La gastronomie burkinabè à l’honneur

vendredi 20 janvier 2012 à 13h55min

« Le ministre de la Promotion de la femme a fait au conseil des ministres une communication relative à l’organisation de la Semaine nationale des arts culinaires du 23 au 29 janvier 2012 sur le thème : Identité culturelle et valorisation de la cuisine nationale ». L’organisation de cette manifestation annoncée lors du conseil des ministres du 18 janvier va, à l’évidence, conforter la première place de Ouagadougou comme ville culturelle africaine, une distinction qui lui avait été décernée en novembre 2009 par l’Observatoire des politiques culturelles en Afrique (OCPA), un organisme reconnu par l’Unesco et l’Union africaine.

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Après le Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou (Fespco), la Semaine nationale de la culture (SNC), le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), voici donc la Semaine nationale des arts culinaires (SNAC) ! Organisée par le Centre de recherche et d’intervention en genre et développement (CRIGED), le Service d’appui canadien aux organisations de la société civile (SACO), le ministère de la promotion de la femme (MPF), et placée sous la présidence d’honneur de l’épouse du président, Chantal Compaoré, la première édition promet de transformer le site du SIAO en « village des saveurs », avec la présentation de plats nationaux et étrangers à déguster : produits de chasse, fruits de mer et d’eau douce, grillades, fritures, boissons modernes et traditionnelles, etc.

Avec ce slogan choc Mangeons bien, mangeons sain et consommons burkinabè !, la SNAC parviendra t-elle sur la durée, à réconcilier de nombreux Burkinabè, principalement les citadins, avec leur patrimoine culinaire ? A leur faire (re)découvrir les goûts de mets ancestraux qu’ils ont abandonnés au profit de plats étrangers, dont la consommation est perçue comme un indicateur de réussite sociale et d’aisance matérielle ? A tort ou à raison, il n’est pas rare de rencontrer des Burkinabè affichant peu d’intérêts, voire du mépris pour les plats nationaux, et l’absence d’une politique de promotion de la cuisine locale et la non valorisation du métier de restaurateur n’arrangent pas les choses. « Nous visons un triple objectif, explique un des organisateurs : valoriser la diversité et la richesse culinaire du Burkina, amener les Burkinabè à manger sainement en vue de leur bien-être et contribuer à l’innovation, à la qualité et la présentation des aliments locaux ».

Certes, de plus en plus d’hommes exercent dans la restauration, mais ce secteur d’activité demeure pour l’instant l’affaire des femmes, survivance d’une division phallocratique du travail héritée de l’histoire. Dans les ménages, le savoir et le savoir-faire culinaire se transmettent de génération en génération, de mère à fille sans que le souci d’apporter des innovations pour satisfaire les goûts de consommateurs mondialisés soit suffisamment pris en compte. Résultat, en dehors du « poulet télévisé », l’étranger ou le citadin qui veut déjeuner ou diner n’a d’autre choix que se rabattre sur les restaurants qui font la promotion de la cuisine d’autres pays. C’est ainsi que le business de la restauration au Burkina est entre les mains de Sénégalais, Ivoiriens, Libanais, Français, Indiens, Marocains ! A quand des restaurants de bon standing où sont proposés des plats emblématiques de la soixantaine de groupes ethniques burkinabè ? De source ministérielle, l’ambition de la SNAC est de « fédérer les nombreuses initiatives destinées à la promotion de l’agro-alimentaire pour en faire un évènement de grande envergure internationale ».

Le programme de la première édition de ce rendez-vous gastronomique comporte deux parties : la première, du 23 au 25 janvier est consacrée à des débats sur l’art culinaire, des rencontres entre associations d’hôteliers et restaurateurs. La seconde, à partir du 26 janvier, début des expositions-ventes et dégustations, une remise de spatules d’or et le lancement d’un site Internet dédié à la cuisine burkinabè.

Joachim Vokouma, Lefaso.net

Contacts utiles : CRIGED, Tel : 50 33 17 19 ; 78 82 90 68 ; 70 16 37 79

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Vos commentaires

  • Le 20 janvier 2012 à 14:58, par Auguste
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    La photo me fait rire. S’il faut être traditionnel, il faut l’être jusqu’au bout. Depuis quand on mange du tôt avec fourchette et couteau ? Sabarisa

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  • Le 20 janvier 2012 à 16:32, par komba
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    Bien dit auguste. Très curieux le tô avec fourchette et couteau. Il faut quand même mettre la forme. je crois que les Chinois mangent avec des batonnets.
    CCourage tout de même, c’est un début

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  • Le 20 janvier 2012 à 16:51, par alerte
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    article commandé, c’est bien, continuez comme ça, vous êtes vraiment jourlistes, du MPF ; pardon, du CRIGED. ça ne donne aucun appétit, tout ça

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  • Le 20 janvier 2012 à 17:28, par Nidale
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    J’ai mangé du to ce midi avec fourchette et couteau. Je trouve cela plus pratique, plus hygiénique (avec notre habitude culturelle de se saluer en se serrant les mains). C’est ce qu’on appelle jonction de la tradition et de la modernité, savoir garder ce qu’il ya de bon chez soit et renforcer avec ce qu’il y a de bon dans les autres cultures.
    Bon appétit

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    • Le 20 janvier 2012 à 18:13
      En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

      Arrêtez de râler et de critiquer sans fin ; quand il y a de bonnes initiatives, il faut encourager ; qui n’est pas d’accord qu’on valorise les mets burkinabè ? Qui n’est pas d’accord qu’on néglige nos plats au profit d’autres venus d’ailleurs ? Pour une fois qu’on organise quelque chose pour inciter les gens à consommer nos productions, on trouve encore quelque chose à redire ! que voulez-vous à la fin ?

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    • Le 20 janvier 2012 à 18:18
      En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

      Arrêtez de râler et de critiquer sans fin ; quand il y a de bonnes initiatives, il faut encourager ; qui n’est pas d’accord qu’on valorise les mets burkinabè ? Qui n’est pas d’accord qu’on néglige nos plats au profit d’autres venus d’ailleurs ? Pour une fois qu’on organise quelque chose pour inciter les gens à consommer nos productions, on trouve encore quelque chose à redire ! que voulez-vous à la fin ?

      Répondre à ce message

    • Le 20 janvier 2012 à 18:19, par Finfo
      En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

      Aucun peuple ne peut vivre de nos jours dans l’autarcie ! Il faut s’ouvrir au reste du monde mais savoir aussi conserver ce qui fait l’essence même de notre identité ! Ce plat est assez expressif ; observer-le avec un oeil artistique...c’est un dialogue culturel qu’il nous ait donner de voir !

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  • Le 22 janvier 2012 à 13:14
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    L’organisation d’une semaine de la gastronomie burkinabè est une bonne initiative. Je ne connais pas le contour d’une telle manifestation, mais j’ai quelques idées que je souhaite partager avec les promoteurs de cette semaine nationale de la gastronomie burkinabè :
    - la difficulté à inscrire des mets burkinabè dans les grands restaurants, me semble-t-il, tient entre autres au fait qu’ils sont difficiles à conserver ;
    - les mets ne sont pas documentés (description de leur préparation , durée de cuisson, types & quantité de produits à utiliser, comment & quand les manger et avec quels accompagnements (boisson ou légume, etc.)
    - il y a donc une nécessité à :
    i) travailler sur les saveurs,
    ii) chercher de s’approcher des normes mondialement partagées ;
    iii) améliorer la présentation,
    iv) inscrire les mets dans les programmes de formation des écoles de l’hostellerie et du tourisme, etc.
    v) encourager la gastronomie burkinabè en sensibilisant les populations à manger burkinabè. Cela pourrait se faire par exemple l’institution de concours d’innovation au niveau des jeunes cuisiniers en formation, etc.
    Le coût plus élevé de la cuisine burkinabè en famille en comparaison au plat de riz ou de pâtes alimentaires et le temps de préparation (enlever le son au mortier ou au moulin, moudre les grains, avant de commencer la cuisson proprement dite), par exemple un bon tô avec une bonne sauce ne militent pas en la faveur des mets burkinabè à cause des contraintes de la vie en ville. Il faut pousser la recherche à se pencher sur des aspects comme:le conditionnement, la diversification des produits (par exemple différents niveaux de mouture des céréales pour différents usages ou de produits pré-cuits dont la cuisson ne demande pas beaucoup de temps et d’énergie, etc.). Un gros effort est à faire dans ce domaine. Peut-être, à l’instar du SIAO, de la SNC, du FESPACO, etc. des rencontres parallèles seront prévues pour que des spécialistes se penchent sur les différentes entraves au développement de la gastronomie burkinabè.
    Il ne faut pas négliger le volet promotionnel . Bien sûr que la cuisine burkinabè a besoin de promotions. Quand on va par exemple en Éthiopie, nos hôtes sont bien heureux et fiers de nous inviter dans des restaurants traditionnels. Il faut peut-être aussi cultiver cette fierté de manger burkinabè. L’implication de la 1ère dame pourra peut-être faire changer les choses ! Gageons qu’il en sera ainsi !!

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  • Le 23 janvier 2012 à 10:09, par yoko
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    De grâce !la photo ne reflète aucunement notre gastronomie. Aussi cette sauce gombo déversée sur ce tô mal présenté inspire +tôt le dégoût.
    SVP attelez vous à + de professionalisme quand vous vendez mon pays.

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  • Le 23 janvier 2012 à 11:04
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    Le Centre de recherche et d’intervention en genre et développement (CRIGED) n’est-il pas la structure de la Ministre de la Promotion de la Femme ? Si Oui, alors il se pose un certain nombre de questions. Parmi celles-ci une essentielle : N’y a-t-il pas amalgame ou abus quelque part ? du 23 au 29 janvier, …
    Donc, ainsi, un jour le Tocsin organisera une activité pendant 2 semaines avec colonies de vacances fortement soutenu par le Ministère des Enseignements secondaires et supérieurs !
    Si le CRIGED n’est pas la structure de Mme la Ministre, mes propos sont sans objet.

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    • Le 23 janvier 2012 à 21:00
      En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

      Où est le problème dans tout ça ? Si le Tocsin organise une manif parrainée par le ministère de l’enseignement supérieur et que ça va dans le sens de renforcer les connaissances, où est le problème ?

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    • Le 23 janvier 2012 à 22:01, par Sidpawalemdé
      En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

      C’est possible, j’ai félicité l’initiative, mais je n’ai pas vu que c’est possible qu’il y ait de dessous de table.
      Si des finances publiques sont investies, alors il y a lieu de voir plus clair au délà de la bonne initiative (quelle cantine ????)

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  • Le 23 janvier 2012 à 22:49, par adiel
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    ce plat est très mal présenté et ça me fait honte ; On aurait pu trouver une meilleure présentation.

    Répondre à ce message

  • Le 23 janvier 2012 à 23:01, par adiel
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    ce plat est très mal présenté et ça me fait honte ; On aurait pu trouver une meilleure présentation.

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier 2012 à 14:12, par Bako
    En réponse à : La gastronomie burkinabè à l’honneur

    Belle initiative que la SNAC, mais qui sent du "pourri en dessous" car la structure organisatrice serait celle de
    Mme le Ministre de la Promotion de le Femme (ceux qui le disent disposeraient de plus de détails
    qu’ils pourraient donner) !! Il y a donc problème de conflit d’intérêt et il ne faut pas encourager de telle
    pratique. AINSI NAISSENT LES AFFAIRES, AINSI SE CONSTITUENT PETIT A PETIT LES CANTINES !! On ne dit pas
    aux autorités de tuer toutes leurs initiatives personnelles parce qu’elles entrent au Gouvernement, mais il
    faut de la mesure, de la retenue pour l’exploitation des opportunités offertes par un poste de
    responsabilité (Aller jusqu’en conseil des ministres !!!). Je croyais ce temps révolu au Burkina Faso depuis
    2011 !!!

    Répondre à ce message

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