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Tribune de la femme /Binta Gueye, première adjointe au maire de Ouakam (Dakar) : « J’ai fait quatre fois la prison pour l’intérêt du pays »

Accueil > Actualités > Portraits • • vendredi 23 septembre 2011 à 03h54min

Elle s’adonne activement à la politique qu’elle dit avoir héritée de son père. Militante du parti socialiste depuis la tendre enfance, elle fut élue première adjointe du maire de l’arrondissement de Ouakam en 2009. Calomnies, tortures, incarcérations sont autant de difficultés que Binta Gueye a dû défier pour l’intérêt de sa commune.

« Selon la constitution sénégalaise, le président est élu par suffrage universel et est rééligible une seule fois. Et j’adhère à cette constitution. Et bien que je sois du parti au pouvoir, je n’approuve donc pas l’idée du président Abdoulaye Wade qui veut briguer un autre mandat. », tel est le point de vue de Binta Gueye, prémière adjointe au maire de Ouakam, un arrondissement de Dakar. Mariée et mère de trois enfants, elle fut infirmière d’Etat avant d’être politicienne. En effet, confiait-elle : « A ma sortie de l’école, j’ai été affectée au service de santé de la mairie où j’ai servi pendant 32 ans avant d’être admise à la retraite ».

Binta et la politique

« J’avoue que je suis née dans la politique. Mon père fut un grand politicien et militait dans le parti socialiste depuis 1974 », explique madame le maire. Toute petite, elle suivait son père pour assister aux meetings et autres rencontres politiques. Mais, c’est en 1992 qu’elle va s’y mettre avec beaucoup de difficultés. D’abord responsable de Ouakam Gorois, une coordination de jeunes filles. Elle va gravir plus tard des échelons jusqu’à son élection comme première adjointe au maire en mars 2009. Se mouvant pour l’intérêt du pays, Binta va séjourner en 2006 dans une prison. « J’ai été arrêtée chez moi à 5h du matin avec ma fille ainée. Nous avons été ballottés pendant des jours. Lorsque nous avons été libéré, j’ai passé deux mois en réanimation », confiait-elle.

Cette situation, Binta avoue l’avoir vécue à quatre reprises. Mais, renchérit-elle : « Je me battrai toujours pour mes idéaux et pour l’intérêt de mon pays, le Sénégal ». Associer le foyer et la politique est très complexe, à son avis car il faut avoir un conjoint compréhensif. Au Sénégal, dit-elle : « Beaucoup de femmes font de la politique assez difficilement à cause des pesanteurs socioculturelles. Elle semble avoir de la chance à ses côtés, car son époux et ses enfants la soutiennent dans toutes ses actions. Pareil avec la population de Ouakam et tous les partis politiques. Elle a beaucoup de projets, mais très souvent elle a le moral bas à cause de la vie politique du Sénégal où les droits de l’homme, la liberté d’expression sont bafoués et les conditions socio-économiques désastreuses.

Mais Binta tient à laisser ses marques dans l’histoire de la commune de Ouakam, raison pour laquelle elle ne compte pas baisser les bras. Elle a mijoté d’ailleurs l’ambition d’entrer à l’Assemblé nationale ou obtenir un poste ministériel pour mieux défendre ses idéaux en phase avec l’intérêt de sa commune. Amoureuse du Basketball, en plus d’être maire, elle est la trésorière de l’équipe nationale féminine de basketball du Sénégal. La femme selon elle, c’est celle qui sait bien faire la cuisine et s’occuper de son conjoint.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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