Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

mercredi 18 janvier 2012 à 01h30min

Depuis lundi 16 janvier 2012, les étudiants de l’Université polytechnique de Bobo-Dioulasso, (UPB) protestent, et exigent des autorités du Centre national des œuvres universitaires (CENOU) de meilleures conditions de transport. A Dafra le lundi, nous avons rencontré un groupuscule d’étudiants qui ont décidé de rejoindre leur domicile, parce qu’ils ne veulent plus de surcharge dans les bus, alors qu’ils paient mensuellement les cartes de transport. Par conséquent, ils exigent l’augmentation du nombre de cars transporteurs. Le lendemain à la cité universitaire sise au secteur 21 (Colsama) c’était le même cas. Nous avons recueilli quelques points de vue.

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Nidjergou Samuel, étudiant en Licence math informatique  :
« Nous avons un problème de bus. Je suis venus depuis 5 h 50 mn, et jusqu’à présent (ndlr : il était 7 h 30 mn) le bus n’a pas encore démarré. Parce qu’il n’y a pas assez de bus pour transporter les étudiants. Le lundi, il y avait un petit problème émanant peut-être de nous mêmes. Mais aujourd’hui, ce n’est pas dû à nous, car ce matin ceux mêmes qui se doivent de contrôler les bus sont absents. Pour l’instant, nous pensons que le blocage vient du service du CENOU. Et le nœud du problème est que nous ne disposons actuellement que de huit bus. Je peux vous dire que depuis mon arrivée à l’UPB, j’ai vu plus d’une dizaine de cars. Mais aujourd’hui on se retrouve avec huit, alors que le nombre d’étudiants augmente d’année en année. L’insuffisance de bus fait que certains viennent en retard. Pourtant nous payons tous les transports. Donc nous disons que nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions ».

Traoré Aboubacar, étudiant  : « La situation des cars de transport est vraiment déplorable pour nous maintenant. A ma connaissance, le Directeur général du CENOU était hier à Bobo et précisément à l’UPB. Nous avons pu échanger avec lui concernant cette question de cars. Donc on avait un espoir qu’à l’issue de cette rencontre, le problème serait résolu, parce qu’il nous avait promis que très bientôt nous aurons onze nouveaux cars. Mais avec la situation présente, je doute déjà quant à la véracité des promesses faites. Pour moi, les étudiants ont raison parce que nous n’allons pas continuer à payer les tickets de transport pour être transportés comme des bêtes. La revendication va se poursuivre et je suis confiant que nous allons avoir gain de cause ».

Bakouan Yaya, étudiant  : « Il faut dire qu’à Nasso, rien ne va. Les étudiants ont de nombreux problèmes sur le campus et que les dirigeants doivent prendre à bras le corps. Ils ne doivent pas fuir les problèmes, parce que le côté sensible même c’est le transport. On ne peut pas admettre qu’on prend à bord d’un bus, plus de cent étudiants pour soixante-dix places. Que font-ils alors de la sensibilisation sur la surcharge dans les transports en commun ? C’est pourquoi, nous avons décidé de ne plus payer les tickets de transport pour être dans des conditions d’insécurité. Malgré que certains aient payé leur ticket de transport, nous n’allons pas bouger. En plus, les cours sont censés commencer à 8 heures et il y a des camarades qui viennent à 9 heures ou à 10 heures. Je me pose la question à savoir que, ceux qui viennent après le début des cours vont comprendre ? Donc il faut que le Directeur du CENOU trouve la solution dans l’immédiat pour nous amener à l’université.

Sanon P. Eugénie, étudiante  : « Comme vous le savez, nous avons un problème de bus qui existe depuis longtemps. Ce qui entraîne naturellement une surcharge. Mais ces derniers temps ont été marqués par un manque criard de bus pour nous amener à l’université. C’est pourquoi, nous avons décidé ce blocus ce matin des bus afin d’interpeller le DG du CENOU sur le problème. Parce qu’il y a longtemps que nous luttons pour satisfaire nos plaintes, mais rien n’est jamais pris au sérieux. Vraiment notre vie est en danger parce que vue les conditions dans lesquelles nous sommes transportés ne sont pas du tout normales ».

Compaoré Fatoumata, étudiante  : « Le matin je suis venue constater que le car était bloqué. Il faut dire que depuis 6 heures aucun convoi n’a pu effectivement bouger. On m’a fait comprendre que c’est parce que nous avons refusé de payer les tickets de transport que les bus ne bougeront pas aujourd’hui. De ce point de vue, moi en tant qu’étudiante concernée, je ne vais pas payer de carte, tant que nos problèmes n’auront pas trouvé de solution. S’ils résolvent nos problèmes, nous allons payer les cartes. Parce que je ne vais pas prendre un car et arriver en retard à l’université. Je ne vais pas le faire. Soit ils trouvent la solution, ou ils ferment l’université. Nous avons envie d’étudier, mais nous ne sommes pas prêts à étudier dans des conditions déplorables ».

Propos recueillis par Zanga Souleymane DAO

L’Express du Faso

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Vos commentaires

  • Le 18 janvier 2012 à 01:59, par sidzembala
    En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

    Je pense souvent que ces étudiants exagères d’un côté ou un groupuscule à la solde de quelqu’un (regarder mon oeil)qui veut créer des ennuis au nouveau Recteur. Certes je ne les souhaite pas les conditions que nous autres relativement pionnier de Nasso ont vécu (coût de transport exhorbitant, route non goudronnée, manque de cité etc...)mais la situation est mille fois meilleure làbas de nos jours.
    Partout dans le monde le surcharge des bus de transport urbain c’est une réalité. Allez y en Europe ou au USA voir comment les gens s’arrêtent souvent dans les transport en commun. Aussi il faut dire qu’avec la sécurité sur la voix les étudiants de l’UPB peuvent et doivent aller de leur propre moyen. A Ouaga, un étudiant que loge à Karpala, Tampuin ou Kuilwin fait plus d’effort pour arriver au campus.

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    • Le 18 janvier 2012 à 14:35
      En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

      Mon cher ami Sidzembala, tu parle de nasso comme si tu l’a traverser et non fréquenter !
      c’est compte tenu de notre pauvrete, sinon les campus c’est en dehors des grandes villes et le transport en commun est obligatoir
      et dit toi qu’actuellemnt nasso ne compte plus moins de 1000 étudiants en tout mais plutot des milliers
      donc sache qu’avec cette voie étroite qui y mene, si chacun doit se deplacer sur sa moto, ca sera mieux de transformer le campus en hopital car les accidents on va en compter par milliers
      rien n’a ete planifier depuis la nuit des temps en faite !

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    • Le 18 janvier 2012 à 17:12, par indigné
      En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

      Ca e voit que vous avez vraiment quitté l’UPB il y a très longtemps. fesons un calcul rapide :
      8 cars d’environ 70 places cela fait 560 places assises aujourd’hui il y a plus de 2000 voir 3000 étudiants à l’UPB et ils n’ont pas tous une moto et l’argent pour payer le carburant et traverser 40 à 50 km (aller-retour) pour se rendre à Nasso.
      La surcharge est interdite dans les transports au Burkina e c’est le CENOU, une structure de l’état qui viole allègrement chaque jour cette interdiction en transportant les étudiant comme tu bétail. chaque jour on frôle la catastrophe sur la route de Nasso. imaginez un seul instant qu’un jour un accident arrive ? Et après c’est pour dire que les étudiants aiment trop grever.

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    • Le 18 janvier 2012 à 18:41, par cultivateur
      En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

      Pour moi cette bande de voyous sans esprit de responsabilité ni d’avenir doivent etre renvoyés sans debat au Burkina 86% de la population est paysanne parcourant des km et km par our à meme à pied mais elle ne reclame jamais de l’etat des moyens de deplacement pour joindre les champs respectifs pourtant c’est bien eux qui represente le moteur de notre survie au Burkina bref souvent il m’arrive meme de penser que dans l’esprit GENERAL de nos etudiants etre à l’université signie d’etre en droit d’etre dorlotté

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  • Le 18 janvier 2012 à 14:24
    En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

    Soutien face a ce eternel probleme de transport !
    quand on a pas les moyens pour le transport des etudiants, on doit avoir l’intelligence de batir les campus en ville et non copier ailleurs aveuglement !

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  • Le 18 janvier 2012 à 14:50, par calme
    En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

    Pas du tout simple cette situation.
    Vivement que les conditions s’améliore pour ces jeunes.
    Suis également l’un des pionniers de Nasso mais je ne suis pas du même avis que toi Sidzembala, certes nous avons vécu des situations pire (eau rouillé, etc.) mais les cars faisais au maximum deux tours et le dernier arrivais rarement après 7h30. Comment justifié le fait qu’un étudiant arrive à 10h30 sur le campus du faite du transport. D’autre part, les situations ne sont pas comparable à Ouaga car on n’y dispose pas des mêmes moyens de transport qu’à ouaga. Bref vivement qu’il ait une solution. On ne devra pas voir derrière chaque revendication "une main invisible". Quand on peut se permettre de faire certains usages avec l’argent du contribuable, fournir des transports adéquat aux étudiants ne devrait en aucune circonstance être un luxe.

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    • Le 18 janvier 2012 à 18:16
      En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

      Ohhhhh lààààà....si je te comprends,tu étais un ancien étudiant de l’UPB.Vraiment j’ai la confirmation que le niveau de nos élèves est tiré vers le bas.En quelques lignes de message,je dénombre plus de 6 fautes.Cela est très très inquiétant parceque comment peut on être rigoureux dans le laxisme ?
      Forcement,on devient contre productif à la société malgré les "gros" diplômes reçus qui ne servent absolument rien au developpement de notre pays

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    • Le 18 janvier 2012 à 19:06, par Rimbiiga
      En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

      Je vois que mes devanciers ont compris la portée du problème que les jeunes frères subissent. Ils sont transportés comme des boites de sardines vers le campus. Il ya des moyens quand on sait que des gens déposent presque 2 millards de FCFA à la maison. je vois que Sidzembala était un fantoche à leur époque car à leur temps, y avait des luttes et ce sont les fruits de ces luttes qu’on voit aujourd’hui sur le campus. Il ya 5 ans j’y étais, on avait 6 cars tous les jours. Même si Sidzembala ne sait pas que quand la population estudiantine augmente, les moyens logistiques doivent l’être aussi, qu’il comprare le campus à sa propre maison. Plus il fera plus de gosses, sa maison sera surchargée donc il lui faudra étendre ses locaux pour accueillir les nouveaux-nés.
      Vive la lutte des étudiants.

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  • Le 18 janvier 2012 à 15:07, par nayi-neeré
    En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

    Soutien mes freres !
    dans les reformes engagés, le 1er MINISTRE a tout interèt a se pencher sur la gestion des universités pr deux grandes raisons a mon sens : 1)Les campus, au non du droit sont a l’origine des soulevements populaires contre l’injustice "soit par conscience, soit malheureusement par manipulation" 2)ces etudiants d’aujourdhui sont les dirigeant de demain qu’on le veuille ou pas
    j’ai ete dans un commision estudiantine de suivi de ces cars de nasso en 2006 et je connais tout le jeu coupable des responsables du cenou pour demarrer moins de cars et s’enrichir illicitement car en son temps on louait les car sogebaf pour completer les cars du cenou et on faisait tout pour louer moins et tripatouiller les factures afin d’empocher le reste
    Chers dirigeants de ce pays, ya un mafia sur le campus appellé CENOU

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  • Le 18 janvier 2012 à 18:08, par josb40
    En réponse à : Université polytechnique de Bobo : Crise du transport « sans solution, on ne bouge pas »

    Le nouveau DG du CENOU lors de son passage ce Lundi 16 Janvier 2012 à Nasso a rassuré les Étudiants que les onze cars seront disponibles le Lundi suivant et qu’il comptait sur eux pour être informé de l’état d’avancement de la situation.Les agents du Transport sont à pied d’œuvre pour chaque matin avant 6H pour assurer les tours réglementaires de 06 H et de 07 H afin que les Étudiants se rendent sur le site du Campus.Cependant,un dispositif est mis en place pour transporter le reste de vos camarades qui n’ont pas pu être transportés entre 7H-8H ce qui normalement peut conduire un peu plus au delà de 8H tout cela dans le souci d’accroitre les capacités d’offre.Il convient de rappeler que l’Etat a dépensé au moins en 2011 143 millions de F CFA au compte du transport contre 8 millions de recettes.En outre,un car privé loué coute 100 000 F CFA /jour.
    Pour terminer,le refus d’acheter la carte de transport (1000 F/mois) découle beaucoup plus d’un acte d’incivisme qu’une revendication réaliste à vouloir être transporté dans des conditions difficiles que nul n’ignore.Bien évidemment des réflexions sont entrain d’être menées pour résoudre définitivement la question du transport à Bobo mais pour l’instant à défaut du mieux il serait sage de se contenter du bien.

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