circonstanciel s’est progressivement appauvri en marchandises, allégeant du même coup le travail de déguerpissement du dimanche. Selon une source très proche du dossier, ce deuxième déguerpissement est la résultante de l’échec de toutes les voies de négociation.

A l’entendre, les autorités politiques, administratives et coutumières ont vainement demandé de libérer cette place de plusieurs utilités. En effet, la Place Wara Wara est d’abord un lieu de culte pour les musulmans, ensuite le terrain d’entrainement de Bobo sport et enfin elle est limitée par les écoles Farakan « A », « B » et « C ». Cette fois-ci serait-elle la bonne ? Wait and see. En quittant les lieux vers 10 h la gendarmerie dispersait à coup de gaz lacrymogène les jeunes qui les lapidaient.

Jean-Marie TOE

Sidwaya

Messages

  • Bravo monsieur le maire, pour votre courage, vous avez compris qu’on ne peut continuer à administré une commune comme un village.
    debarassé ns de ses considerations ethniques qui divisent notre ville et retardent son developpement.
    tt le monde a sa place ds la cité il n’ya pas d’autres qui soient au hors lois.
    felecitation mr le maire continuez, et sachez la majeure partie de la populaion vs soutient ds cette action

  • Finalement qu’est ce que ces femmes veulent ? On vous donne une place plus appropriée pour l’exercice de notre activité, vous refuser d’y aller. Que les autorités locales ne laissent pas ces femmes s’installer n’importe où si ce n’est pas au nouveau marché de fruits. On a l’impression que les gens ne veulent pas l’évolution.

    • Vous m’excuserez mais C’est trop plat comme raisonnement.

      1- Savez-vous combien de familles qui connaitront une descente aux enfers, tout simplement parce que leur seule activité rémunératrice de revenu est bafouée à l’air ?

      2- Savez-vous à combien coûte au minimum l’acquisition d’une place au niveau du nouveau marché de fruit : pas moins de 200 mille fcfa.

      3- Etes-vous sûr que tous les moyens de negociation ont été épuisés, à savoir s’il en a eu un.

      4- Tout ce que les médias diffusent, c’est nous faire comprendre que ce sont les femmes qui se refusent aux dialogues. Allez-y comprendre le fond du probleme.

      5- Certes, il est necessaire de bien organiser les choses mais à la bonne manière. La force que les autorités utilisent ici risque de se retourner contre eux, car à l’heure actuelle toute petite revolte devient grande revolution.

  • C’est vraiment dommage de constater la persistance du conflit entre nos sœurs et mères de leguema logo et les autorité administratives de Bobo. Je juge l’entêtement des femmes inutiles. Je pense que l’aménagement d’un site approprié pour le commerce de légumes est assez salutaire, car non seulement elle participe à l’aménagement de la ville de Bobo (ce qui améliore du même coup la sécurité à plusieurs niveaux), mais aussi dénote de la considération que les autorités place en cette activité ; donc nos sœurs devaient voir plutôt qu’elles sont d’abord les premières bénéficiaires de cette décision, et non se considérer comme victimes. L’entêtement ne profite à personne car il entraine des représailles à juste raison de qui de droit, qui n’acceptera pas que son autorité soit bafouée, comme ce qui est arrivé le dimanche. Il faudra poursuivre les négociations, et voir surtout si les conditions d’installation des femmes sur le site approprié sont à leur portée ; si non, essayer de les assouplir davantage, car même s’il est vrai que certaines y gagnent décemment leur vie, beaucoup aussi mènent une activité de survie. De toute évidence, l’installation des femmes dans un site approprié est l’idéal.

  • bonjour, vraiment je ne comprends pas l’attitude de nos autorités.Chaque jours on nous parle de lutte contre la pauvreté ,la pauvreté a un visage féminin etc.est ce qu’en raclant des légumes de ces femmes ,on lutte contre la pauvreté ? on dit que les négociations ont échouées.
    Les négociations n’ont pas échouées,ce sont les autorités qui ont arrêtées les négociations car il fallait prendre le temps qu’il faut et ramener ses femmes à la raison.Si les femmees ne veulent pas rejoindre le nouveau site ,c’est parce que c’est couteux et elles n’ont pas été impliqué dés le début des travaux.

    Un pays ne se gouverne pas comme une caserne militaire.Faisons attention car ce problème mal gérer peut créer des troubles sur le plan national.
    ces femmes sont nos mères,nos soeurs et ons compatriotes. Alors doucement avec elles.

    • - FRANCISLAROCHE, laisse l’anarchie régner chez toi dans ton villae si tu veux ! Mais pas à Bobo ! OK ? Alors la ferme.

      IL ne s’agit pas de genre ici. Il s’agit du respect de l’autorité !

      Et le genre non plus n’est pas une doctrine ! Ce n’est pas on plus la Bible ni le Coran. Alors laissez-nous respirer avec ce genre partout même au WC.

      Par Kôrô Yamyélé

    • Ha kôro yamyélé est là ??????????
      Bonne année koro !j’attend le prochain bureau du CDP pour vous contacter !

  • "amoindrir au maximum les dégâts",mon œil oui !
    combien de tonnes de légumes ont été balayées ?combien de tables, de para-soleil et je ne sais quoi sont ainsi partis ?
    non seulement ces pauvres femmes n’ont plus de marché, mais elles ont aussi été dépourvue de leur capital.
    Dieu seul sait combien ces grandes dames aidaient leur famille. Aujourd’hui elles pleurent, et c’est toutes ces familles qui sont jetées dans le désarrois le plus total.
    Ce problème aurait pu se résoudre autrement, pas de cette façon atroce, inhumaine et cruelle. Elles sont avant tout nos mamans.
    Que Dieu vous assiste mamans, il viendra sécher vos larmes.

    Peace

    • Ça me fait mal quand les gens parlent de ce qu’ils ne connaissent pas . vous penser que quoi ? elles ont perdu quel capital ? et par la faute de qui ? ces femmes sont des escrotes pour la plus part ! elles vont refuser de payer plutôt l’argent des pauvres paysans de 2009 a 2014 a cause du simple fait du deguerpissement . la réalité est qu’elles veulent plutôt se cacher derrière cet acte pour continuer de spolier les villageois sinon après Salia on verra bien ici ce qu’elles seront.

  • Évitez de meller la religion à cela. La majorité de ces femmes sont musulmanes. Arrêtez donc de vouloir opposer les musulmans à ces femmes.

  • Dès lors, les engins saisis sont directement conduits en fourrière et les légumes à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB)...!!!!!!!!!!!!!! Comment peut on conduire des légumes à la MACB ? Je suis pas journaliste mais je crois que la forme d’un article n’est pas à negliger. Merci.

    • j’ai fait la meme remarque. vraiment c’est terrible. des legumes CONDUITS à la fourrière. je savai que pas de gens considèrent les animaux coe des persoes, mais de la à enfermer des tomates, oignons et autre... au pire ils ont utilisé les légumes coe moyen de transport d’ou l’utilisation de "conduits" ?? maybe ! wait and see ! :-)

    • Reflechi un peu quand on te parle de legumes transferes a la MACB c’est pour la consommation des prisoniers

  • Dans cet article, les femmes maraîchères de Bobo sont considérées comme une espèce de nuisible, dont il faudrait se réjouir qu’elles aient pu être déguerpies.
    Il leur est aussi imputé, à mots couverts, l’échec des négociations, alors qu’il est prouvé que la mairie ne même s’est pas présenté au rdv qu’elle a elle-même fixé.

    Cet article ne dit rien quant aux violences faites à ces femmes, ni sur la commune française qui a financé le marché qui a été détruit, ni sur les intérêts personnels d’un groupe de personne liées à l’exploitation du nouveau marché.

    Ceci est-il digne ? Ou est l’intégrité légendaire du Burkina FASO ?

  • Ecoutez ! soyons wonête pour une fois. Quand même !!! pour qui connait la ville de Bobo et le marché dit "léguéma lôgô" comprendra qu’il était indispensable d’assainir les lieux. Connaissez vous les statistiques sur le nombre d’accidents qui surviennent sur cette voie ? si on les avait déguerpi sans leur trouver un site, je pouvais comprendre ! mais je ne saurai cautionner le désordre. Du courages mes gars, force doit rester à la loi. Le désordre n’a jamais arrangé quelque chose dans un pays.

  • Je ne sais pas pourquoi le maire Salia se dérange pour aider coute que coute ces femmes qui n’ont jusque la rien compris. Il faut qu’il laisse de coté la parenté qui les lie car je comprend bien que le bonheur de ces femmes est impossible et vouloir a tout prix les aider serai se créer d’avantage de incompréhension. On a qu’a attendre le prochain maire elles seront purement renvoyer a leur vraies place c’est à dire la cuisine. Elles n’aurons plus jamais une place dans un marché quelconque pour faire du désordre dans notre Sya

  • Salia ne récolte que ce qu’il a semé !!!
    Koussoubé avait voulu faire ce même nettoyage et le même Salia y a melé la politique. Quand il a été élu, il est passé dans ce même marché annoncer l’annulation de l’abandon de la place ; les femmes ont fait la fête et remercier le "bon" maire qui les a sauvé du mauvais maire !!!
    Qui sème le vent, récolte la tempête

  • Il faudra que vous dédommagez ces braves femmes là svp sinon ce sera la catastrophe. Dans une ville oû l’économie est à plat elles sont sur pied depuis le petit matin juste pour subvenir au besoin de leur famille parce que leurs maris sont soit compressés oû licenciés.
    Vous savez combien de ces femmes s’occupent de leur foyer ? ( popote,loyer,scolarité des enfants et même la pharmacie etc.)sans oublié les petits crédits qu’elles ont négocié auprès des differentes caisses populaires de la place comment vont elles les remboursé ?

  • Il faut que les gens admette courageusement qu’on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs. On ne peut pas reprocher aux autorités communales leur inactivité et leur reprocher de mettre l’ordre dans une ville.

  • Je pense que nous devons plutôt grevé contre les compagnies de téléphonies qui s’ associent pour nous arnaqué avec leur bonus.ils jouent sur les bonus pour nous avoir. Je me demande si c’est légal.

  • Salut à tous. Moi, je suis hors du pays. Je compatis à la douleur de ces femmes, qui se lèvent parfois à 4h du matin et rentrent parfois tard à la maison. Tout simplement sans ça, leurs familles ne peuvent pas nourrir ni achèter le moindre comprimé d’aspirine et inscrire leurs enfants à lécole. Toutes les places amenagées ne sont à la portée de ces femmes, disons-nous la vérité. Et regardez, les taxes payées sont utilisées pour enrichir les poches de nos dirrigeants. Elles ont raison. Nous les encourageons à lutter. Seule la lutte paie.

  • mr le maire une fois de plus mes félicitations pour construire il faut détruire vous avez tout notre soutient nous avons suivi cette affaire de bout en bout vous avez fait se que vous dévriez faire ca depasse pas ca

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