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Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Réformes politiques • • mardi 20 décembre 2011 à 18h05min

A travers la déclaration ci-après, le président du Parti de la renaissance nationale (PAREN), Tahirou Barry, donne son analyse des résultats du processus de réformes politiques au Burkina dont la dernière étape était les assises nationales. Pour lui et son parti, les réformes adoptées ne présentent aucun intérêt pour le peuple.

A l’issue des assises nationales des 7 et 9 décembre 2011, le chef de l’Etat Blaise COMPAORE s’est une fois de plus essayé à son jeu favori : une communication claire obscure pour égarer ses concitoyens. Mais en réalité, ses interventions ont fini par révéler à tous la volonté à peine dissimulée de locataire de Kosyam de s’éterniser au pouvoir. En réaffirmant par trois fois en moins de trois jours allant du 9 au 11 décembre 2011 que la réflexion sur les points non consensuels se poursuit sans en préciser les mécanismes, le successeur de Thomas SANKARA en 1987, laisse entrevoir sa grande insatisfaction et entend sortir de son laboratoire une autre recette pour parvenir à ses fins.

Le PAREN reste convaincu que tout ce spectacle a été organisé aux fins de légitimer l’option de la modification de l’article 37 de notre constitution. La stratégie ayant consisté à aller dans le sens de l’opposition qui appelait de tous ses vœux à des reformes, pour la faire assumer les conclusions du cadre de réflexion à travers un processus subtilement piloté depuis le palais présidentiel. On en veut pour preuve les dernières manigances lors de l’ouverture des assises pour modifier les règles du jeu en essayant de remplacer la règle du consensus par celle de la majorité.

Du reste, les principales réformes adoptées ne présentent aucun intérêt pour le peuple. A titre d’illustration, nous relevons les points suivants :
-  La création d’un sénat : quel intérêt y a-t-il de créer une institution dans un pays éprouvé par les calamités de toutes sortes et limité par l’insuffisance de ses ressources alors que l’assemblée nationale mieux refondée pouvait assumer la mission dévolue au sénat ?
-  L’augmentation du nombre de députés : Pourquoi augmenter le nombre de députés si ceux déjà en poste n’exercent pas pleinement leur véritable mission de législation et de contrôle de l’action gouvernementale ?
-  L’âge des candidats à la présidence : En quoi est ce que cette question préoccupe le citoyen burkinabè ?
-  L’amnistie des chefs d’état : Peut-on parler d’amnistie sans que la lumière ne soit faite sur les dossiers brûlants et que les responsabilités ne soient situées ?
-  La constitutionnalisation de la chefferie coutûmière : A quoi sert de reconnaître dans la constitution la chefferie coutumière comme fait social et historique si on ne l’ exclut pas comme au Ghana de la compétition politique en raison de son statut de gardien de la tradition ?

En réalité, les vrais problèmes du peuple ont été occultés dans ce jeu de gladiateurs, de cirque devant des gradins déserts. Ces problèmes s’appellent injustice, chômage, faim, soif, maladie, ignorance.
Et comme le pouvoir actuel est en panne d’imagination face à tous ces maux après 24 ans de pouvoir absolu, le peuple aspire au changement et personne n’a le droit d’ignorer cette aspiration légitime.

Modifier l’article 37, c’est plonger notre pays dans le vaste champ des incertitudes. D’ailleurs le recours au référendum nous apparaît sans fondement juridique car la constitution en son article 165 rejette tout projet de révision de la constitution lorsqu’il remet en cause la nature et la forme republicaine de l’Etat. Or, il reste certain que la non limitation des mandats présidentiels transformera notre république en une monarchie absolue. Monarchie provient du grec arke (pouvoir) et mono (seul), donc se définit comme le pouvoir d’un seul homme. Le Burkina n’a pas besoin d’un régime où un monarque élu, fort de ses longues années de pouvoir prendra en otage l’avenir de tout un peuple.

Pendant combien de temps encore continuerons nous à laisser tripatouiller notre constitution au gré des intérêts d’un clan ? En 20 ans d’existence seulement notre constitution a subi 4 modifications pendant que celle du Benin voisin de 1990 est restée jusqu’à ce jour intangible.
Il est grand temps d’arrêter de se jouer du peuple à travers l’instrumentalisation de nos instruments de droit au service d’un groupuscule et penchons nous résolument à travers un dialogue sincère, inclusif et constructif sur les vraies préoccupations de notre pays.

BARRY Tahirou,
Président du PAREN
Barry_centre@yahoo.fr

Vos commentaires

  • Le 20 décembre 2011 à 19:26, par yasida En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

    Tais toi Tahirou, tu n’es pas plus intelligent que ce beau monde qui a participé aux réformes. Si tu n’as rien à dire, ne nous perturbe pas.

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  • Le 20 décembre 2011 à 20:40 En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

    que tu bon sens mais blaiso a perdu son pole nord et donc le sens des réalités

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  • Le 20 décembre 2011 à 20:52, par Gadro En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

    habit toi correctement comme un leader avant de t’adressé au gens. c’est tous ça qui fait qu’on ne vous croit pas.

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    • Le 24 décembre 2011 à 17:14 En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

      Je trouve que la référence à son habillement est une platitude même si on reconnaît le moine à son habillement, l’habit ne fait pas le moine. Mais ses idées sont excellentes. Si Sankara devait se réveiller pour venir découvrir que la chefferie a maintenant un statut constitutionnel, il va faire une crise cardiaque et mourrir tout de suite. Faites pardon seulement, réformes oui, mais pas n’importe quoi. Oui au Sénat mais non au député-chef qu’on ne peut pas appeler par le nom dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale.

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  • Le 20 décembre 2011 à 20:58, par Gadro En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

    habit toi correctement comme un leader avant de t’adressé au gens. c’est tous ça qui fait qu’on ne vous croit pas.

    Répondre à ce message

    • Le 21 décembre 2011 à 23:28, par Gnoumou Lotè Prosper En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

      Hormis le cas de parents-à-plaisanterie, je trouve vraiment nulle une réponse du genre "habilles-toi comme un leader". À mon sens l’on n’a pas besoin de passer derrière une classe de CP1 pour comprendre que l’habi ne fait pas le moine. Même en concédant l’ignorance, savoir que ce site est beaucoup visité devrait nous en dissuader. Il est vrai que le Burkina Faso depuis ces vingt dernières années est devenu un exemple parfait à ne pas suivre. De là à presenter ses fils et filles comme des médiocres coalisés, il y’a un pas à ne pas franchir. Sachons faire bon usage de la liberté d’expression.

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  • Le 21 décembre 2011 à 08:19, par Awoto En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

    Tahirou, il fallait bien être aux assises pour comprendre que rien n’a été oublié. Pourquoi vous êtes malhonnêtes ? Votre écrit n’a pas de sens. Et puis il ne faut pas insulter les forumistes . Vous avez estimé que si l’art37 n’est pas exclus des débats vous ne participerez pas au CCRP. Voilà que l’opposition constructive a joué un rôle titanesque et historique positif pour l’alternance possible au Faso . Arrêtes de balbutier.

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    • Le 24 décembre 2011 à 17:35, par Le Sage. En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

      "Les points non-consensuels ne seront pas adoptés et je prends l’engagement sollennel d’appliquer les résultats des réformes consensuelles" : dixit le Président du Faso, Monsieur Blaise COMPAORE. Et c’est bien ainsi. L’article 37 n’a pas fait l’objet d’un point consensuel, donc ne sera pas modifié. Je suis comme Saint THOMAS, voir avant de croire. A l’arrivée, on se rend compte que lors des travaux du CCRP, c’est l’opposition, amenée par Monsieur Soumane TOURE lors des débats dans les régions qui a proposé une nouvelle constituante et un gouvernement d’union nationale.
      Ces deux points sont nuls et non avenus car, en cas de nouvelle constituante, rien n’empêchera le Président COMPAORE de se représenter (car nouvelle constitution) et en l’absence de crise, nul a besoin de constituer un gouvernement d’union nationale. Compte tenu de ce que les institutions fonctionnent correctement à peu près, laissons comme ça la constitution de la 4ème République et tout ira bien. Le Président COMPAORE devra, pour assurer une alternance dans son sens, choisir une nouvelle génération de jeunes talents capables d’assurer sa continuité et son oeuvre et, ainsi, notre démocratie aura gagné en continuité et en maturité.Ce sont les conseils précieux qu’il convient de prodiguer au Président du Faso. Tout le reste est mésaventure et prise inutile de risque qui risque de compromettre plus de 25 années de stabilité et de démocratie sous l’ère COMPAORE. Le Sage.

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  • Le 21 décembre 2011 à 12:17, par ali En réponse à : Assises nationales : Le PAREN dénonce un jeu trouble du pouvoir

    RESpECTEZ LES OPINIONS DES AUTRES. BONNE ANALYSE TAHIROU ;Personne aujourd’hui au bukina n’ignore le jeu de blaise et son regime. UN SEUL OBJET DERRI7RE TOUT CE CIRQUE:rester au pouvoir.........

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