Fête de la nativité à la Cathédrale de Ouagadougou : Mgr Philippe Ouédraogo condamne l’avortement

mardi 27 décembre 2011 à 00h25min

Dans la nuit du 24 au 25 décembre 2011, la paroisse cathédrale de Ouagadougou a fêté Noël avec effervescence. A l’occasion, l’archevêque de Ouagadougou, Mgr Philippe Ouédraogo a plaidé pour un monde empreint d’humanisme, de justice, de solidarité et de paix.

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« Noël constitue un message de joie et d’espérance pour les hommes. Par l’incarnation, Dieu a voulu prendre un visage humain pour se faire reconnaitre, il a voulu parler la langue des hommes pour se faire comprendre. Dieu aime notre monde et il vient pour y habiter ? ». C’est par ces mots que l’archevêque de Ouagadougou, Mgr Philippe Ouédraogo, a situé le contexte de la célébration de la Nativité dans la nuit du 24 au 25 décembre 2011 à la cathédrale de Ouagadougou. Il a indiqué qu’en entrant dans l’histoire, le maître de l’histoire, Jésus Christ veut donner un nouveau sens à l’histoire de tous les hommes et de tout homme. « C’est-à-dire que nous assistons à une nouvelle création, à un nouveau départ, tant personnel que familial et communautaire.

Dans cette perspective, à la lumière de l’Evangile et de la doctrine sociale de l’Eglise, des principes clairs constituent des points de repère pour l’édification d’un monde nouveau, caractérisé par la paix, la justice et l’amour ? », a-t-il ajouté. Mgr Philippe Ouédraogo a affirmé que, selon l’Eglise, la vie humaine est sacrée et elle n’appartient qu’à Dieu seul. Aussi, ni les individus, ni les familles, ni les pouvoirs publics ne peuvent en disposer à leur guise. Ainsi a-t-il fait savoir que l’avortement est considéré par l’Eglise comme un homicide, un délit sévèrement réprimé et puni. Il en est de même de ceux qui commettent un homicide ou un meurtre.

Il a souligné que la personne humaine doit être le sujet, le fondement et la fin de toutes les actions sociales, économiques, législatives ou culturelles et que la société est au service de l’homme. Ce qui signifie qu’elle doit protéger l’homme, ainsi que la famille, lieu de croissance et d’éducation de la personne humaine. Evoquant le message du Pape Benoît XVI pour le 1er janvier 2012, il a précisé que le Saint Père considère la famille comme étant la cellule originaire de la société. «  ?Elle est la première école où sont éduqués les enfants et les jeunes aux valeurs humaines et chrétiennes, à la solidarité, au pardon, à l’accueil de l’autre, à la justice et à la paix. Malheureusement, nous sommes dans un monde où la famille et aussi la vie elle-même, sont constamment menacées et assez fréquemment brisées ? », a-t-il déploré.

Aux couples et aux parents, le Pape recommande de ne pas perdre courage et de mettre tout en œuvre pour ne pas se laisser engloutir et naufrager par les flots multiples de la vie. Ainsi, formeront t-ils toujours une communauté de vie, une communauté d’amour et parviendront t-ils par leur présence au foyer et par leur exemple de vie, à éduquer leurs enfants avec bonheur et succès. L’objectif, selon l’archevêque de Ouagadougou, étant de parvenir au développement intégral de tout homme.

«  ?80% des richesses du Burkina entre les mains de 10% de la population ? »

Par ailleurs Mgr Philippe Ouédraogo a invité les chrétiens à œuvrer pour un monde plus humain. Rappelant la doctrine sociale de l’Eglise, il a appelé les hommes à respecter le bien commun. «  ?Les exigences du bien commun concernent avant tout, l’engagement pour la paix, l’organisation des pouvoirs de l’Etat, un ordre juridique solide, la sauvegarde de l’environnement, la prestation des services essentiels aux personnes (alimentation, logement, travail, éducation, accès à la culture, transport, santé, libre circulation des informations et liberté religieuse) ? », a-t-il dit. Ce bien commun tel qu’ identifié, est de son avis, menacé de nos jours, par un individualisme poussé jusqu’à l’égoïsme.

«  ?Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, de sorte que les biens de la création doivent équitablement parvenir aux mains de tous, selon la règle de la justice inséparable de la charité ? », a-t-il indiqué. C’est pourquoi Mgr Philippe a Ouédraogo a demandé aux chrétiens de prêter une oreille attentive aux plus démunis et d’être plus solidaires les uns des autres. Prenant le cas du Burkina où une enquête sur les revenus des ménages révèle que 80% des biens économiques et financiers sont entre les mains des 10% de la populations il a convié les Burkinabè à plus de solidarité envers leurs frères et sœurs en proie à la souffrance, à l’ignorance, à la pénurie alimentaire, à la vie chère, aux maladies. L’essentiel pour lui, étant de construire un monde plus digne de Dieu et des hommes.

Raphaël KAFANDO


Les origines de la fête de Noël

Si l’on considère aujourd’hui que la fête de Noël vise à célébrer la naissance de Jésus Christ, le 25 décembre n’a pas toujours été établi comme la fête de la Nativité. Durant les premiers siècles qui ont suivi la mort de Jésus, une fête qui commémore sa naissance encore n’a été définie et l’on devra attendre trois siècles pour que l’Eglise fasse de la naissance du Christ, un thème de réflexion pour établir Noël comme une fête religieuse et chrétienne. De plus, aucune date formelle n’est indiquée dans la Bible ou autres textes saints pour déterminer le jour de la naissance du Christ. Ce qui n’a pas facilité les choses car cette date a été laissée à l’interprétation des mouvements religieux chrétiens.

La date du 25 décembre a été fixée durant l’empire romain comme la date de la naissance du Christ. Cette célébration remplaçait alors, la fête solaire (le même jour) considérée comme une fête païenne. La date de Noël peut quelque peu changer selon les religions. Par exemple, l’église orthodoxe a fixé Noël, le 7 janvier. Mais si les dates diffèrent et tendent à ne pas se préciser, l’esprit de Noël reste le même : transmettre un message de paix et répandre l’amour. Noël ne célèbre donc pas forcément la naissance de Jésus, mais plutôt la venue au monde du Messie. La célébration de Noël ne se généralisera que 5 siècles après Jésus Christ.

R.K.

Sidwaya

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