Fait de chez nous : Il endette sa famille pour gérer une fille de bar

vendredi 6 janvier 2012 à 01h02min

Amadé, les deux mains sur la tête, crie fort et se met à pleurer comme un bébé. « Je suis foutu. Comment pourrai-je payer la scolarité de Yaya ?… ». Ainsi se lamentait Amadé qui en réalité a lui-même créé la situation cause de ses pleurs. Toujours dandinant, il se « réfugie » sous un manguier non loin du bar dancing d’où il venait de sortir. Il reste longtemps sous le manguier, toujours larmoyant. Il y a dormi longtemps avant de rentrer dans son village. Aîné d’une famille de 6 enfants, Amadé était presque le père de la famille. Car Issouf leur père a été paralysé par une maladie. Dès lors, Amadé est devenu son envoyé spécial pour toutes les questions importantes relatives à la famille. C’est pourquoi, il l’avait dépêché auprès d’un de ses amis d’enfance, commerçant de son état. A ce dernier, il avait demandé un prêt de 50 000 FCFA, pour solder la scolarité du benjamin de ses enfants.

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Le commerçant, l’ami d’Issouf n’a pas hésité à lui venir en aide. Une fois la somme empochée, Amadé est allé tout droit dans le bar dancing départemental dont la renommée dépasse les frontières de la région d’appartenance du département. En effet, dans sa quête pour le développement de son département, un natif magistrat de son état, a fait construire un centre populaire de loisir (CPL) dans la localité. Comme pour joindre de l’utile à l’agréable, il embauche des filles prêtes à tout faire. L’essentiel pour elles étant d’avoir de l’argent. Le service rendu par ces filles a séduit plusieurs clients qui n’ont pu s’empêcher d’en faire les commentaires. Les économies de plusieurs familles « ont fondu » dans le même centre à cause des dites filles.

Malgré tout, le nombre de leurs victimes ne cessait de grandir. Et Amadé fait désormais partie des victimes. Une fois donc dans le bar, il s’est installé dans un angle des lieux comme un « pacha ». Il choisit la plus belle des filles selon son goût. Et c’était parti pour un moment inoubliable pour lui. Oui. Un moment inoubliable en bien et en mal. Puisque la fille invitée s’est bien occupée d’Amadé, si bien, qu’il n’a pas su quand et comment il a dépensé les 50 000 FCFA. Une fois les poches de sa proie vides et qu’il était bien ivre, la fille qui l’a aidé à le ruiner s’est éloignée. Amadé ne pouvant plus boire d’ailleurs il n’avait plus rien, s’est donc levé pour rentrer chez lui.

Une fois au seuil du bar, ses yeux se sont « ouverts », comme dirait l’autre. C’est à ce moment qu’il a mis ses deux mains sur sa tête et a crié très fort. Mais il était déjà trop tard. Ce pourquoi les 50 000 FCFA ont été prêtés, n’a pas été résolu. Amadé a donc endetté sa famille pour gérer une « fille de bar ». Vouloir vivre au-delà de ses moyens, voire méconnaître son statut réel, c’est s’exposer à tous les dangers possibles. Aussi, tous ceux qui se sont comportés comme Amadé, l’ont appris à leurs dépens. Comme quoi, « le début ne laisse pas présager la fin », disait Euripide.

Souro DAO (daosouro@yahoo.fr)

L’Express du Faso

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