Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

vendredi 19 août 2011 à 01h54min

Il est arrivé dans les locaux du journal à bord d’un taxi. Pour qui connaît les embouteillages monstres sur la rue qui mène au siège du journal, il s’agit là d’une sagesse …royale. Au compteur d’Ousmane Amirou Dicko, une vingtaine d’années au Canada dans le domaine pharmaceutique, plus précisément dans la microbiologie et la gestion. Au pays de l’érable, son père, le précédent émir du Liptako qui s’est éteint le 12 novembre 2010, les y avait amenés. Notre invité a été intronisé à Dori, le 30 juin 2011, comme émir du Liptako. Problèmes de succession (un de ses oncles s’est également fait introniser), politique et chefferie traditionnelle, nouvelles ambitions pour le royaume ont été, entre autres, les plats consommés au cours de l’entretien.

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Parlez-nous tout d’abord des dernières années de vie de votre défunt père, qui a régné une cinquantaine d’années sur le Liptako.

C’est quelqu’un qui s’est beaucoup donné pour sa communauté. C’est au cours des différentes missions que j’ai menées au Burkina que je suis tombé sur sa maladie. C’était en 2008 et depuis lors, je n’ai pas bougé du pays. Le premier diagnostic de cancer a été fait pendant cette année. Vous savez que lorsqu’il s’agit de cancer, surtout du pancréas, c’est assez compliqué. Son environnement a réagi avec une grande humanité et une certaine sérénité, ce qui a permis quelque part de déjouer le pronostic. Il a, en effet, vécu deux ans contrairement aux six mois que lui donnaient les médecins.

S’il y a eu intronisation assez mouvementée, c’est bien la vôtre. Quelles en ont été les différentes péripéties ?

C’est quelque part dû au fait qu’il n’y a pas eu d’élection depuis 50 ans. D’autre part, il n’ y a pas de textes écrits qui réglementent le processus de succession. Les uns disent que c’est un petit conseil de famille, d’autres que c’est un conseil de chefs de villages. A mon sens, je pense que logiquement, il s’agit du conseil de villages. Certes, au début, c’est la famille qui élisait mais, n’oublions pas qu’en 1810, quand l’émirat commençait, il ne pouvait y avoir que cinq villages.

Le côté familial est donc très présent. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 200 villages, parmi lesquels 150 chefs qui élisent. La communauté des imams et des sages entérine. Il y en a certainement qui ignoraient que les enfants de l’émir défunt pouvaient prétendre à la royauté. Le fait pour eux que ces derniers ont longtemps vécu à l’extérieur du pays les a certainement confortés dans cette idée.

Et pour vos rivaux, notamment votre oncle, Boubacar Ousmane Dicko, qui s’est fait également introniser, vous avez fait irruption …

Nous avons tout de même des activités professionnelles ! Pouvons-nous rester à Dori.

N’empêche qu’il faut, comme on le dit, marquer son territoire…

Depuis 1992, je n’ai pas fait six mois sans venir au Burkina. Et quand nous arrivons, nous visitons les villages.

Aujourd’hui que vous êtes intronisé, quels sont les liens que vous gardez avec votre oncle ?

Ecoutez, les liens de famille restent les liens de famille ! La genèse de cette intronisation est la suivante : le 15 janvier 2011, la communauté des chefs m’a appelé pour me désigner. Un ou deux jours après, un petit conseil de famille formé de sept ou huit membres s’est réuni pour désigner mon oncle. Nous avons fixé notre intronisation pour le 30 janvier 2011. Mon oncle à son tour a fixé la sienne pour le 4 février 2011.

A cause de ce méli-mélo, nous avons été victime d’un arrêté de suspension. Lorsque l’arrêté a été levé, nous avons fixé notre intronisation le 30 juin 2011 et lui, il l’a fait autour du 8 au 9 juillet 2011. Facile donc de savoir qui talonne qui.

Admettons que tout se passe finalement bien pour vous et que vous soyez définitivement confirmé avec les festivités coutumières. Sous quel signe comptez-vous placer votre mandat ?

Je crois que ce sera sous le signe de la valorisation de la jeunesse. Beaucoup de personnes d’un certain âge oublient que nous sommes au 21e siècle. Aujourd’hui, les jeunes contribuent grandement au développement ; ils travaillent, ils voyagent beaucoup. Je mettrai l’accent sur l’implication de la jeunesse et surtout son autonomie ; en amenant chacun à se dire que le fatalisme ne mène nulle part, et que chacun est capable de faire quelque chose pour sortir de sa situation. Je constate que les gens sont très fatalistes sous nos cieux. Il faut donc amener les gens à prendre leur idée de développement comme étant d’abord personnelle.

La politique et la chefferie traditionnelle, un débat toujours d’actualité au Burkina. Ferez-vous de la politique ?

Moi je ne vois pas pourquoi les chefs coutumiers n’auraient-ils pas le droit de faire la politique. Que l’on m’explique par quelle logique on ne peut la faire ! On oublie souvent que nous sommes des nations à l’intérieur d’une République et que cet arrimage est important !

Le couac est que certains chefs coutumiers qui s’affichent politiquement n’hésitent pas à donner des consignes de vote à leurs sujets. Alors qu’il y a cette liberté de voter celui que l’on pense pouvoir impulser le développement.

Je suis tout à fait d’accord avec vous. J’ai d’abord dit globalement pourquoi les chefs coutumiers n’auraient pas le droit de faire la politique. Mais mon avis personnel est qu’il devrait y avoir de leur part un devoir de réserve. Lorsque vous êtes chef, vous êtes le chef de tout le monde. Il faut donc rechercher le consensus. Le chef ne devrait pas montrer ouvertement quelle est sa sensibilité idéologique. Mais il est tout de même important de collaborer avec le pouvoir en place pour plus de sérénité et pour la bonne marche des choses. Et je suis de ceux qui pensent qu’on se réalise avant d’aller à la politique. On ne va pas à la politique pour se réaliser.

Vous concernant, avez-vous déjà une carte politique ?

Non.

Pas membre d’un parti politique ?

Non

Votre défunt père lui ne faisait pas mystère de son appartenance au parti au pouvoir, le CDP. Et le climat était tout de même assez malsain à Dori, d’autant plus que le maire de la commune, Arba Diallo, est de l’opposition. Comment allez-vous faire pour éviter ce genre de travers ?

Le fait de ne pas avoir une coloration politique est déjà pour moi un grand pas. Cela me prédispose à un dialogue sain avec tout le monde. Je ne pense pas par ailleurs que mon père avait de mauvaises relations avec Arba Diallo. Entre les deux, il y avait plutôt un respect mutuel, même si chacun est d’un parti différent. (Ndlr : hors-micro, l’interviewé a rappelé que l’actuel maire de Dori se trouve être son beau-père).

Justement, votre défunt père annonçait sans langue de bois aucune que la chefferie l’a plutôt ruiné. Aurez-vous – excusez-nous de l’expression – les reins assez solides pour répondre aux multiples doléances de vos sujets ?

Nous ferons tout notre possible. Evidemment, lorsqu’il disait cela, il avait raison. (Ndlr : l’ancien émir avait une situation bien confortable au Canada). L’appel de sa communauté a fait qu’il s’est retrouvé là. Il n’avait pas de mandat électif dans son pays, encore moins une autre activité. C’est aussi mon cas, je pense.

Allez-vous aussi résider à Dori, sans aucune autre activité que votre statut de chef traditionnel ?

Justement le changement commencera par là. Si je ne travaille pas, comment subviendrai-je aux besoins de ma famille ? Je serais toujours dans mon domaine d’activité qu’est l’industrie pharmaceutique. Toutes les habitudes nouvelles et positives, nous essaierons vaille que vaille de les amener à nous pour le bonheur des sujets de l’émirat du Liptako.

Beaucoup m’envoient des SMS en me demandant combien je gagne en devenant émir. Je leur explique qu’il n’y a pas de comparaison entre les richesses extérieures et la joie que l’on éprouve lorsqu’on perpétue la tradition, et que l’on se rapproche de ses compatriotes pour leur être utile.

Entrtetien realisé par Issa K.BARRY

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 19 août 2011 à 08:51, par zang+
    En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

    Felicitation au nouveau chef et surtout Sante de Fer pour Vous et votre Famille afin que Vous Puissier perpetuer les valeurs qui vous ont été leguées par votre père !!

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  • Le 19 août 2011 à 10:47
    En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

    Mr le journiliste, pardon ! écrivez Emirat avec E majuscule SVP.
    Bon règne a notre Emir !

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    • Le 19 août 2011 à 17:04, par zangazanga
      En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

      EXCUSEZ-MOI,TOUT DE MEME NOTRE PETITE RéP FRAGILE PARCE QUE TROP JEUNE RESISTERAIT-ELLE A TOUTES CES RENAISSANCES DE LA FEODALITE.EN EFFET,SI LE BANNISSEMENT DE LA FEODALITE PAR LA REPUBLIQUE SERAIT CONSIDERE COMME OFFENSIF A L’EGARD DES ANCIENS DANS UNE AFRIQUE QUI BALANCE ENTRE MODERNITE(démocratie)et (gérontocratie)au nom d’une paix civile qui cache en réalité les faiblesses d’une classe dirigente"élite" qui utilise souvent cette institution coutumière pour sa propre légitimité.A mon avis après 50 ans d’existence il est temps de savoir ou on va cela passe d’abord par le renforcement de la citoyenneté et donc autour de la rép qui est difficilement compatible avec le maintien des odres anciens.Moi meme je suis issu d’une grande famille (petit royaume Samo) dont l’influence s’etend dans un rayon de 50 km pour autant au nom de la rép j’ai choisi la citoyenneté c-à-d la nation au lieu d’une micronation qui est bien pour l’histoire seulement.
      Conclusion,50 ans après l’indépendance on assiste depuis quelques années aux intronisations des chefs issu des couches bien éduquées au sens académique contrairement à leurs parents illetrés si on y prend pas garde le dechirement de notre fragile rép risque de l’emporter sur le vivre ensemble.

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  • Le 19 août 2011 à 17:23, par Wééndou
    En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

    Ainsi cette affaire de double chef à Dori fait son petit bonhomme de chemin avec la sous-info, ou la mal-info, ou la non-info carrément ; en effet, il faut savoir qu’il s’agit d’un pouvoir traditionnel appartenant à une famille qui « enturbane » qui elle veut parmi ses membres ! il n’ya point de démocratie dans cette affaire-là ; c’est du monopole des princes ! Et pour Dori, toutes les branches princières du Liptako ont fait bloc autour de l’Oncle ; alors, quelques soient les qualités de celui-ci, il ne devrait plus y avoir de débats ! Il ne peut y avoir de "collège électoral" en dehors des princes Férobés. Des corps étrangers, totalement étrangers, se sont melés à cette affaire qui ne les regarde point ! Pour des raisons qu’eux seuls savent et n’avouent pas ; Et puis, il faut savoir que depuis la création de l’Emirat du Liptako, aucun Emir n’a été succédé par son fils, en dehors du dernier regretté, qui, lui même, l’avait réussi dans des conditions rocambolesques ! Il me parrait difficile d’être Emir contre, pratiquement, toutes les branches princières, même avec des vouvouzélas trés zélés.

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    • Le 19 août 2011 à 18:32
      En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

      On peut être sérieux un instant ?un microbiologiste qui abandonne tout pour devenir Emir et ki se plaint que le titre ne donne pas a manger et a boire et en meme temps ossi,il est entrain de se déchirer avec son oncle pour ce titre "vaurien".je trouve ça bien louche moi.toutes ces structures féodales ne nous amèneront nulle part sauf dans le chaos.on doit avoir le courage d’abolir toutes chefferies parallèles

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    • Le 23 août 2011 à 23:52, par Kampiti
      En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

      Est-on Emir de sa communauté (sa population) ou de Sa Famille. C’est Wééndou qui semble plutot faire de la sous info. Fallait qu’il aille devant le Collège des Electeurs... Qu’est ce qui l’empechait de se presenter ou est-il parmi ceux qui esperent qu’un Vieux de 72 ans (une fois sur le Trone) laisserait bientot une place libre et on repartirait encore a zero...

      De toutes les façons l’actuel Emir est normalement intonisé et fait l’Unanimité dans sa population et dans SA FAMILLE. Allons savoir de quel ’’Membre’’ de famille Wééndou fait allusion ?

      Il y a 50 ans le defunt Emir succedait à son pere suite a un vote des Chefs coutumiers. Son Pere avant lui avait eu deux autres candidats et à l’époque aussi il fallut le vote des Chefs Coutumiers pour les departager. Allez sachons construire...Rendez vous plutot le 12 Nov prochain pour les festivités (à Wendou peut etre...).

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  • Le 19 août 2011 à 22:18, par Un fils de la region
    En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

    Je suis tres decu de lire a propos de cette discorde entre Oncle et neveu que je connais tres bien. Cela est tres decevant et sa montre que la sagesse s’enfouille loin loin de ce monde. J’admire le calme et la sagesse de l’autre neveu qui est a Ouaga et qui se mele pas de la politique et qui as tjr le respect de la population et il s’investit tjr pour les causes de la region. Pour ceux qui disent la chefferie n’a pas de revenues qu’ils le disent a ce qui ne le savent pas et non aux ressortissants de la region qui savent bien les affaires a Dori. Je respecte la tradition et le chef mais quand la chefferie est mixee a la politique pour manipuler les moins eduquees pour des fins politiques ca devient de la pure escroquerie. Je souhaite Mr Dicko tout le meilleur mais sachez que une tache lourde vous attends et menez votre role avec honneur et respect parce que votre honneur c’est l’honneur du Liptako. Vous apprendrez beaucoup de lessons en ecoutant la population et ils vous diront les erreurs commises par le precedent (Paix a Son ame). Cependant je deplore la bicephalite qui existe en ce moment.

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  • Le 24 août 2011 à 20:37, par Kampiti
    En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

    Avant la présente intronisation, il y a eu 11 Emirs : 5 Emirs ont exercés durant la période Précoloniale, 5 ont exercés leurs mandats pendant la période coloniale et seul le 11eme Emir a exercé de l’indépendance de notre pays au 12 Novembre 2011. Il s’agit du défunt Emir, de Sa majesté Dicko Abdoulaye Nassourou, qui a eu la chance de connaître tous les gouvernements qui se sont succédés depuis la Haute Volta jusqu’au Burkina Faso.

    Depuis la création du Royaume du Liptako en 1810, les successions ont toujours été litigieuses, il a fallut, dans plusieurs cas, passer au vote pour départager les prétendants.

    QUI PEUT VOTER ?

    Au tout début, lorsque que le Royaume n’était composé que d’une dizaine de villages, la plupart des Chefs de Village étaient membres de la famille de l’Emir, donc des Férobés. Ainsi ces mêmes personnes étaient invitées à se prononcer sur toutes les questions cruciales du Royaume : guerres, nominations, intronisations. Au fur et à mesure que le Royaume grandissait d’autres personnes que les Férobés devenaient Chefs de Villages. Aujourd’hui le Liptako compte plus de Chefs de Village non Férobés que des Férobés. C’est au titre de Chefs de Villages que tous prenaient part aux décisions importantes du Royaume ; par exemple la désignation de l’Emir.

    QUI EST ELIGIBLE ?

    Les Férobés sont considérés comme des nobles. Au Liptako les Férobés, sont les seuls à pouvoir prétendre au trône du Liptako, donc à assumer la fonction et le titre d’Emir. Lorsqu’un Emir décède, il y a une consultation interne entre les héritiers de l’Emir pour connaître celui ou ceux qui veulent prétendre à la succession de leur père. Dans l’Ordre de priorité, la succession est réservée en premier lieu aux descendants directs du dernier Emir en exercice. Les résultats de cette consultation sont portés à la connaissance de toutes les familles Férobés et à celui des chefs de villages (aussi appelés Djoroubés). S’il y a consensus, le seul prétendant est désigné Emir. Par contre, s’il n’y a pas consensus entre plusieurs prétendants, les chefs de Village qui sont les seuls électeurs, sont appelés à voter pour départager les candidats.

    Selon les coutumes du Liptako, la désignation (ou nomination) de l’Emir du Liptako a toujours lieu avant l’intronisation. Cette désignation est faite en dehors de la Cour Royale par vote ouvert ou secret des Chefs de Village. Ensuite les Sages du Liptako se réunissent pour fixer la date de l’Intronisation.

    Il y a 50 ans tous les frères du défunt Emir auraient pu présenter leurs candidatures. Bien qu’ils aient eu la possibilité de le faire, aucun d’eux ne se porta candidat à l’époque. Par contre, il y a 50 ans, un des Oncles du défunt Emir s’était présenté candidat contre lui. Qui a départagé le 11eme et son Oncle à l’époque ? C’est le vote des Chefs de Villages, seuls électeurs reconnus par la coutume, lorsqu’il y a plus d’un prétendant au trône du Liptako qui fit de l’Emir décédé le 12 Novembre dernier, le 11ème Emir du Liptako. Tel fut aussi le cas pour le Père de son Père. Il a été, en son temps, opposé à deux (2) autres Candidats et ce fut encore par le vote des seuls électeurs coutumièrement reconnus que sont les Chefs de Villages qui décidèrent de porter leur choix sur Sa Majesté, Monsieur Dicko Ousmane Amirou (Grand Père de L’actuel Emir) et de faire de lui le 10ème Emir du Liptako.

    Voici chronologiquement les faits marquants des intronisations passées et concernant ce sujet actuel d’intronisation de l’actuel Emir(s) du Liptako qui, comme toujours, soulève beaucoup de passions. S’il y a opposition entre l’actuel Emir et son Oncle, c’est que l’Oncle n’a jamais voulu se presenter devant le College Electoral. Ceux qui parlent d’un petit conseil de famille qui designent l’Emir veulent tronquer la realité et discrediter l’Institution.

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  • Le 24 août 2011 à 22:26, par Kampiti
    En réponse à : Ousmane Amirou Dicko : De la microbiologie au Canada à l’émirat du Liptako

    Dans la tradition du Royaume du Liptako, la procédure normale de succession d’un Emir du Liptako est la suivante :

    A la suite du décès d’un Emir, ses héritiers sont convoqués par les Familles Férobés dont les parents ont assumés à une époque la chefferie pour concertation en vue de proposer une candidature aux chefs des villages qui ont la charge d’élire l’Emir. Suite au décés de l’Emir, le 12 Novembre 2010, c’est dans l’ordre des choses que les rencontres ci après se sont tenues.

    Le 15 Janvier 2011, s’est tenu une rencontre de concertation des Chefs des Villages, Représentants Religieux, chefs de Quartiers de Dori et les Familles Férobés du Liptako, pour la désignation de Monsieur DICKO Ousmane Amirou comme successeur de son Père, l’Emir Dicko Abdoulaye Nassourou.

    C’est sous le signe de ce dynamisme souhaité par une très grande majorité de la population que s’est déroulée la toute première rencontre de désignation du nouvel Emir suivant des coutumes plusieurs fois centenaires du Liptako.

    Tous les départements, villages composant l’Emirat du Liptako étaient représentés par leurs Chefs Coutumiers, Imans et Notables respectifs.

    Le 18 Janvier 2011, s’est réuni à la hâte entre 2 antichambres de la cour royale, un clan familial formé de frères, cousins, femmes, enfants et petits-enfants de Monsieur Dicko Boubacar Ousmane. Cette rencontre improvisée, avait pour seul et unique objectif de contrecarrer la cérémonie de la désignation de Monsieur DICKO Ousmane Amirou comme Emir le 15 Janvier. C’est au cours de cette cérémonie que les frères, cousins, femmes, enfants et petits-enfants ont désigné à son tour Monsieur Dicko Boubacar Ousmane comme Emir du Liptako. Le nombre de Chefs de Village, Imams et Notables présent sur les lieux pouvait se compter sur les doigts d’une seule main.

    Le 25 Janvier 2011, réunis en Assemblée Générale, le Conseil de Sages et Notables des Férobés, des Imans et des Chefs Coutumiers a pris la décision de procéder à la cérémonie d’Intronisation du Fils ainé de l’Emir du Liptako, Mr Dicko Ousmane Amirou, à la date du 31 Janvier 2011.

    Cette Assemblée Générale, a provoquée une réaction du Camp adverse. En effet, un clan familial composé des frères et cousins du prétendant (l’Oncle du nouvel Emir) a tenue une réunion pour fixer à leur tour une date d’Intronisation le 04 février 2011.

    Dans le souci de préserver la paix sociale, un Arrêté de Suspension de toute cérémonie d’intronisation de l’Emir du Liptako, est pris par le Haut Commissaire du Séno le 29 Janvier 2011.

    Voici chronologiquement les faits marquants concernant ce sujet d’intronisation d’Emir(s) du Liptako qui soulève tant de passions.

    L’histoire du Liptako bien que riche est essentiellement basée sur l’oralité. L’écriture n’étant introduite que depuis la colonisation à grande échelle de 1890 à 1900, il est difficile de bâtir une chronologie précise des événements historiques qui ont jalonnés les siècles passés. Toutefois, tout le monde s’accorde pour dire que les Férobés sont arrivés sur le Territoire qui constituera le Liptako en 1709 ; le Liptako fut fondé seulement en 1810. Dès sa fondation, un litige opposa déjà 3 frères pour le titre de l’Emir. Il a fallut l’intervention du Sultan de Sokoto de l’époque pour les départager. Depuis cette période, les désignations de l’Emir sont faites par Vote.

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