Fédération des dozos de l’Ouest du Burkina : « Une veillée sans notre avis, ça sera la dernière », dixit André K. Sanou

mercredi 21 décembre 2011 à 00h13min

Suite aux coups de fusils entendus le 19 novembre dernier à la place de la mairie de Bobo-Dioulasso, la Fédération des chasseurs dozos de l’Ouest du Burkina a organisé une conférence de presse vendredi 15 décembre 2011 pour dénoncer les responsables.

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« A partir d’aujourd’hui, tout dozo qui viendrait d’ailleurs pour faire une veillée ici à Bobo (nous ne prenons pas la place du maire), il n’a qu’à venir demander notre autorisation d’abord. Si cela n’est pas fait, c’est que les ancêtres nous ont menti ? ! S’il fait sa veillée parce qu’il a reçu une autorisation sans notre avis, ça sera la dernière ? ! » Cette déclaration du président de la Fédération des chasseurs dozos de l’Ouest du Burkina, André K Sanou, vient en réaction contre la veillée organisée le 19 novembre 2011, par l’Union nationale des dozos tradi-praticiens de la santé du Burkina (UNDTSB). Faisant fi de la mutinerie passée, les organisateurs avaient tiré des coups de fusils, ce qui avait suscité des interrogations au sein de la population de Bobo-Dioulasso.

C’est plus tard que les uns et les autres ont été rassurés qu’il ne s’agissait que d’une veillée des dozos, au cours de laquelle des démonstrations étaient faites. Cette situation n’a pas du tout plu à la Fédération des chasseurs dozos de l’Ouest du Burkina (FCDOB) qui dit ne pas être membre de l’UNDTSB. Elle a de ce fait manifesté son mécontentement et situé les responsabilités le vendredi 15 décembre dernier au cours d’une conférence de presse, dans la salle de conférence de la Semaine nationale de la culture (SNC).

«  ?Des zizanies sont en train d’être créées au sein de la confrérie par un groupe dit des dozos tradipraticiens. Cette structure qui relèverait de l’Union des dozos tradipraticiens est en train de vouloir diviser nos membres », a déclaré le secrétaire général de la FCDOB Théophile Sanou. Selon lui, le responsable de cette union se nomme Yacouba Drabo, résidant à Ouagadougou et originaire du Sourou.
Le secrétaire général de la FCDOB, Théophile Sanou a fait comprendre que leur structure a été l’objet d’insulte de la part de l’UNDTSB. « Au cours de cette veillée, notre fédération a été vilipendée, insultée par des membres venus du Mali. Ils ont mystifié et escroqué la population de Bobo-Dioulasso ? », a-t-il souligné.

Selon les membres du bureau exécutif de la Fédération, l’UNDTSB aurait installé des structures locales dans certains villages. Plus, elle aurait proposé des cartes d’adhésion de 5000 FCFA, tout en insistant que le président du Faso a promis donner des motos aux membres. Certains villageois seraient tombés dans leurs mailles. Au-delà des événements, une question de préservation des valeurs des dozos a été posée. Selon le président de la FCDOB, André K Sanou, chaque région a sa culture. Il a ajouté que même si les dozos ont le pouvoir de guérir au regard de leurs connaissances de la nature, ils ne sont pas des tradipraticiens. Le fétichisme et le maraboutage sont des pratiques condamnées par les dozos. «  ?Vous allez prendre quelqu’un à Dori là-bas, et lui dire qu’il est chasseur comme un dozo ? ? Même si ça devait être le cas, il aurait fallu que nous nous entendions et qu’il s’initie ?chez les dozos.

On ne peut pas s’asseoir là-bas et créer une union nationale. Nous n’allons jamais accepter cela ? ! Que chacun gère chez lui », a martelé M. Sanou, en signifiant qu’il ne s’agit pas d’une discrimination. Selon lui, les dozos de l’Ouest du Burkina sont spécifiques par les pratiques culturelles et initiatiques. Des dozos venus de la Léraba, d’Orodara, Faramana, Samorogouan, ont assisté à cette conférence de presse. Elle a été une occasion pour le bureau exécutif de la Fédération de leur présenter le bilan de leurs activités, et de rappeler les règlements intérieurs de leurs structures ainsi que les objectifs poursuivis. Aussi, il leur a été demandé de rester vigilants pour ne pas tomber dans les pièges de l’UNDTSB.

Rabalyan Paul OUEDRAOGO et Hélène KADIO (Stagiaire)

Sidwaya

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