Marché des fruits et légumes de Bobo-Dioulasso : Espace de vente ou décharge publique ?

vendredi 26 août 2011 à 02h11min

Des tas d’oranges, d’ignames ou de tarots voisinent et font ménage avec des immondices de tout genre : fruits et légumes en putréfaction mêlés à des ordures ménagères sous des nuées, sinon des bataillons de mouches faisant le va-et-vient entre les boues liquides et compactes et les produits exposés à la vente. Tel est le visage que présente aujourd’hui le marché de fruits et de légumes de Bobo-Dioulasso.

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« Personne ne s’occupe de la propreté du marché provisoire de fruits et légumes », confie Ibrahim Traoré, un vendeur de fruits, installé sur ce site. En effet, le côté Est du marché de fruits et de légumes de Bobo-Dioulasso est l’expression d’un espace insalubre. Un espace occupé provisoirement, en attendant l’intégration des marchands sur le nouveau site construit récemment à la faveur de la réhabilitation des infrastructures marchandes, à l’occasion de la célébration du cinquantenaire du pays à Bobo-Dioulasso.

Les marchands sont installés par endroits avec leurs marchandises et produits sur des tas d’immondices, de fruits et de légumes en état de putréfaction assez avancé, des flaques d’eau sale et surtout la boue qui est omniprésente en cette période d’hivernage. De quoi décourager la clientèle et la détourner de ces lieux si peu reluisants, pour ne pas dire repoussants. Inutile de préciser qu’il s’y dégage aussi diverses odeurs franchement désagréables, à vous faire rendre vos tripes. Les vendeurs sont conscients de la situation, mais préfèrent rester stoïques que d’agir, comme l’indique Sidiki Dramé, vendeur de fruits : « Nous sommes responsables de l’état du marché. Nous avons laissé les ordures s’entasser et les odeurs nous dérangent. Pourtant notre santé en dépend ; nous ne nettoyons pas, faute d’argent ».

Et Issa Traoré un autre vendeur de fruits d’ajouter : « Nous achetons les fruits pour les revendre ; s‘il y a une mévente des produits périssables, ils sont abandonnés à terre et c’est ce qui a rendu le marché sale ». Pour Korotimi Traoré, les marchands ont essayé au début de se charger de l’évacuation les déchets par des charretiers organisés à raison 1500 F CFA par voyage ; mais aujourd’hui rien n’est fait dans ce sens. En fait, selon d’autres sources, pour le nettoyage du marché, tout vendeur de fruits apportait une contribution de 1000 ou 2000 F CFA. Cet argent était géré par les associations de commerçants qui se chargeaient du nettoyage de l’espace. Mais avec la construction du nouveau marché, les commerçants sont plus préoccupés par l’acquisition des places qui sont dégagées sur le nouveau site.

Pour l’occupation des places dans le nouveau marché, les futurs occupants et la mairie ne s’accordent pourtant pas sur le prix des hangars. Les commerçants trouvent les tarifs proposés trop élevés. A cet effet, Ibrahim Traoré estime que « le problème c’est le prix des hangars du nouveau marché qui varie de 295 mille à près de 3 millions F CFA ».

Evariste YODA & Ousmane TRAORE (Stagiaire)

Sidwaya

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