Palais de justice : Quand du haricot et du sésame divisent des sœurs

vendredi 27 janvier 2012 à 01h41min

La troisième audience a été la bonne. Nathalie, mère de trois enfants, traduite en justice par son beau-frère (le mari de sa petite sœur) comparaissait pour la troisième fois devant les juges le mardi 23 janvier 2012. Nathalie n’écoutait ni les juges ni les procureurs, encore moins son beau-frère. Elle ripostait à toute intervention. En effet, cette histoire d’abus de confiance entre Nathalie, sa petite sœur et son « beau » remonte au 9 septembre 2011. Mahamadi (le beau) avait remis une somme de 200 000 FCFA aux deux bonnes dames pour l’achat du sésame et du haricot qui devaient être entreposés dans un magasin pour les revendre au moment où les prix seront plus élevés. Elles avaient pour cela, choisi le magasin du grand-frère du mari de Nathalie.

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Des mois sont passés et aucun client pour l’achat de haricot ni de sésame. Paradoxe, les sacs diminuaient progressivement dans le magasin. Un jour du mois de septembre, Mahamadi est parti pour prendre les sacs parce qu’il avait eu un client. Mais il n’en verra aucun. Nathalie dira qu’elle en a enlevé 5 pour les livrer à un Malien. Le reste, elle n’en a aucune idée et ne sait où les retrouver. Pourtant, son beau-frère (le grand frère du mari de Nathalie) dit avoir, à plusieurs fois, attiré l’attention des propriétaires de la disparition des sacs dans le magasin. Nathalie faisait fi de tout ce que raconte son beau-frère. Raison pour laquelle, Mahamadi a décidé de porter plainte contre elle.

« J’ai suivi les conseils des fétiches »

A la première audition à la police, Nathalie n’a pas reconnu son acte. Elle ne le reconnaîtra qu’à la seconde. Mais, elle va se justifier par le fait que ce sont les fétiches qui lui ont recommandé de dire qui est elle la responsable. « Ma petite sœur m’a conduit chez un féticheur. Ce dernier m’a demandé de reconnaître mon acte une fois à la police. Chose que j’ai faite. Parce que j’ai vendu 5 sacs à un Malien, 3 à une Ivoirienne et 2 autres à un Burkinabé », a-t-elle déclaré à la police. A la barre, elle dit tout le contraire et ne reconnaît rien. Avant d’ajouter : « Si je ne meurs pas d’ici 2013, je vais rembourser ce que j’ai enlevé ». Un témoin présent à l’audience a bien confirmé qu’elle lui a vendu des sacs de sésame. Furieuse et sanglotant, elle menaçait de mort sa petite sœur et son mari. « A cause de vous, mon mari m’a chassée, j’ai perdu mon travail. Je me vengerai, soyez-en sûrs », a-t-elle déclaré devant les juges. Les victimes (Mahamadi et son épouse) se sont constituées partie civile en réclamant la somme de 1 650 000 FCFA, la valeur en espèces des 35 sacs de sésame et de haricot dissipés.

Le procureur dans son réquisitoire, a estimé que la prévenue est coupable des faits d’abus de confiance à elle reprochés. Pour cela, il a demandé une peine exemplaire contre Nathalie qui n’a cessé de troubler l’audience de par son mauvais comportement. Le tribunal après avoir reçu la constitution de la partie civile a condamné Nathalie à 12 mois de prison ferme.


Trois mois fermes pour recel

Boureima, père de deux enfants, a écopé d’une peine de trois mois de prison ferme pour recel de barres de fer. Mais, il n’était pas comparant ce mardi 22 janvier 2012. Interpelé le 10 août 2011, il reconnaissait qu’il recevait d’une tierce personne des barres de fer d’une société de la place. Boureima les revendait à vil prix à raison de 15 000 FCFA la barre, au lieu de 75 000 FCFA, le prix réel sur le marché. De par ces manœuvres frauduleuses, il en a reçu 15, a pu vendre 8, mais selon lui, il n’est pas entré en possession des sous. La société victime avait pour conseil, Maître Nacro, qui a réclamé 1 million de FCFA pour les préjudices subis et 500 000 FCFA pour les dommages et intérêts, assortis d’une exécution provisoire.

Le prévenu bien qu’il ne soit pas comparant, a reconnu son forfait. Et le parquet de conclure que l’infraction est constituée. « C’est un délinquant primaire, mais son acte s’avère grave, d’où la peine de trois mois d’incarcération et une amende de 100 000 FCFA », a requis le procureur. Le tribunal après avoir reçu la constitution de partie civile et après l’avoir reconnue partiellement fondée, a condamné le prévenu à trois mois de prison ferme. Il doit en plus payer 1 million de FCFA.

Rassemblés par Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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