Présidentielle en Zambie : Michael Sata, ou le prix de la persévérance

lundi 26 septembre 2011 à 01h08min

L’alternance en Afrique, c’est possible. N’en déplaise aux affreux pessimistes. Certes, le phénomène relève encore de l’ordre de l’exceptionnel, mais il faut croire que le « miracle », que les masses africaines appellent de tous leurs vœux, a tendance à se répéter sous nos cieux. Il y a eu, bien sûr, le printemps arabe durant lequel bien des régimes autoritaires ont vacillé sous les coups de boutoir des foules excédées par des décennies de pouvoir autocratique.

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Plus près de nous, on a vu des changements s’opérer par la voie des urnes malgré quelques dérapages plus ou moins contrôlés dans des pays comme le Niger ou la Guinée ; et même dans des démocraties confirmées comme le Ghana ou l’Afrique du Sud.

Bonne nouvelle, le cercle encore restreint de ces démocraties africaines florissantes vient de s’élargir : la Zambie s’apprête à vivre l’alternance pour la deuxième fois depuis son indépendance, acquise en 1964.

C’est le chef de l’opposition qui a remporté la présidentielle du 20 septembre dernier, coiffant au poteau le président sortant et, de surcroît, le parti au pouvoir depuis 20 ans.

Michael Sata du Front patriotique (FP) l’a emporté avec 43% des suffrages contre 36% pour Rupiah Banda, le président sortant.

Il faut dire qu’à 74 ans, comme son prédécesseur, celui que ses compatriotes surnomment « le roi cobra » a escaladé une à une les marches menant au succès : cet ancien gouverneur de province a jadis été ministre sous la bannière du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD), le parti de son adversaire Rupiah Banda. En 2001, il quitte les rangs pour créer son propre parti et perd les élections la même année. En 2006, il s’incline une fois de plus contre Levy Mwanawasa. Deux ans plus tard, à la mort du président, il s’incline de nouveau face au vice-président du gouvernement Mwanawasa, Rupiah Banda.

Et comme la suite l’a démontré, c’est à force de persévérance qu’à sa quatrième tentative, l’ancien cacique devenu leader de l’opposition a gravi la plus haute marche du pouvoir, dans un pays doté d’un environnement institutionnel et politique ouvert, où tout est possible à qui sait attendre. Un exemple que ne manqueront pas de suivre les quelques opposants africains gagnés par le découragement ; car la progression lente de Michael Sata prouve à ceux qui en doutaient encore que l’alternance tant souhaitée est bel et bien envisageable, avec beaucoup de persévérance et pour peu que l’environnement s’y prête.

Encore un bon point pour la démocratie dans l’ex-Rhodésie du Nord qui, depuis 1991 et la fin du système de parti unique incarné par le père de l’indépendance, Kenneth Kaunda, a fait d’énormes progrès dont les Zambiens en général, et le premier d’entre eux en particulier, peuvent aujourd’hui goûter les fruits.

Pour preuve, c’est en adversaire pétri de fair-play que le président sortant a prononcé son discours d’adieu, reconnaissant par la même occasion les résultats du scrutin. « Nous sommes un parti démocratique et nous ne connaissons pas d’autre voie » de conquête du pouvoir suprême. Un comportement des plus inédits sous nos cieux africains, où la coutume veut que le titulaire du fauteuil soit toujours le mieux placé pour mettre toutes les chances de son côté en vue d’une victoire certaine et sans la moindre concession à un éventuel adversaire issu de l’opposition.

On ne peut alors que se féliciter du fait qu’en Zambie, en bonne démocratie, la loi suprême soit celle des urnes.

Fraîchement élu, le président Sata, comme bien d’autres avant lui, entend s’attaquer au fléau de la corruption et promet à ses électeur, en majorité jeunes, une meilleure répartition des ressources et des règles plus strictes en matière de législation du travail. Nul doute alors, qu’avec la persévérance dont il a déjà su faire preuve, le « Roi Cobra » trouvera les voies et moyens de mise en œuvre de tous ses grands projets.

La rédaction

L’Observateur Paalga

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