Trafic de faux billets : Sankara et Bikienga épinglés

mardi 17 janvier 2012 à 01h46min

Le directeur régional de police nationale des Hauts-Bassins a présenté hier lundi 16 janvier 2012 à la presse, deux faussaires de faux billets de banques en coupure de 10 000F et 2000F. Ils avaient en leur possession la somme de 1 466 000 F CFA.
Assis à même le sol dans le bureau du directeur régional de la police nationale, Sy Traoré, l’un bien habillé et l’autre avec des habits délabrés, Bikienga Moumouni et Sankara Hamidou était sous la garde des deux enquêteurs, l’officier de police Kologo et l’assistant Yaméogo.

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Sachant bien les sanctions qui vont tomber sur eux, les têtes baissées, les deux suspects réfléchissaient déjà sur leur sort. Agé de 40 ans, Sankara Hamidou, employé de commerce de profession, partait écouler ses marchandises, en l’occurrence du bétail au Ghana voisin. Au retour, selon le commissaire de police de Dô, Amado Ouédraogo, il achetait des faux billets pour les monnayer avec de vrais au pays des hommes intègres. Interpellé pour cet acte répréhensible, il a été emprisonné pour la première fois par le Tribunal de grande instance de Ouahigouya à 9 mois de prison fermes en 2005. Puis encore en 2009, où il a écopé de trois ans de prison ferme.

Libéré ainsi en 2011, il replonge dans son activité illicite où il semble être un spécialiste. Ainsi, de connivence avec Mouni, qui s’y implique pour la première fois, ils actualisent l’opération. Et la ville choisie est Bobo-Dioulasso. Pour écouler le reliquat. Parce qu’aux dires du commissaire, il n’avait pas pu écouler une grande partie des faux billets avant d’être arrêté en 2009. Il avait pu échanger juste la somme de 200 000F CFA qu’il a déposée dans une caisse populaire de Ouagadougou.

Dans la nuit donc du 11 au 12 janvier 2012, Mouni âgé de 27 ans se rend à Sya. Il est alors accueilli par des éléments de la brigade de recherche de l’arrondissement de Dô. Ces derniers ayant été informés par une tierce personne avant son arrivée. Mouni avait dans ses bagages un lot de faux billets d’un montant de 560 000F CFA en coupures de 10 000 F et 2000 F. Pris en flagrant délit, il décide de coopérer avec les forces de sécurité afin de mettre le grappin sur le principal auteur Sankara qui se trouvait dans la capitale. Ils se rendent alors à trois, les deux policiers et le premier suspect à Ouagadougou dans la matinée du 12 janvier dernier.

Les agents vont changer de casquette en se faisant passer pour des « dealers ». Dans la soirée autour de 19 heures, ils se donnent rendez-vous dans un maquis au secteur 11 de Ouagadougou. Mais Sankara se rendra compte qu’il avait affaire à de « faux dealers ». Il tentera de prendre la tangente mais sans succès. Il sera arrêté au terme d’une lutte farouche dans laquelle un policier a été blessé légèrement à la bouche. « Lorsqu’ils se sont présentés comme des policiers, Sankara leur a proposé une somme de 50 000 F CFA contre sa liberté », indique le commissaire Amado Ouédraogo. Les deux enquêteurs feront semblant d’accepter la proposition du fautif, histoire d’atteindre leur but.

Ils sont alors conduits à son domicile au secteur 20. Après la perquisition, c’est un lot de faux billets de banque d’un montant de 906 000 F CFA composé de 36 billets en coupure de 10 000 F CFA et 273 billets en coupure de 2000 F qui seront saisis. Revenus à Bobo-Dioulasso, le lendemain 13 janvier, une procédure est ouverte contre eux pour trafic de faux billets et tentative de corruption. Les 1 466 000 F CFA saisis seront mis sous scellés de même que les 50 000F CFA avec lesquels Sankara a voulu corrompre les deux policiers. Comme toujours, la police appelle à la vigilance, car lorsqu’on regarde les faux billets, la différence est très subtile avec les vrais. « Les limitations des bordures sont assez parfaites.

Ce sont des produits qui peuvent facilement être mis en circulation la nuit ou dans les localités où les vérifications sont moindres », a-t-il fait remarquer. Les forces de sécurité restent cependant convaincues qu’il s’agit d’un réseau qui est ficelé au-delà de nos frontières. Parce qu’il est difficile de trouver de telles matières pour fabriquer ces faux billets. La police dit donc attirer l’attention des populations parce que malgré les efforts déployés dans la lutte, les faussaires circulent toujours.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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