Vote du budget 2012 de l’Etat : Dessous des manœuvres dans les groupes parlementaires

vendredi 30 décembre 2011 à 00h36min

L’Assemblée nationale burkinabè a clôturé sa session budgétaire de l’année avec à la clef le vote du budget de l’Etat, gestion 2012. Les députés n’étaient pas tous favorables au projet de loi. Deux groupes parlementaires sur les 4 donnent, dans ces lignes, les motivations de leur choix.

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Le gouvernement burkinabè a obtenu le quitus du parlement pour disposer du budget de l’Etat gestion 2012. Cette décision des députés est tombée à l’issue de la clôture de leur session parlementaire, le 23 décembre 2011. Ce budget se chiffre en recette à 1207 milliards 650 millions 523 mille FCFA et en dépense à 1400 milliards 781 millions 862 mille FCFA. Il se dégage alors un manque à gagner de plus de 193 milliards FCFA. Les autorités gouvernementales se sont basées sur la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) et sur le programme présidentiel pour élaborer ce projet de loi avant de le soumettre aux élus nationaux.

Pour aboutir à ce résultat, les députés n’étaient pas tous sur la même longueur d’onde. Sur quatre groupes parlementaires que compte l’Assemblée nationale, trois ont voté « pour » (Congrès pour la démocratie et le progrès, l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain, la Convention des forces républicaines) et un s’est opposé au vote positif (l’Alternance pour la démocratie et la justice). Les uns sont de la majorité présidentielle et l’autre de l’opposition. Chacun a développé les raisons ayant milité en faveur de son choix. Pour le président du groupe parlementaire, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Mahama Sawadogo, la décision de son groupe a été motivée par les choix stratégiques développés par l’exécutif dans le projet de loi.

En effet, selon le gouvernement, la manne financière 2012 de l’Etat est axée, notamment, sur le secteur de l’emploi et la lutte contre le chômage, la sécurité, la santé, l’éducation, le social, les infrastructures, le milieu rural… « Après analyse, nous constatons que le budget 2012 de l’Etat est emprunt de prudence et de réalisme quant à nos possibilités de dépenses. Les mesures de relance des activités économiques qui sont envisagées à travers le soutien aux secteurs productifs avec des réformes fiscales apparaissent soutenables. Enfin, le renforcement des efforts budgétaires en faveur des secteurs sociaux permettra de consolider les acquis », affirme Mahama Sawadogo.

Les raisons du refus de l’opposition

Le son de la cloche a retenti autrement du coté des parlementaires de l’opposition. Selon le président du groupe Alternance pour la démocratie et la justice (ADJ), Hama Arba Diallo, l’élaboration du budget par le gouvernement n’a pas suivi les bonnes voix. « La SCADD n’a jamais été soumis à l’Assemblée pour son approbation. Nous avons simplement été informés. Si ce document est un élément essentiel pour le développement économique et social de notre pays, il faut le soumettre à l’Assemblée pour qu’on en discute », souligne-t-il. Mahama Sawadogo ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, les plans et les programmes de développement « n’ont jamais été votés.

Ils sont simplement débattus ». De l’avis du président du groupe parlementaire A.D.J, pour élaborer le budget, il aurait fallu que le gouvernement consulte les populations à la base. Il estime que le contenu de la SCADD ne reflète pas le besoin réel de la population. En outre, le groupe A.D.J considère que les fonds alloués aux secteurs sociaux (Education et santé) sont très faibles par rapport aux attentes du peuple. Selon le député Diallo, pendant que les maladies, les populations, augmentent, le niveau de financement dans le secteur sanitaire baisse. Le domaine scolaire n’échappe pas à cette difficulté. « Il y a plus de gens qui tapent aux portes pour être admis dans les écoles primaires, secondaires, à l’université alors que les infrastructures et les moyens mis à la disposition du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation et de celui de la recherche scientifique ne permet même pas aux méritants d’y avoir accès », souligne-t-il.

Aussi, un autre secteur qui ne bénéficie pas des faveurs du budget de l’Etat, selon le président de l’A. D. J, est l’agriculture. Pour lui, le gouvernement ne s’implique pas réellement pour développer l’agriculture au Burkina. Il en veut pour preuve les dispositions prises par le ministère en charge de l’Agriculture en 2008, suite à la crise alimentaire. « Ils ont mis à la disposition des producteurs, des céréales améliorés, des engrais subventionnés. Qu’est-ce qui s’est passé ? Notre production agricole a augmenté de 2,5%. Après cette mesure, les choses sont redevenues comme avant. Les cours des céréales ont augmenté », confie Hama Arba Diallo. Ce sont autant de raisons, a-t-il dit, qui ont emmené les députés de l’opposition à voter contre la loi. Mais la majorité considère la position de l’A.D.J. comme un vote mu par le principe « d’opposition ». « L’opposition ne va pas voter positif pour permettre au gouvernement de poursuivre sa politique de développement. Pour se justifier, ils trouvent quelque chose à dire. Ils ont toujours voté contre le budget », affirme Mahama Sawadogo. « Nous n’avons pas voté contre le budget à cause d’un principe d’opposition », rétorque Arba Diallo.

Ozias KIEMTORE (kizozias@yahoo.fr)

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 30 décembre 2011 à 10:14
    En réponse à : Vote du budget 2012 de l’Etat : Dessous des manœuvres dans les groupes parlementaires

    Je ne comprend ce que signifie refus du budget par l’opposition par ce que le principe de continuité même de l’état exige un budget obligatoirement pour assurer. rejeter le budget c ’est alors quoi ? Criez fort sur les toits les proposition que vous avez faites et qui ne sant pas passée mais inclinez vous. Ou bien c’est un refus de principe. Si vous étiez ou aviez convaincu les plus nombreux qu’en serait-il ? exécution par ordonnance et dans la plus grande opacité ? Trouver effectivement des voies pour faire participer le peuple ou voter le budget article ou chapitre par chapitre avec les réserves où il n’y a pas de consensus.

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