Taxis à gaz : Ces explosifs roulants de Sya

lundi 19 décembre 2011 à 01h22min

La pratique est bien connue de tous les Bobolais et semble véritablement préoccuper les populations mais aussi et surtout les autorités de la région des Hauts-Bassins. Des taximen qui ont choisi comme source d’énergie le gaz butane pour faire fonctionner le moteur de leur véhicule. Et du coup, c’est un réel problème de sécurité qui se pose avec les nombreux risques liés à l’utilisation du gaz dans les lieux publics par ces véhicules de transport de passagers.L’ultimatum lancé par le gouverneur de la région pour le retrait de ces « engins explosifs roulants » des rues de la capitale économique ne semble nullement inquiéter certains conducteurs de taxis à gaz. Pour

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le président des taximen de Bobo-Dioulasso, l’Etat devrait s’impliquer dans la résolution de ce problème qui a pris une ampleur inattendue. Car pour El Hadj Sanou Soulakata, il faut obligatoirement un appui financier des autorités pour le retrait de ces taxis à gaz dont le nombre va crescendo. C’est ce qu’il nous a confié dans cette interview.

Vous êtes aujourd’hui présenté comme l’un des premiers responsables des conducteurs de taxi dans la ville de Bobo. Peut-on avoir une idée de votre organisation ?

• Nous sommes effectivement organisés en association, en syndicats, et nous travaillons surtout à valoriser le métier de chauffeur de taxi. Notre rôle est aussi de réunir tous ceux qui s’intéressent à la profession ou qui l’exercent. Aujourd’hui par exemple, nul n’a le droit de mettre un taxi en circulation sans passer par notre organisation, le syndicat, qui veille au respect des directives signées en accord avec la municipalité. Il y a par exemple les tarifs à appliquer dans toute la ville et que nous portons régulièrement à la connaissance des taximen. Nous essayons aussi de repérer les zones dangereuses afin d’informer nos membres pour qu’ils puissent les éviter ou qu’ils prennent les précautions qui s’imposent.

Malgré cette organisation et le travail que vous abattez, les taxis font l’objet de nombreuses critiques de la part des usagers. Qu’en dites-vous ?

• C’est vrai, il y a trop de mécontents par rapport à ces taxis. Mais ce que je veux faire savoir ici, c’est que n’est pas taximan qui veut. Il faut que les usagers aussi acceptent de nous aider parce qu’en notre sein il y a effectivement beaucoup de brebis galeuses. Comme consignes, j’invite d’abord chaque client à s’assurer que le véhicule à bord duquel il va embarquer est de couleur verte ; ce qui est propre aux taxis du Burkina. Ensuite il doit s’assurer que sur les deux flancs du véhicule il y a un autocollant frappé d’un numéro au centre qu’il se doit toujours de relever. Et lorsqu’un client oublie quelque chose dans le taxi ou qu’il a eu un problème, il suffit de rejoindre le syndicat avec le numéro relevé sur les flancs et tout de suite nous faisons venir le taximan en question. C’est très facile et c’est bien dans l’intérêt des usagers.

Est-ce que vous avez déjà été approché par un client mécontent et quelles en étaient les raisons ?

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El Hadj Sanou Soulakata : « Il faut que l’Etat nous accompagne »

• Si tout le monde respecte les consignes données plus haut, beaucoup de problèmes peuvent être résolus. Il y a par exemple ce monsieur venu d’un voyage et qui a oublié dans son taxi un sac à main contenant la coquette somme de cinq millions de francs. Il est venu à nous avec le numéro qu’il avait relevé et immédiatement nous avons fait venir le taximan. Le voyageur a été subitement soulagé puisqu’il a retrouvé son sac avec tout son contenu. Ça, c’est un exemple qui doit servir de leçon à tous les passagers des taxis dans la ville de Sya. Conduire un taxi est un métier très difficile, surtout à Bobo où il y a trop de problèmes.

Vous parlez de problèmes. Lesquels ?

• D’abord il n’y a pas de route à Bobo et vous êtes mieux placé pour le savoir. Même ceux qui ont l’intention de mettre de nouveaux véhicules en circulation finissent par se rétracter et avec juste raison. Car tous les jours, ce sont les taximen qui sont en train de réparer ou de changer leurs amortisseurs. L’autre problème, c’est la cherté du carburant et il faut que l’Etat fasse quelque chose pour nous appuyer.

Est-ce la question de la cherté du carburant qui a conduit de nombreux taximen à opter pour le gaz butane comme source d’énergie ?

• Je dirai oui parce que ceux qui ont opté pour cette source d’énergie ne se plaignent pas du tout. Les distances sont longues à Bobo et les clients ont encore du mal à s’adapter à la nouvelle donne avec la création de ces nouveaux quartiers sans de réelles voies d’accès. Et je sais qu’ils sont aujourd’hui nombreux les personnes à s’adonner à cette pratique d’utilisation du gaz.

Vous savez au moins que ce n’est pas sécurisant et même interdit !

• Nous avons été invité à plusieurs reprises par les autorités pour débattre de la question. Nous sommes actuellement à la phase de sensibilisation pour le retrait de ces véhicules. Mais j’avoue que ce ne sera pas chose facile.

Pourtant l’ultimatum pour le retrait définitif de ces véhicules expire en ce mois de décembre.

• Il y a un sérieux problème car à ce que je sache tous ces véhicules à gaz se doivent obligatoirement de changer leur moteur avant de revenir au carburant. Et c’est là que ça coince pour la plupart d’entre eux. Nous savons tous que les affaires ne marchent pas et demander à un taximan de Bobo de changer son moteur ces jours-ci relève presque de l’impossible. Mais nous travaillons toujours à sensibiliser les uns et les autres en attendant la phase de répression. Parce que les autorités ont été fermes avec nous.

Que préconisez-vous comme solutions ?

• Il faut que l’Etat nous accompagne. Nous souhaiterions par exemple avoir des financements pour remplacer les moteurs à gaz. Et c’est dommage que tous les regards soient tournés uniquement vers les taxis. Il y a de nombreux véhicules privés qui circulent à Bobo avec du gaz. Et tout cela est dû au coût très élevé du carburant. Et la résolution de cette question de véhicule à gaz passe par la réduction du prix du carburant.

Propos recueilli par JAK

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 19 décembre 2011 à 10:29, par KOULOUSS
    En réponse à : Taxis à gaz : Ces explosifs roulants de Sya

    JE PENSE QUE C’EST BIEN DE PARLER DES VÉHICULES ROULANT AVEC LE GAZ. CERTES, CE SYSTÈME N’EST PAS SANS INCONVÉNIENTS, MAIS EST CE POUR AUTANT QU’IL FAUT L’INTERDIRE. SI LES PROPRIÉTAIRES DE VÉHICULES S’ADONNENT A CETTE PRATIQUE DEPUIS PLUS DE 10 ANS C’EST PARCE-QUE LE COUT DU CARBURANT EST TRÈS ÉLEVÉ AU BURKINA.CES AUTORITÉS NE VOIENT QUE LEURS INTÉRÊTS DANS LA VENTE DU CARBURANT. L’UTILISATION DU GAZ EST TRÈS ÉCONOMIQUE, LES AUTORITÉS DEVAIENT PLUTÔT TRAVAILLER AVEC LES TECHNICIENS QUI ONT UNE MAITRISE EN LA MATIÈRE AFIN QU’IL APPORTENT DES AMÉLIORATIONS DANS LA RECONVERSION DES MOTEURS.

    Répondre à ce message

  • Le 19 décembre 2011 à 17:42, par VP
    En réponse à : Taxis à gaz : Ces explosifs roulants de Sya

    Je demande au Maire de Ouaga de saisir le conseil municipal pour interdir ces taxi à gaz à Ouaga.Le Maire de BOBO doit faire autant.Déjà qu’on assez de problèmes de sécurité et les taximens veulent nous aggraver avec cette fausse méthode.

    Répondre à ce message

  • Le 26 décembre 2011 à 22:13, par vici
    En réponse à : Taxis à gaz : Ces explosifs roulants de Sya

    Comme l’as si bien dit un prédécesseur,ces taxis existent aussi bien à bobo comme à ouaga ; on ne fait cas que de bobo seulement.

    Répondre à ce message

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