Fait de chez nous : Les larmes d’un ex-patron

lundi 28 novembre 2011 à 01h56min

Moctar ne sait plus que faire pour gagner régulièrement son pain quotidien. Malgré son énergie de la cinquantaine, il ne peut plus faire grand chose pour avoir sa ration quotidienne. Sa femme et ses enfants qui se moquaient de ses employés hier sont méconnaissables aujourd’hui. Si certains ex-employés de Moctar lui viennent en aide souvent, d’autres ne veulent même pas le croiser sur leur chemin. Moctar qui pensait qu’il pouvait exploiter toute sa vie ses employés apprend aujourd’hui que « tout se paye sur terre ». Seul héritier de son père qui avait une entreprise de renom, Moctar traitait de facon injuste ses employés.

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Maître absolu de la maison, tout son personnel était condamné à subir sa volonté. Tous ceux qui tentaient de s’opposer à lui ou bien de le conseiller dans le cadre du service étaient copieusement rabroués en des termes du genre, « les portes sont grandement ouvertes pour ceux qui ne feront pas ma volonté ». Tout ce qui intéressait Moctar, c’était l’argent et rien d’autre. Ainsi, il terrorisait le personnel, Moctar avait ainsi oublié que c’est « Dieu qui est fort » comme disent les frères Ivoiriens. Des employés qui n’ont pu le supporter, ont cherché ailleurs dans le même domaine, Ceux qui ne savaient pas où aller, sont restés en attendant le « jugement de Dieu » pour sortir du traitement dévalorisant et inhumain du régime de Moctar.

Ce jugement, Moctar ne pouvait pas y échapper. Ainsi, pendant qu’il se plaisait à « torpiller » ses employés sur tous les plans, Dieu en a décidé autrement : l’entreprise de Moctar a progressivement chuté face à la concurrence de nouvelles maisons. Progressivement, ses employés ont demandé et obtenu de l’emploi avec la nouvelle entreprise, Moctar a inéluctablement « mis la clé sous le paillasson ». Sa femme et ses enfants qui croyaient comme lui que leur situation était éternelle ont fini par le quitter, car ils n’avaient plus de quoi assurer leur train de vie quotidien et habituel. « Le malheur ne vient pas seul », dit un adage, et Moctar en plus de la fermeture de son entreprise est paralysé d’un côté suite à une hyper tension. Malédiction humaine ou divine ? Dépuis lors, a commencé « la descente aux enfers » de Moctar.

Au début, il avait honte de mendier. Comme il ne pouvait pas résister à la faim, il a fini par sortir dans un tripied que lui a offert une bonne volonté. Moctar est devenu ainsi un paria pour la plupart de ses anciens employés qui trouvent que sa situation lui servira de leçon de vie pour ainsi que pour tous ceux qui se comportent comme lui. En vérité, quelle que soit ta qualité, retiens que ta vie n’a de sens que par l’existence de tes semblables qu’il faut traiter avec respect et pitié. Moctar devait comprendre avec Ibn Khaldun que, « un homme isolé ne saurait vivre ni rendre son existence complète, en l’absence de ses semblables. En effet, un homme seul est incapable d’obtenir la plénitude de l’existence et de la vie ; aussi la nature l’oblige à chercher le concours des proches afin de se procurer les choses dont il a besoin. »

Souro DAO/daosouro yahoo.fr

L’Express du Faso

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