TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE OUAGADOUGOU : Ils tuent 17 vautours et écopent de 18 mois de prison

jeudi 19 janvier 2012 à 01h02min

A l’audience du 18 janvier 2012 au Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagdougou, les juges avaient à trancher sur l’affaire du trafic de specimens intégralement protégés. Le ministère de l’Environnement et du développement durable (MEDD), qui s’est constitué partie civile au procès, s’est fait représenter par le directeur des affaires juridiques et du contentieux, Antoine Kaboré et un spécialiste de la faune, l’inspecteur des eaux et forêts, Djakaridia Traoré. Les trois prévenus ont été jugés coupales d’abattage et de détention de vautours puis condamnés à des peines d’emprisonnement.

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Ils étaient trois prévernus à la barre au Tribunal de grande instance de Ouagadougou, le 18 janvier 2012 pour répondre des chefs d’accusation d’abattage et de détention d’espèces d’oiseaux intégralement protégées. Ce sont, Tindano Amadou, âgé de 22 ans, Kaboré Idrissa, 33 ans et dame Olutayo Kuduratou, âgée de 62 ans et de nationalité nigériane. Devant le juge, les prévenus ont reconnu avoir abattu, vendu et détenu des vautours ou charognards, une espèce d’oiseaux intégralement protégée. Selon l’inspecteur des eaux et forêts, le Colonel Djakaridia Traoré, l’affaire a éclaté le 11 décembre 2011, date à laquelle les services des eaux et forêts ont été informés qu’une patrouille de la Brigade anti-criminalité (BAC) de la police nationale a trouvé des vautours dans une concession.

Toujours selon Djakaridia Traoré, le déplacement des agents forestiers a permis de voir entreposés dans une cour, des sacs contenant des vautours morts et ensachés. Interpellé, le propriétaire de la cour fait savoir qu’une dame en est propriétaire et qu’il s’y trouverait des peaux. Il n’avait pas été informé par dame Olutayo Kuduratou qu’il s’agissait de vautours. Interpellée à son tour, Olutayo Kuduratou reconnaît être la propriétaire des sacs. Le décompte fait ressortir 71 vautours entiers et trois têtes. Suite aux différents interrogatoires, il ressortira que Amadou Tindano était chargé, selon les instructions de Idrissa Kaboré, employé de commerce, de trouver les vautours commandés par Olutayo Kuduratou.

Amadou Tindano s’est exécuté et a trouvé les vautours pour Idrissa Kaboré. Ce dernier les a ensuite transmis à Olutayo Kuduratou qui se préparait à les envoyer au Nigeria, son pays d’origine. A la question de savoir la destination finale des vautours, Olutayo Kuduratou est restée muette, se fondant en excuses puis avoue qu’elle ignorait l’interdiction.

Un vautour vaut 50 000 F CFA dans la sous- région

Le juge a voulu également en savoir plus sur le prix des vautours abattus. Les prévenus répondront que l’unité coûte 7 500 F CFA. Ce qui donne la somme d’environ 540 000 F CFA reçue par Tindano Amadou et Kaboré Idrissa. Mais, à en croire le directeur des affaires juridiques et du contentieux, Antoine Kaboré, les vautours se vendent entre 50 000 et 75 000 F CFA l’unité, d’où l’ampleur du phénomène d’abattage au Burkina. Le Procureur du Faso, dans son réquisitoire se basant sur les conventions internationales ratifiées par le Burkina et la réglementation nationale, a requis des peines d’emprisonnement de 36 mois avec une amende de 5 millions de F CFA pour chacun. Mais en définitive, le juge a retenu pour Olutayo Kuduratou et Kaboré Idrissa, la peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis et de 3 mois avec une amende de 200 000 F CFA pour Tindano Amadou.

Ils sont également condamnés solidairement à verser au Trésor public la somme de 3 millions 550 000 F CFA. Le directeur des affaires juridiques et du contentieux, Antoine Kaboré s’est dit satisfait du verdict et souhaite que cette condamnation serve d’exemple pour tous ceux qui seraient tentés de s’engager dans un tel commerce. Leur attente au ministère, est de voir condamnés tous ceux qui portent atteinte à l’environnement de façon générale et spécifiquement aux charognards qui, de nos jours, sont menacés. Le colonel Djakaridia Traoré a, au cours de l’audience, expliqué le rôle écologique de cette espèce. "Le charognard est au-dessus de la chaîne alimentaire, est spécialisé dans l’alimentation par la charogne et, de ce fait, évite la propagation de la maladie et ne nuit nullement à l’homme. Il nous protège et il faut nécessairement protéger l’espèce", a fait comprendre le spécialiste de la faune.

Aimé NABALOUM

Le Pays

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