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VIOLENCES FAITES AUX ENFANTS : Composer le 80 00 11 52 pour dénoncer

Accueil > Actualités > Société • • jeudi 15 septembre 2011 à 02h03min

80 00 11 52. C’est désormais à ce numéro que les Burkinabè devront se familiariser pour dénoncer les cas de violences faites aux enfants. En effet, les témoins des violences faites aux enfants n’auront plus de raison de se rendre coupables par leur silence. Composez le numéro 80 00 11 52 et communiquez gratuitement et dans l’anonymat face à une telle situation. C’est au lancement de ce numéro vert que le ministre de l’Action sociale et de la solidarité nationale, Clémence Traoré/Somé, a procédé, le mardi 13 septembre 2011 à Ouagadougou afin de renforcer la protection des enfants victimes de violences dans toutes les régions du Burkina Faso.

"Allô ! C’est le 80 00 11 52, service de l’Action sociale pour la lutte contre les violences faites aux enfants. Je vous écoute... De quel sexe l’enfant est-il ?... Quel âge a-t-il et quel est votre emplacement géographique ? ... OK ! Nous mobiliserons une équipe à l’instant même pour vous rejoindre. Merci". C’est par ces propos que le ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Clémence Traoré/Somé, a répondu à son interlocuteur au bout du fil le 13 septembre dernier lors de la cérémonie de lancement du numéro vert 80 00 11 52. Voulez-vous à votre tour entendre ces mots ? C’est simple. A chaque fois que vous serez témoins de violences faites à un enfant, qu’elles soient physiques, verbales, psychologiques ou sexuelles, sur le territoire burkinabè, il vous suffira de composer le 80 00 11 52 et le tour est joué. C’est gratuit et anonyme.

C’est en résumé le message apporté par le ministre Clémence Traoré/Somé pour la circonstance. Pour elle, le lancement de ce numéro permettra sans doute de renforcer la protection des enfants victimes de violences dans toutes les régions du pays. Mais, précise-t-elle, la mise en place de ce dispositif est l’aboutissement de tout un processus. Des études ont été initialement menées dans les 13 régions du Burkina Faso. C’est ainsi que lors des ateliers de restitution des résultats de ces études, il a été recommandé d’élaborer un protocole d’intervention et la mise en place d’un mécanisme de plainte et de dénonciation pour les cas de violence, en l’occurrence l’institution d’un numéro vert.

Aussi, pour optimiser les chances de succès de ce dispositif, Clémence Traoré a laissé entendre qu’un voyage d’études et d’échanges a été organisé au Bénin et au Togo afin de s’inspirer de leur expérience réussie dans ce domaine ainsi que la formation de 120 acteurs de terrain à Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Elle a aussi souligné que la mise en place de ce numéro ne met pas un terme au processus. Entre autres accompagnements, le ministre a cité la diffusion de spots sur les violences faites aux enfants et sur l’utilisation du numéro vert à la télévision et à la radio et l’équipement de deux (2) unités pilotes de prise en charge des enfants victimes de violences à Ouagadougou et à Bobo, de même que la formation des agents chargés de les animer. Pour joindre l’utile à l’agréable, les pensionnaires et moniteurs de l’hôtel maternel ont présenté un sketch afin de montrer du doigt les réalités des enfants victimes de violences.


LE MINISTRE CLEMENCE TRAORE : "Ce numéro vert n’est que le départ d’une procédure de prise en charge"

"Notre département a lancé en 2008 une enquête sur les violences faites aux enfants et nous nous sommes rendu compte sur le terrain que les cas de violence sont assez récurrents dans notre pays et il n’existe pas de système permettant aux populations qui constatent ces violences de dénoncer et de porter plainte contre les auteurs de ces violences pour nous permettre une prise en charge correcte de ces enfants-là. C’est pour cela que nous avons tenu à lancer aujourd’hui ce numéro vert qui permet même à ceux qui n’ont pas les moyens de dénoncer les auteurs et de nous permettre de prendre en charge les enfants qui sont victimes de violences dans toutes les régions de notre pays.

Ce numéro vert n’est que le départ d’une procédure de prise en charge de toute la chaîne concernée. Ce système doit déclencher tout un système de prise en charge des enfants victimes de ces violences et des familles. Nous avons des financements pour nous occuper de ces enfants. Nous avons aussi le personnel pour la prise en charge des familles parce que très souvent la violence est consécutive à un manque de dialogue entre les membres de la famille. Donc des structures sont mises en place pour une prise en charge de la famille pour leur apprendre à dialoguer. Mais il arrivera qu’on sévisse pour sanctionner les auteurs de ces actes de violences avec le concours des autorités policières et judiciaires."

Germaine KERE (Collaboratrice)

Le Pays

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