vie conjugale : Communication parents – enfants

mardi 15 novembre 2011 à 01h13min

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Rock Audacien D. Damiba : Conseiller conjugal

« La communication n’a pas uniquement pour fonction de donner une information, mais d’établir surtout une rélation, d’où le passage de la communication à la communion »
En outre, la communication ne saurait se réduire au dialogue qui est un moyen de rétablir des rélations brisées, elle est plutôt une démarche pour mettre en place et entretenir le pont entre des individus.
Pour communiquer il faut des acteurs (ici c’est un parent et son enfant) et de la matière.

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Dispositions psychologique pour une bonne communication :

- Il faut avoir de l’estime, du respect et de la considération pour l’interlocuteur.

- Il faut faire confiance à son sens de jugement, à son intélligence à son savoir faire.
On ne communique réellement qu’avec celui ou celle qui a de la valeur.
De quoi un parent doit-il parler à son enfant ?
Il faut toujours commencer par ce qui est au centre de ses intérêts. Il n’ya que l’enfant qui soit mieux placé pour les énumerer. Donnons-lui donc la parole pour s’exprimer sur ses besoins, ses attentes, ses interrogations et même ses inquiétudes. Il sera alors disposé et disponible pour un vrai échange emprunt de confiance. Aucune question ne sera tabou.
Cette demarche à l’avantage de le prédisposer pour écouter son père et/ ou sa mère. Les parents doivent savoir parler avec leur enfant des sujets qui ont un intérêt commun pour la famille.

Dispositions pratiques

Convenez avec l’enfant le moment et le cadre des échanges, mais ne soyez jamais très légalistes. Certains sujets peuvent être abordés à tout moment et en tout lieu.

FAIRE ATTENTION AUX QUESTIONS DES ENFANTS

Certaines de leurs questions expriment plutôt des besoins, des attentes des requêtes et même des regrets.
Sont de celles-là les questions du genre :
« Papa/ Maman où étais tu toute la journée ? »
« Papa/Maman, où vas-tu encore ? »
Il faut se garder de repondre par : ’’j’étais au travail, j’avais voyagé, ou je vais au travail’’ Cela, ils le savent déjà et ce genre de réponses ne vont pas étancher leur soif, tout au contraire, même si vous le dites haut et fort ou simplement de façon douce.Vos réponses ont passé de côté.

En réalité, ils veulent vous dire que votre présence les a manqués et pire que cela, vous n’avez rien fait pour vous rattraper quand vous étiez à la maison.

Il y’a deux choses à faire Premièrement :

A la question de votre enfant, arrêtez le moteur de la voiture, de la mobylette, retrounez-vous vers lui et fixez-lui du regard, et maintenant parlez. Cette attitude, à elle seule déjà, lui fait comprendre qu’il compte à vos yeux plus que le travail.Cest déjà gagné. Rappelez-vous que communiquer, ce n’est pas seulement donner une information, mais tissez une relation. Cette relation ainsi établie, va faciliter la compréhension.

Parlez-lui donc et dites quelques chose comme :

« Tu vois, mon petit choux, ou ma cherie, pour pouvoir t’acheter des habits, des bonbons, t’amener à la piscine, au cinéma, il me faut de l’argent. Donc je vais travailler et à la fin du mois mon patron me donne de l’argent… »

Deuxièmement :

Il faut savoir que cette façon de faire est le volet information, mais malgré tout l’enfant verra partir papa ou maman.
Papa fonctionnaire, maman fonctionnaire quel dilemme ? Quelle affaire ? dira le chanteur ivoirien Daouda Koné.

En réalité, si l’enfant a toujours senti un vide quand papa ou maman est parti(e), c’est bien plus un vide sentimental, qu’un vide physique. La présence physique auprès de l’enfant, il est vrai, est importante. Mais que vaut-elle, si elle ne réunit pas en elle une intimité, un partage, une amitié. La présence des parents à la maison ne doit pas être un remplissage (grossir le nombre de présents effectifs), mais une plénitude (du grec pleires) qui signifie abondance, attente comblée.

Qu’est-ce à dire, sinon que le peu de temps que nous laissent le travail, les retrouvailles entre collègues ou amis, doit être scrupuleusement mis à profit pour être disponible à l’enfant.
Des parents fonctionnaires clament souvent qu’ils ne comprennent pas les plaintes de leurs enfants, car ils font tout pour rester à la maison.

Oui, c’est possible qu’ils restent à la maison mais se mettent-ils à la disposition de leurs enfants ? Que gagne un enfant avec des parents qui sont à la maison devant leurs ordinateurs, ou les yeux dans les journaux ou autres documents, ou alors devant la télévision ?
Nous disons que le peu de temps dont disposent les parents doit être celui consacré aux enfants pour répondre à leurs questions, jeter un coup d’œil aux devoirs, s’interesser à leur habillement et aussi leur poser des questions.

Ce temps de partage, renforce la rélation, créé d’avantage de confiance, donne de l’assurance et transforme l’enfant en un ami véritable. Or entre amis, on se fait des confiances.
C’est ce temps mal exploiteé à la maison qui éloigne les enfants de leurs parents, qui se replient sur eux-mêmes pour ne s’ouvrir qu’à d’autres. Et c’est cela la cassure.
Comment faire comprendre à l’enfant que c’est le travail qui nous fait partir, qui nous fait voyager, qui fait donc que l’on est absent de temps à autres ?

Ce qu’il faut se garder de faire

Répondre sèchement à l’enfant que c’est le travail qui vous occupe tant au point que vous manquez du temps pour lui, fera de votre travail l’ennemi de votre enfant, un ennemi qui lui vole son père ou sa mère. Le travail deviendra un adversaire à combattre et l’enfant saura bien s’y prendre.
Ainsi, il attendra que vous soyez prêt pour aller au travail et vous faire remarquer que :

- Ses habits ne sont pas répassés ou qu’il manque un bouton quelque part

- Sa tenue d’école est salle ou déchirée

- Il ne retrouve pas une de ses chaussures

- Qu’il a mal à la tête qu’il veut un comprimé

- Etc.
Conséquences : Vous vous mettez en colère aux premières heures de la journée et toute la journée prendra un coup et votre rendement au service avec.

Ce qu’il faut donc faire ?

Dans l’intimité de la communication, parlez à l’enfant des bienfaits et des retombées de votre travail.
Prouvez-le, en le lui faisant bénéficier des fruits de votre travail et lui expliquer que ses habits, son vélo ou sa moto, les jouets et autres divertissements sont possibles parce que vous faites bien votre travail.
Il doit être informé des attestations, des félicitations, et des decorations que vous recevez au travail.
Communication parent/enfant : un pourvoir puissant pour :

- Bénir : il ne faut pas penser tout de suite à un terme religieux car Bénir quelqu’un c’est simpliment :
1. Bien lui parler, non dans le sens d’insister, mais dans celui de lui dire des paroles et de la bonne manière.

2. Parler bien de lui. Ici, il sera surtout question du contenu.
Avec ce principe de bénir, le parent doit tenir compte de la posychologie de l’enfant et éviter de crier pour ne pas dire de vociférer.
Si maman ou papa ne sait que provoquer des frayeurs, l’enfant prendra ses distances. Arrêtons-nous un instant sur le deuxième aspect de ce principe, à savoir :

Parler bien de lui.

Je vous fais remarquer que la parole n’est pas que son et souffle. Elle est une force, une dynamique. Elle forge l’être tout entier. La parole est créatrice. Et c’est pourquoi, j’attire votre attention sur ce qui suit :
La parole (les mots donc) ne tombe jamais à terre.
Dans les saints livres, il nous est raporté que Dieu a créé le monde par sa parole, et par ailleurs il est dit que l’homme est créé à l’image de Dieu, ou à la ressemblance de Dieu.
Que retenir de tout cela ? Sinon que par la parole, l’imaginaire peut devenir une réalité. En Afrique, nous croyons aux effets néfastes de la malédiction.

Pour ce qui est de la communication parents / enfants, il est à retenir que par la parole l’un et l’autre peuvent agir pour transformer ou déformer l’autre. Autement dit nous pouvons avoir par nos paroles, les parents que nous voulons ou les enfants que nous voulons.

Que fait-on entendre à nos enfants ?

Que disons-nous d’eux, à eux-mêmes et aux autres en ce qui les concerne ? Que font entendre les enfants à leurs parents ? Que disent-ils d’eux à eux-mêmes et aux autres en ce qui les concerne ? Quand un parent se permet de dire à son enfant : « tu ne vaux rien…tu es bête…tu ne seras jamais rien ». Sait-il qu’il a prnoncé une condamnation sur lui, qu’il a ainsi scellé son sort ?

Quand un enfant se permet de dire à son père ou à sa mère : « Tu es méchant....tu n’es pas gentil etc » sait-il qu’il a prenoncé une condamnation sur lui, qu’il a ainsi scellé son sort ? Retenez que la vie et la mort sont au pouvoir de la langue. Par la communication, nous transmettons des signaux forts à celui d’en face, ces signaux l’atteindront et vont le manipuler dans le bon ou dans le mauvais sens. Quel genre d’enfant voulons-nous avoir ? Quel genre de parent voulons-nous avoir ?

Appliquons sans plus tarder le principe de la bénédiction.

La demarche est simple. Aux parents de parler à leurs enfants pour qu’ils écoutent, qu’ils écoutent leurs enfants et ces derniers parleront. De même aux enfants de parler à leurs parents pour qu’ils écoutent et de les écouter pour qu’ils leurs parlent.
Alors, à qui se réferer en cas de crisse profonde de communication ?
Quand il y a crise, que les parents aillent vers les enfants et que les enfants aillent vers les parents.
Si ça ne marche pas, que les parents retourment vers les enfants et les enfants vers les parents.

Le même exercice est à faire et à refaire jusqu’à ce que les ponts soient rétablis parce que le parent, c’est le parent ce n’est pas un simple géniteur et l’enfant est son enfant ce n’est pas un enfant parmi tant d’autres.

Les autres personnes (oncles, tantes etc.) et même le conseiller conjugal, si elles sont sollicitées, doivent intervenir pour tenir conseil et non se limiter à donner des conseils. Leur rôle est de créer un cadre, un environnement, une atmosphère, des conditions propices pour le retablissement du dialogue qui debouchera sur une vraie communication avec pour aboutissement une vraie et profonde communion.

Rock Audacien D. Damiba : Conseiller conjugal
Email : damibashalom@yahoo.fr

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 15 novembre 2011 à 10:05
    En réponse à : vie conjugale : Communication parents – enfants

    MERCI POUR CE SUPER ARTICLE

    Répondre à ce message

  • Le 15 novembre 2011 à 11:23
    En réponse à : vie conjugale : Communication parents – enfants

    Merci beaucoup pour cet article qui m’a permis de comprendre certaines de mes erreurs. Je m’évertue de les corriger depuis près d’un an car je me suis rendue compte que le travail m’a poussé loin de mes enfants. Mais je vous assure que c’est pas facile, mais je suis reconfortée quand les enfants viennent de temps en temps vers moi car cela ne se faisait plus.
    Je souhaite que des parents ou des enfants qui ont traversé des problèmes de communication et qui ont pu les résoudre nous fassent partager leur expérience.
    Vraiment merci.

    Répondre à ce message

  • Le 15 novembre 2011 à 15:25, par Pros
    En réponse à : vie conjugale : Communication parents – enfants

    Merci infini pour cet article. Mes encouragements àu conseiller conjugal Audacien Damiba

    Répondre à ce message

  • Le 15 novembre 2011 à 16:01, par Kaizen
    En réponse à : vie conjugale : Communication parents – enfants

    Merci pour cet article d’une importance capitale. Malheureusement la société n’a pas encore inventé une école pour former à devenir des parents alors que c’est un "travail" très difficile et très utile pour la société.
    Je pourrais ajouter qu’il faut créer de bonnes habitudes de communication en faisant périodiquement le bilan d’une période passée (année, trimestre ou mois ou semaine selon le rythme choisi) et en prenant des engagements de part et d’autre pour la période à venir, un peu comme on gère une entreprise avec des partenaires importants. La deuxième stratégie est d’avoir des moments de tête à tête individuels avec chaque enfant et lui laisser le choix de proposer l’activité à réaliser avec le parent. On fait savoir à l’enfant que tel ou tel moment lui est consacré et qu’il est libre de proposer quelque chose pour occuper ce temps.
    Enfin, les enfants apprennent beaucoup des erreurs de leurs parents. Il ne faut donc pas hésiter à raconter aux enfants des erreurs qu’on a commises et qu’on regrette. Cela donne en plus l’impression que vous êtes honnête, crédible et qu’ils peuvent vous parler de leurs bêtises aussi.
    courage à tout le monde.

    Répondre à ce message

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