DJIBRILL BASSOLET MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES : "La sécurité commence par la maîtrise de l’information »

mercredi 4 janvier 2012 à 00h28min

Le lancement de l’émission du visa sécurisé burkinabè le 29 décembre 2011 à Paris en France marque un tournant important dans la délivrance des documents d’identification du Burkina. Au-delà de son caractère moderne, le passage de l’analogie au numérique offre de multiples avantages aussi bien sécuritaires que politiques au Burkina. Dans l’entretien qui suit, le ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la coopération régionale, Djibrill Bassolet, nous situe davantage sur le bien-fondé de ce projet, sa portée et surtout sa nécessité.

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« Le Pays » : Parmi les motivations pour l’émission du visa sécurisé burkinabè, il y a des questions sécuritaires. Est-ce que la recrudescence des activités terroristes dans la bande sahélo-saharienne dont nous sommes très proches y est pour quelque chose ?

Djibrill Bassolet : Oui naturellement, les raisons qui, en 2007, nous ont amenés à proposer au gouvernement l’adoption d’un système de visa sécurisé sont plus présentes aujourd’hui. Avoir un visa sécurisé pour le Burkina représente beaucoup. Nous sommes un pays qui dépend de l’extérieur comme tous les pays du monde d’ailleurs. Nous voulons offrir aux étrangers qui viennent au Burkina, qu’il s’agisse des touristes, des investisseurs, des membres d’associations ou d’ONG… qui contribuent au développement du pays un cadre de sécurité.

Améliorer le dispositif sécuritaire

La sécurité commence par la maîtrise de l’information c’est la raison pour laquelle le nouveau dispositif du visa qui permet d’attribuer des visas sécurisés mais aussi d’avoir une base de données fiables sur la circulation des personnes et des biens va nous permettre d’améliorer globalement notre dispositif de sécurité, de mieux contribuer au plan international aux efforts de coopération dans la lutte contre la grande criminalité transfrontalière mais aussi, pour nous, d’assurer la sécurité des personnes qui viennent chez nous. Il y a effectivement, comme vous l’avez souligné, une recrudescence des agressions terroristes dans notre zone sahélo-saharienne. Dieu merci, le Burkina n’a pas été encore victime mais les enlèvements d’otages se font aujourd’hui à nos portes. Nous pensons que le dispositif que nous avons va nous permettre de mieux suivre et aussi de garantir, à ceux qui veulent visiter le Burkina Faso, la sécurité.

Vous avez parlé tantôt de coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme ; les pays occidentaux dont les ressortissants sont souvent visés sont très sensibles à ce sujet. Est- ce que des pays comme les Etats-unis ou la France contribuent d’une manière ou d’une autre à la mise en place de ce projet de sécurisation du visa burkinabè ?

Non, ce projet est vraiment un projet de souveraineté. C’est le Burkina Faso qui, à l’analyse de l’environnement, a pris souverainement la décision d’améliorer son système de délivrance de visas. Ceci dit, nous avons été félicités et encouragés par les partenaires qui ont vu en cette démarche une volonté affichée du gouvernement d’être plus efficace dans cette coopération internationale qui est si utile.

Les quatre milliards de F CFA sont donc financés uniquement sur le budget national burkinabè ?

Entièrement.

Vous avez parlé de nouveaux visas, est-ce qu’il y a des difficultés ou des insuffisances avec les anciens ?

L’ancien, de manière évidente, ne permettait pas de garantir toute la sécurité requise aujourd’hui. En plus, nous sommes obligés de nous mettre aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) qui exige de plus en plus que les documents de voyage (visas, passeports…) soient dotés de systèmes modernes de sécurité. L’ancien consistait à mettre un cachet liquide sur le passeport, le remplir et bien sûr, il y avait un dispositif d’accompagnement de sécurité. Mais en informatisant aujourd’hui, nous augmentons certainement la fiabilité de ces documents.

Peut-on avoir une idée sur les recettes générées par la délivrance des visas dans nos représentations diplomatiques ?

Je ne peux pas vous dire pour l’instant combien de recettes vont être générées mais ce que je peux dire, c’est que les recettes recouvrées pourront nous aider à amortir une partie des dépenses qui sont quand même importantes. Peut-être que l’ambassadeur va vous donner plus de détails sur les recettes générées par la délivrance des visas. (NDLR les recettes générées par an par la juridiction française, selon l’ambassadeur Joseph Paré, sont plus de 600 000 000 de F CFA).

Entretien réalisé par Dabadi ZOUMBARA à Paris

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 4 janvier 2012 à 22:26
    En réponse à : DJIBRILL BASSOLET MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES : "La sécurité commence par la maîtrise de l’information »

    Ce ministre bien craint, sait de quoi il parle en tant que flic de formation et homme de réseaux ; un frère de lumière et protecteur de la veuve et de l’orphelin. Quand ils auront fini de ficher tout le Burkina-Faso, ils pourront régner tranquillement avec la bénédiction des Occidentaux qu’ils servent avec zèle et empressement.

  • Le 4 janvier 2012 à 22:40
    En réponse à : DJIBRILL BASSOLET MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES : "La sécurité commence par la maîtrise de l’information »

    Je n’arrive toujours pas à comprendre en quoi la modernité améliore la sécurité. Les terroristes contournent allègrement cela (rappelez vous de 2001 où les européens avaient informés les américains qu’ils se tramaient quelque chose aux states). Les terroristes se recrutent de plus en plus dans les pays africains qui n’ont pas besoin de visas pour venir ici. Expliquez moi les avantages politiques pour le Burkina car je n’ai aucun élément sur ce point dans votre article ou entretien ?
    Vous semblez oublier que l’informatique peut aider l’homme mais ne peut tout faire à sa place. Or, l’homme est faillible : fatigue, détournement de l’attention, corruptible, etc. Derrière ce visa numérisé, il y a de gros sous en réalité. Au Faso, il n’y a pas encore eu des attentats ou des enlèvements d’occidentaux. Par contre, pour lutter contre les coupeurs de route, c’est beaucoup plus difficile ou les transports mixtes qui continuent de tuer chaque année ?
    Enfin, le titre de l’article ne veut rien dire par rapport au sujet développé.

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