REVENDICATIONS SYNDICALES : "Il faut que le gouvernement respecte ses engagements"

vendredi 28 octobre 2011 à 01h34min

La lutte acharnée du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS) et de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER) avait amené le gouvernement à signer, le 26 mai 2011, un protocole d’accord avec ceux-ci autour de leurs points revendicatifs. Cinq mois après, les syndicats ont décidé, à travers une conférence de presse, tenue à la Bourse du travail à Ouagadougou le 27 octobre dernier, de faire le bilan de la mise en oeuvre de ce protocole d’accord. Au cours de cette conférence, les Secrétaires généraux (SG) des deux syndicats ont relevé des points d’insatisfaction et invité par la même occasion le gouvernement à respecter ses engagements jusqu’au bout.

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A quelques jours de la rencontre annuelle gouvernement-syndicats, le SNESS et la F-SYNTER ont trouvé opportun de faire un bilan du protocole d’accord qu’ils ont signé avec leur partenaire le 26 mai 2011 autour de leurs points revendicatifs. Selon le bilan dressé par le SG du SNESS, Samuel Dembelé, il n’y a pas eu de satisfaction au niveau des effectifs pléthoriques car de nombreux établissements ont crevé le plafond de 100 élèves par classe. A titre d’exemple, on dénombre à Bobo-Dioulasso en classe de 6e, 159 élèves au lycée national en début octobre, a-t-il confié. Il a relevé que le point relatif au reclassement des conseillers pédagogiques de l’enseignement secondaire reste aussi insatisfait.

Il y a aussi des aspects au niveau des questions indemnitaires qui ne sont pas convenablement satisfaits. Il s’agit de la prise en compte des autres personnels du ministère des Enseignements secondaire et supérieur, de l’augmentation de l’indemnité de logement pour prendre en compte les réalités actuelles des coûts de logement. La spécificité du métier d’enseignant mérite que cette question soit examinée avec beaucoup d’attention, a soutenu M. Dembelé. Il a laissé entendre que le SNESS et la F-SYNTER n’accepteront pas que cette revendication capitale pour les enseignants soit diluée dans des considérations indemnitaires générales des agents de l’Etat. " Il est impératif que la fin novembre 2011 voit le règlement définitif et total de la question de l’indemnité spécifique pour les personnels visés dans le protocole d’accord", a-t-il ajouté. Pour lui, la satisfaction totale des points revendicatifs contribuera à créer les conditions d’un climat apaisé dans le milieu scolaire et universitaire. Aussi a-t-il invité le gouvernement à respecter ses engagements jusqu’au bout.

Le SG du SNESS et celui de la F-SYNTER, Mamadou Barro, ont fait savoir que les choses peuvent se détériorer entre les syndicats et le gouvernement si celui-ci pense qu’il suffit de prendre des engagements pour calmer les ardeurs et ne plus les respecter. Le tableau dressé par les responsables syndicaux n’est pas totalement sombre.

Les points satisfaits

On note des efforts sur la question de l’apurement des arriérés d’avancements, même si tous les travailleurs ne sont pas encore rentrés dans leur droit en ce qui concerne l’incidence financière. Pour ce qui est de l’élargissement de l’indemnité de sujétion aux autres personnels ATOS du CNRST et de la restitution de l’indemnité de logement des inspecteurs de l’enseignement secondaire, le premier a été entièrement satisfait et le second vient de connaître son début d’application à la fin de ce mois d’octobre comme convenu dans le protocole. Il en est de même en ce qui concerne l’institution d’une indemnité spécifique au profit des personnels de l’éducation où un grand nombre de personnels enseignants et d’encadrement ont constaté, à l’échéance de fin octobre, un début de concrétisation de cet engagement à travers leur bulletin. Le point relatif aux indemnités servies aux examens, pour la session de 2011 a été aussi satisfait d’après les animateurs de la conférence.

Dabadi ZOUMBARA

Le Pays²

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Vos commentaires

  • Le 28 octobre 2011 à 08:52, par Infirmier de brousse
    En réponse à : REVENDICATIONS SYNDICALES : "Il faut que le gouvernement respecte ses engagements"

    C’est bien fait pour le SHYNTSHA qui a voulu jouer au syndicat sage pendant les temps forts de la crise où la plupart des syndicats et autres corporations (armée, police, douane, eaux et forêt, finance, action sociale, enseignement etc.) en ont profité pour arracher plein d’intérêts pour leurs militants. SYNTSHA est devenu un syndicat suspect.

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  • Le 28 octobre 2011 à 11:26, par SAM
    En réponse à : REVENDICATIONS SYNDICALES : "Il faut que le gouvernement respecte ses engagements"

    Votre position ressemble fort à du chantage pur et simple. Ce n’est pas parce que c’est la reprise des classes ( vos soldats, les élèves sont là) qu’il faut maintenant vous rappeler que certaines de vos revendications n’ont pas été satisfaites ; parmi vous au présidium, qui tient une classe ? Trop de sans scrupule dans ce pays-là.Tout ce qui vous intéresse c’est l’argent mais que dites vous des résultats scolaires qui sont en deçà des attentes ? Des enseignants(notamment dans les villages) qui désertent les classes durant des jours voire des semaine et qui ne sont ni en congé ni en permission ? Mais cette année si vous introduisez encore les grèves à n’en pas finir dans l’enseignement, ne soyez pas étonnés que certains de vos collègues soient lynché par les parents d’élèves.

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  • Le 28 octobre 2011 à 12:00, par SIDIBE
    En réponse à : REVENDICATIONS SYNDICALES : "Il faut que le gouvernement respecte ses engagements"

    COURAGE AU SNESS ET A LA F-SYNTER.SEULE LA LUTTE PAIE.RESTONS VIGILANTS ET MOBILISES.

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  • Le 28 octobre 2011 à 12:34, par Madi Kadhafi
    En réponse à : REVENDICATIONS SYNDICALES : "Il faut que le gouvernement respecte ses engagements"

    Il faut songer à verser les indemnités à tous les agents publics et veillez à leur augmentation pour tenir compte du niveau de vie très élevé et du coût de la vie.
    Promesse avait été faite de l’application effective des mesures prises en ce qui concerne les indémintés pour tous les fonctionnaires mais rien a été constaté à la fin de ce mois.
    Qu’y a t-il donc ?
    Nous ne voulons plus voir ce pays prendre feu, donc il faut qu’en fin novembre, les agents de l’Etat puissent constater leurs indemnités avec un rappel.

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  • Le 28 octobre 2011 à 16:44, par un médecin fâché
    En réponse à : REVENDICATIONS SYNDICALES : "Il faut que le gouvernement respecte ses engagements"

    Il faut que le Premier ministre TIAO fasse tout pour garder la confiance que les burkinabè ont eu à lui placer ; chez nous, peuples semble t-il de littérature orale, la parole donnée engage l’honneur de celui qui la donne ; autrement il est comparée à une femme. C’est une des causes de l’échec patent du Premier ministre ZONGO. Quand on perd la confiance d’un partenaire, il sera difficile de composer ensemble. Si le gouvernement a signer des accords, il doit les respecter à 100%, car ce n’est pas tous les points de la plate forme qui ont fait l’objet d’accord avec le gouvernement !Aujourd’hui je viens de lire la plainte des enseignants, mais celui des médecins est là ! Des médecins ont été engagés depuis la mise en application de la Loi 13/98 et d’un décret d’application définissant les emplois spécifiques du ministère de la santé. Suite à l’appel à la grève lancée par le SYNTSHA en fin juin 2010, le gouvernement de TIAO avait signé un protocole d’accord avec celui-ci en plusieurs points dont la régularisation de la bonification d’échelon des médecins engagés depuis 1998, dont sciemment l’Etat a violé ses propres textes en ne leur accordant pas ces 2 échelons.L’échéance de fin octobre 2011 avait été fixé pour cette régularisation, mais des commentaires par ci et par là trouvaient les sommes dues par l’Etat à certains de ces médecins trop importantes (autour de 3- 3,5 millions environ par médecin pour les plus anciens du lot). En fin octobre rien en vue ; pire à la DRH santé, le dossier serait dans un statu quo. C’est vrai que ce DRH était plutôt abonné aux missions, séminaires et autres manifestations que de rester au bureau pour travailler.
    Une fois de plus si le gouvernement à des difficultés, il serait mieux qu’il rencontre les partenaires sociaux pour communiquer avec eux. Nous aimons tous ce pays, c’est pourquoi des médecins travaillent depuis 13ans sans ces bonifications que les textes sur les emplois spécifiques du ministère de la santé leur donnent droit depuis lors. Certains du peuple n’ont pas compris certaines frustrations de certains de la santé,dont ce genre de comportement des premiers responsables est une des raisons.
    De toutes les façons la facture ne fait que se corser, car un mois de plus non payé de ces bonifications élève le montant de l’enveloppe. Monsieur les membres du gouvernement, on vous attend pour les explications dans un de vos points de presse !

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