Ruée vers les stimulants sexuels : Assurer coûte que coûte...

jeudi 22 septembre 2011 à 01h52min

L’impuissance sexuelle crée chez l’homme, un complexe d’infériorité, souvent difficile à assumer. Conséquence, les victimes ont recours à toutes sortes d’aphrodisiaques, avec le secret espoir de retrouver ou de conforter leur vitalité sexuelle. Qu’ils soient modernes ou traditionnels, les vendeurs et consommateurs de ces stimulants sexuels ne tarissent pas d’éloges sur leur « qualité ». Alors que l’origine douteuse de certains produits n’est pas sans dommage sur la santé.

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L’utilisation des stimulants sexuels par bon nombre de personnes répond le plus souvent à un besoin de renforcer leur virilité. De crainte de ne pas pouvoir satisfaire sexuellement, son partenaire, l’on est prêt à tout pour être performant !. « C’est un secret. On n’ose pas parler de ses faiblesses sexuelles à une femme, encore moins à la presse », souffle à demi-mot, Amidou Sankara, vendeur de friperie. Même en face des spécialistes en gynécologie, ils ne sont pas nombreux les patients souffrant d’impuissance sexuelle à parler de leur mal.

Il nous arrive cependant d’entendre : « Je n’arrive pas à la satisfaire », « je ne démarre pas », « je ne bande pas », ou encore « ça ne marche pas ». Inutile de préciser ce qui ne marche pas, ou ne demarre pas. Selon Dr Boubacar Zerbo, lors des consultations, les patients souffrant de troubles sexuels n’abordent pas directement la question. « Ils commencent par parler de maux de reins ou de dos », dit-il. Pourtant, derrière cette gêne de s’exprimer de façon explicite, sur le sujet, se cachent de grands amateurs d’aphrodisiaques. Zerbo Serge Damiba, étudiant à l’Université de Ouagadougou ne tarit pas d’éloges sur le bienfait de ces produits. « J’utilise le viagra pour augmenter mes performances, je veux qu’elle sache que je suis un digne fils », confie-t-il, à cœur joie.

DT dit avoir retrouvé sa virilité après avoir pris des aphrodisiaques. « Ma copine m’a dit que mon arsenal ne sert à rien, que je ne fais que la salir seulement. Je me suis vu humilié. Alors, je me suis confié à un médecin qui m’a prescrit un aphrodisiaque. Maintenant, je tiens le coup et elle ne peut plus se passer de moi », raconte-t-il, visiblement fier de ses « exploits ».
L’utilisation de stimulants sexuels ne concerne pas uniquement les hommes. Les femmes en raffole également. Mme Nikièma, une consommatrice régulière dit débourser en moyenne la somme de 2000F CFA par semaine pour l’acquisition de ces « pilules ». Elle a confié que son mari a deux femmes et que cela fait partie de ses secrets pour être la plus désirée. « S’il faut que je dilapide mes économies pour le conserver, je n’hésiterais pas », souligne-t-elle.

Du "viagra" au "kamangra" en passant par la "yohimbine" pour ce qui concerne les produits de la médecine moderne. En plus de ces produits dits modernes, figurent d’autres de la pharmacopée traditionnelle. La composition de ces produits varit en fonction des aspirations du client. Ainsi, on y trouve des poudres faites à base, semble-t-il, de sexess d’animaux, de racines de plantes, de feuilles d’arbres et bien d’autres. « Il y a diverses sortes de qualité. J’en ai même qui permet de recouvrer la virginité », explique Mme Traoré, une vendeuse de « secret » (NDLR : C’est ainsi que les vendeuses appellent les aphrodisiaques), au grand marché de Ouagadougou. Pour les femmes désireuses d’atteindre un orgasme inespéré et d’être à la hauteur d’un homme déchaîné, les crèmes de douche et des pommades de gels vaginaux leur sont proposées. Elles sont faites à base de peau de cantharide et de permanganate. « Ça marche, je gagne près de 20 000 F CFA par jour, toutes les femmes en prennent », avoue-t-elle.

Des risques encourus

Toutefois, les professionnels de la santé sexuelle émettent des réserves, quant à l’efficacité de ces stimulants sexuels.
Pour le professeur Michel Akotionga, gynécologue-obstétricien, les problèmes d’érection sont pour la plupart du temps, d’ordre psychologique. Selon lui, tous ces aphrodisiaques n’ont d’effet positif que sur la psychologie des utilisateurs. « Dans ces genres de traitement, sauf des cas de maladies réelles, ce sont des placébos qui sont prescrits », précise-t-il. Il explique que les placebos sont des produits non médicamenteux, mais qui agissent sur la psychologie des patients.

De l’avis du Dr Zerbo, il faut voir le problème de l’impuissance sexuelle sous un autre angle. « Le plus souvent, ce sont les soucis qui font qu’ils ne démarrent pas. Qu’ils cherchent à résoudre ces problèmes familiaux, environnementaux et même de travail, avant de courir vers les aphrodisiaques qui ne font qu’augmenter leurs ennuis. Il faut que les gens sachent que l’homme s’épuise. L’organisme tout comme la machine ne peut donner les mêmes résultats après 20 ans. Alors, il suffit d’être réaliste et on trouvera la cause de certains maux », nuance-t-il.

En plus, ces produits généralement, ne font pas l’objet d’un contrôle au laboratoire. Ce qui fait dire au Pr Akotionga que l’envie d’être à la hauteur de qui que ce soit ne doit pas prévaloir sur la santé. Pour lui, ils présentent des risques énormes. « Ils provoquent des infections parfois très profondes du vagin et du col de l’utérus. Une dissémination de ces produits passe forcément dans le sang et peut provoquer une insuffisance rénale, tant chez la femme que chez l’homme », souligne-t-il. Chez les hommes également, l’utilisation des stimulants sexuels a des effets fâcheuses, selon Dr Boubacar Zerbo. A l’en croire, la survenue des problèmes cardio-vasculaires, chez les jeunes, n’est pas à écarter. Il y a l’épuisement des testicules qui peut être source de stérilité.

Selon lui, cela peut conduire à la mort pendant l’acte sexuel, si l’on n’y prend pas garde, puisque les aphrodisiaques accélèrent souvent le rythme cardiaque et n’en pouvant plus, le cœur peut céder. C’est ainsi que Michel Akotionga soutient qu’il est judicieux de recourir aux services de santé, pour des cas de faiblesses sexuels. « Ce n’est seulement qu’à ce prix que l’on peut espérer une sexualité épanouie », conseille-t-il.

Zalissa Sanfo (Stagiaire)

Sidwaya

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