SN SOSUCO : 6 000 tonnes de sucre invendus

vendredi 20 janvier 2012

En plus de la crise sociale qu’elle traine depuis mai 2011, la SN SOSUCO doit désormais faire face à une situation de mévente. A peine deux mois après le démarrage de la campagne de production de sucre, l’entreprise est presque engorgée par plus de 6 000 tonnes de sucre en stock. En temps ordinaire, ce stock varie entre 600 à 800 tonnes. Le magasin central de la section ensachage qui abrite le gros des stocks est quasiment plein. Le visage ferme, Moctar Koné, adjoint au directeur général lâche sans coup férir  : « La troisième pyramide est déjà en mise en place ».

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Très amer, il se rappelle 2007 où la SN SOSUCO avait dû faire face à une mévente record de 17 ?000 tonnes. On s’en souvient, l’entreprise avait été obligée de louer des magasins à Banfora et même à Bobo-Dioulasso pour stocker sa production. Face à la gravité de la situation, indique le DGA, le gouvernement a dû intervenir à l’époque, en prenant un certain nombre de décisions, limitant l’importation du sucre et, dans le même ordre, en créant l’Observatoire national du sucre. Parallèlement, l’entreprise n’est pas restée les bras croisés et a procédé à une organisation de ses clients grossistes pour, a-t-on dit du côté du complexe sucrier, mieux affronter les fraudeurs. Le sucre importé et celui de la SN SOSUCO vont se côtoyer sur le marché sans heurt.

Mais cette sorte de modus vivendi ne va durer que quatre ans. Comment se fait-il que l’entreprise soit confrontée à une nouvelle crise de mévente ? Sans tergiverser, Moctar Koné pointe du doigt certains importateurs de sucre, sans cependant les citer. Il les accuse en effet, d’inonder le marché avec du sucre de qualité douteuse ou entré frauduleusement sur le marché national. Ce sucre vendu en granulé à 500 FCFA est impensable pour lui. Séance tenante, le DGA se tourne vers son ordinateur, consulte le cours mondial du sucre et lâche : « Quelqu’un qui a payé normalement ses taxes ne peut que vendre son sucre entre 580 et 600FCFA, le kilo ».

Ce, d’autant qu’à la date du 17 janvier ajoute-t-il, le cours mondial de la tonne de sucre était livré à 625 dollars contre 650 à 700 dollars en novembre 2011. Toutefois, la direction de l’entreprise garde l’espoir que la visite annoncée du Premier ministre en mi février soit salvatrice. A défaut, prévient Moctar Koné, la SN SOSUCO court vers une cessation de paiement aux conséquences incalculables.

Frédéric OUEDRAOGO

Sidwaya

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Messages

  • il faut distrubuer vos 6000 tonnes de sucre invendus aux pauvres qui n’arrivent pas à s’offrir meme pas un seul paquet de sucre dans le mois.
    j’aurai aimé un tel excédent pour les céréales dans ce pays

  • Et pourquoi le paquet de sucre est toujours aussi cher à la boutique ?

  • Comment comprendre et expliquer qu’aux mois de Ramadam le prix du sucre grimpe ?

  • Ce ne sont pas les mèmes qui nous vendaient le sucre cher lors du ramadan, qu’ils assument

  • Je ne suis pas un spécialiste du commerce mondial. Je pense que le pays ne doit importer que la quantité de sucre complémentaire dont il a besoin. l’importation devrait dans une certaine mesure subventionner la production locale. Il y a aussi la possibilité d’imposer des normes de qualité au sucre importé. Je ne connais pas les coûts de production du sucre à la SOSUCO. Peut-être est-il possible de les baisser en utilisant des technologies plus avancées tant au niveau des champs que dans l’usine afin que la SOSUCO soit compétitive. On criera halte aux pertes d’emplois !!! Il faut choisir. Tout choix est douloureux. Ne rien faire c’est la catastrophe pour tous ! Sauver la SOSUCO, forcément il y aura des emplois à perdre. mais cela peut être organisé pour ne pas déflatter du personnel.
    PS : C’est l’avis de quelqu’un qui est totalement ignorant des règles du commerce mondial. C’est tout simplement une contribution qui vient du cœur !!

    • On ne peut parler de mévente de sucre au Burkina, lorsque le carton de sucre se négocie à 900FCFA sur la place du marché.Pendant le mois de ramadan, ce sont les mêmes qui se sont tus en nous livrons aux commerçants vereux. Qu’ils assument leur responsabilité et gare à eux s’ils s’hasardent à parler de compression du personnel.

  • Arretez de tergiverser inutilement et voyez les choses telles qu’elles sont.
    Vous voulez quoi ? La population est pauvre et vous voulez continuer a vous sucrer sur elle. Vous vendez le Kg de sucre a 1000 frs. Donc pour 6000 tonnes vous attendez 6 milliards de frs. Vendez le kg a 750 frs. vous aurez 4,5 milliards. En ce moment tout le monde gagne. Le cours mondial du sucre est meme tres parlant. 625 $ la tonne. Si 0n prend 500frs cfa pour 1 $ (ce qui arrive rarement de nos jours car 1$vaut environ 400frs) on se retrouve avec 312,5 frs cfa le kg. Et vous, vous le multipliez par 3. Vous voyez a quel point vous vous sucrez sur nous ! Vous etes combien d’actionnaires a la SN-SOSUCO contre 15 millions de Burkinabes ?
    Vivement que la venue du 1er ministre remette la population dans son droit.

  • @leregard bonjour,

    le responsable de la SOSUCO ne met pas en question, la libéralisation du marché du sucre, mais plutôt la concurrence déloyale...(avantages tirés du fisc et des services douaniers).

  • ce qui arrive à cette société illustre le manque d’une politique industrielle claire, lisible, résolument tournée vers le développement économique du Burkina ; on a signé les accords de l’OMC, donc on ne peut pas interdire l’importation de sucre étranger ; mais on peut mettre en place un dispositif incitant à la consommation du sucre burkinabè ; ça se fait dans tous les pays, y compris aux USA, pays du libéralisme par excellence ! Il n’y a pas longtemps, Air France voulait acheter des Boeings mais des députés l’ont sommée d’acheter des Airbus. Pourquoi on ne protégerait pas notre industrie aussi ?

  • C’est dommage par lâcheté de la part de nos gouvernant qui ne savent pas désobéir un temps soit peu à l’OMC nous risquons de voir cette usine mettre la clef sous la porte au profit du sucre importé de France. Comment comprendre qu’on produisent assez de sucre ici et que notre marché soit inondé de sucre importé. A ce rythme nous resterons d’éternel producteurs de matière première et le développement ne sera qu’un mirage.

    • N’accusez pas l’OMC. Quand on a affaire à des dirigeants incompétents et sans vision stratégique pour le développement, rien à faire. Sinon l’OMC n’a jamais interdit aucun pays (encore moins les pays en développement) de défendre leurs industries nationales.

    • Je réponds au "Le Burkinabè". Si tu es vraiment un Burkinabè et que tu fais parti de la frange la plus grande et pauvre du Faso, tu comprendras que les premiers responsables de ce chaos sont la direction de SN-SOSSUCO. Avec le cours du sucre, le consommateur devrait être satisfait avec des prix bas sur notre sol. Nous produisons et toujours nos prix sont plus élevés que ceux importés. je suis contre le commerce illégal mais je suis frustré de voir que des gens mangent dans notre dos. Sauver des emplois, certes mais penser à réduire les coûts est la meilleure chose salutaire. Arrêtons de raler, quand ils se remplissent les poches, rien ne sort, dès que la concurrence arrive, voici les dégâts. Pauvre Faso.

  • vous savez les gards,on parle de la fraude ici qui ne tue pas que la sn-sosuco,il s’agit la de toute l’economie du pays !la sn-sosuco aujord’hui n’a rien à craindre de la vraie concurrence,je ne parle pas de celle deloyale pratiquer par quelque predateurs que nous connaissons tous. vous parlez du nombre d’actionnaire de la sn-sosuco ? eux ils ont le merite d’employer un millier de personnes,et les fraudeurs eux,a peine s’ils ont deux cousins qui travaillent avec eux.ils sont sans foie ni loi et sont pret a donner des cantines d’argent pour leur seul bonheur ! il est temps que travaillons sincerement a laisser tomber ces mentalites.

  • Moi je ne connais pas ça, sucre ? Non par ce que ça fait au moins un an je n’ai pas vu le moidre carreau dans ma maison.
    Je ne peux pas me donner le luxe de payer un paquet de sucre à 900 FCFA et our combien de jours ?
    Je félicite tous ceux et toutes celles qui ont fait comme moi. Voilà le résultat de notre combat, ils vont comprendre.
    Il en est de même pour les autres secteurs qui pillent notre vaillant peuple, que nous refusons sans parler, ils ont voir clair.
    Je consomme mon miel brut que mon vieux m’envoie chaque mois du village donc si le DG de la SN SOSUCO et les actionnaires veullent, ils n’ont qu’à bruler ou jetter leur sucre, moi je n’en veux pas.
    A trop vouloir piller le peuple on finit toujours par perdre.

  • Prenez ce sucre et brûler. Ça vous regarde. Si un sucre étranger quitte à des milliers de km et arrive à vous causer des meventes, que vous fermiez et foutre le camp. À malin, malin et demi, dans le jeûn vous aviez tout fait pour saboter ce mois voilà que vous êtes maintenant entre deux murs.

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