Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

mercredi 18 janvier 2012 à 01h42min

Moins d’une semaine après les émeutes qui ont éclaté dans la commune rurale de Boussouma, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la sécurité (MATDS), Jérôme Bougouma et le chef d’état-major particulier de la présidence, Gilbert Diendieré, se sont rendus dans la province du Sanmatenga, le 17 janvier 2012. Il s’est agi d’encourager les élus locaux et de les inviter à se mettre au service des populations.

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La tension qui couvait dans la commune rurale de Boussouma a fini par dégénérer en une fronde sociale la semaine dernière. A Pissila également, la situation est inquiétante. L’adjoint au maire, Harouna Ouédraogo, a fait comprendre que l’atmosphère est surchauffée. C’est pour éviter l’escalade de la violence que le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la sécurité (MATDS), Jérôme Bougouma et le chef d’état-major particulier de la présidence, Gilbert Diendieré, ont rencontré les élus locaux à Kaya et le Dima de Boussouma, Naaba Sonré, dans son fief, le 17 janvier 2012. Le ministre a invité ses interlocuteurs à renouer le fil du dialogue.

Il a souligné qu’il est de la responsabilité des acteurs politiques de se retrouver, se parler pour le développement de leur commune. En sus, le ministre Bougouma a invité les élus locaux à mettre en place des cadres de concertation afin que les populations puissent être informées des activités des conseils municipaux. Ce faisant, il a indiqué que les sessions de la mairie de Boussouma pourraient être délocalisées pour permettre aux conseillers de travailler. A entendre le maire de ladite commune, Issaka Isidore Ouédraogo, ils sont traumatisés. Même s’il n’est pas disposé à raconter toute l’histoire, il a fini par dire que les faits remontent à 1991. Il a expliqué que des notables sont rentrés dans les villages pour demander aux habitants de boycotter les convocations du conseil municipal.

Or, ces derniers ne se reconnaissent, ni de près ni de loin, dans la flambée des violences. Le 3e ministre du Dima de Boussouma (le Watinoma Baloum Naaba) a déclaré que c’est parce que l’intéressé est opposant qu’on l’accuse. Selon lui, le différend entre les deux hommes est parti de la disparition de vivres dans des écoles. Et les chefs coutumiers ont dû passer par l’ex-préfet, Placide Simporé, pour demander au maire d’écouter les manifestants. Il a ajouté que Issaka Ouédraogo a feint l’indifférence. Cependant, il a avancé qu’il ne comprend pas que la politique soit sur le point de diviser ces deux personnalités de la même famille. Le souhait du Dima, c’est que le dialogue prenne le pas. Il a souhaité que le gouvernement les accompagne.

Même son de cloche chez le bourgmestre de la localité qui a fait savoir qu’il a déjà pardonné les jeunes qui ont attaqué et incendié son domicile : « ce sont mes enfants », a-t-il affirmé. Le ministre Bougouma a révélé qu’une mission d’inspection a établi un rapport sur la gestion du maire de Boussouma. A l’en croire, il n’y a pas matière à révoquer l’édile :« on ne peut pas le renverser d’autant qu’il n’a pas commis de faute ». Partant de ces faits, il a confié que des procédures judiciaires seront ouvertes pour situer les responsabilités des hommes et des femmes qui ont pris part au mouvement de contestation qui a fait des blessés dans les rangs des militaires commis au maintien de l’ordre et de la sécurité à Boussouma, du 11 au 13 janvier dernier. Au nom de la hiérarchie militaire, le général Diendieré a salué le professionnalisme des agents qui ont su se retirer sans céder à la provocation des protestataires. Il a encouragé l’ensemble de la troupe et particulièrement les huit blessés. Puis, il les a rassurés du soutien des autorités.

Adama BAYALA (badam1021@yahoo.fr)

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 18 janvier 2012 à 02:08
    En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

    Le feu couve un peu partout dans ce pays et c’est pas à Boussouma seulement parcequ’il faut se dire la vérité,tout le monde court derrière toute parcelle de pouvoir pour se gaver et non pour le mieux être de ses administrés sinon pourquoi presque partout il y a des problèmes en tout genre ?

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  • Le 18 janvier 2012 à 08:54
    En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

    ça n’arrive pas qu’aux autres. Lorsque la fronde contre le maire de Pouytenga s’était jour, je disais l’urgence d’amener les administrés à recourir aux modes de résolutions de conflits et à éviter surtout la manipulation. Tant qu’un maire n’est pas soupçonné ou convaincu de mauvaise gestion, je ne vois pas pourquoi on comploterait pour le destituer. Et voilà que ça se répand. Il est aussi urgent de publier les rapports d’inspection sur la gestion des édiles contestés pour que leurs administrés sachent ce qu’il en est en réalité pour faire taire les intoxications. L’apprentissage de la décentralisation est douloureuse !

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    • Le 18 janvier 2012 à 17:01, par Balaoumôgô
      En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

      Chers lecteurs est-ce dire que c’est la destiné du noir et precisement de l’africain la souffrance ? Sinon comment peut-on comprendre que deux frères de sang ne se disent même pas bjrs a cauuse de la politique. Vraiment une pure machination. Je dirai tout simplement que le soit maire est tout simplement issu du parti au pouvoir qu’il s’accroche tant sinon on ne peut pas l’accuser s’il n’y est pour rien. Il est si egoiste et irreflechi pour un elu local d’être contesté par sa population de fermer oeil et oreilles. Comprenez que chez nous africains c’est d’abord la tradition. Donc un maire n’a pas a tenir tête contre un chef traditionnel et sa population laquelle qui t’a elu

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  • Le 18 janvier 2012 à 12:56, par Kabakoden
    En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

    Gravissimes et irresponsables actes. Je propose que par le processus et les procédures appropriés, on introduise dans le Code général des collectivités territoriales et dans tous les autres textes y affairant, des sanctions contre les populations qui ne n’useraient pas des mécanismes pacifiques prévus de résolution des différends au sein des conseils municipaux et qui se rendraient coupables d’actes graves qui menaceraient la paix et la cohésion sociale.
    Ces sanctions pourraient consister en la suspension du « Titre » de Commune.
    La durée de la suspension pourrait être graduelle en fonction des la gravité des actes posés par les populations. Pendant la suspension, la délivrance des documents administratifs essentiels sera effectuée par la Commune la plus proche. Par contre, durant la suspension, aucun projet d’investissement n’y sera conduit et elle ne recevra aucune subvention de l’Etat ni de donateur extérieur.
    Ces sanctions devraient contribuer à diminuer les ardeurs belliqueuses et incendiaires des populations et de leurs parrains politiciens lépreux incapables de traire la vache mais très habiles à reverser la calebasse de lait.

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  • Le 18 janvier 2012 à 14:12, par Alliendé
    En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

    Pompiers après l’incendie, il fallait s’y attendre. Car il semble que Boussouma est une localité où le Chef coutumier et député de l’opposition et le Maire CDP qui est également frère ainé de Kadré Désiré Ouédraogo ne se disent presque pas bonjour depuis bien longtemps.

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  • Le 18 janvier 2012 à 17:16, par le gbè
    En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

    « des sanctions contre les populations qui ne n’useraient pas des mécanismes pacifiques ».la double négation. Nous serons tous violents alors.

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  • Le 18 janvier 2012 à 20:09, par Docker22
    En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

    Haiy !!!!
    Il faut que nos soi-disantes autorités arrêtent de prendre les populations pour des niais, et qu’ils s’enfoncent profondément
    dans le crâne une fois pour toute que le peuple en a marre de toujours constater en silence leurs gabegies maladroitement masquées au nom du parti de la majorité.
    OU VOUS COMMENCEREZ A ŒUVRER POUR LE PEUPLE, OU VOUS SORTEZ DES A PRÉSENT LES ARMES POUR LES TUER...CAR LES GENS A PRESENT NE SONT PLUS PRES A LA MOINDRE OPPRESSION VENANT DE QUI QUE CE SOIT !!!!!

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  • Le 20 janvier 2012 à 12:27, par Luluan
    En réponse à : Crise dans la commune rurale de Boussouma : Les protagonistes marquent leur disponibilité à dialoguer

    De la forme de la médiation :
    Peut on me dire pourquoi le général Diendéré chef d’Etat major de la présidence se trouve dans la délégation officielle pour gérer cette situation de Boussouma ? est ce un rôle du chef d’Etat Major de la Présidence ? et le chet d’Etat major de l’armée Nationale, ou est il ? et celui de la Gendarmerie Nationale ? N’ y a t il pas un responsable de la police Nationle ? c’est les mélanges du genre qui amènent tous ces problèmes dans ce pays.
    Du fond du problème.
    Des mêmes causes, découlent les mêmes effets. Il faut le répéter si besoin en est. La population n’a plus confiance en ses dirigeants de la base au sommet.
    D’ou vient cette crise :
    - Avantla mort de Norbert Zongo, les différents assassinats et crimes économiques restés impunis.
    - La mort de Norbert Zongo parce qu’il ménait une enquête sur la mort d’un citoyen Lambda brulé jusqu’à ce que mort s’en suive, suite à un vol des numéraires au domicile de François Comparé.
    - Après la mort de Norbert Zongo, les autres crimes surtout des enfants restés impunis jusqu’à celle de l’élève Zongo (encore)à Koudougou.
    La mise en place du seul gouvernement de sorti de crise ne suufit pas
    Pour une accalmie plus durable me semble t il, il faudrait tout remmettre à plat.
    - Dissoudre les conseils municipaux et mettre en place des délégations spéciales ou autre chose,qu’importe le nom,avec un cahier de charges bien clair,défini dans le temps et l’espace, et faire des audits de toutes les communes comme promis par le Premier Ministre à sa nomination.
    - Dissoudre l’Assemblée Nationale et mettre en place une constituante jusqu’aux élections prochaines.
    Ainsi la population sentira qu’elle a été comprise. Le Chef de l’Etat gèrera plus tranquillement le pays jusqu’aux prochaines élections. A bon entendeur salut, et que Dieu sauve le Burkina.

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