Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

mercredi 17 août 2011 à 02h20min

Le gouvernement a tenu, ce mardi 16 août 2011 à Ouagadougou, son traditionnel point de presse sous la houlette du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré. Campagne agricole 2011-2012, prix des céréales sur les marchés, le coton, le pôle de croissance de Bagré ont été entre autres sujets abordés par le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, Laurent Sédogo.

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En cette mi-août au Burkina Faso où les populations et surtout les agriculteurs scrutent quotidiennement le ciel dans l’espoir d’une pluie bienfaisante, un point de presse du gouvernement en présence du ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique ne peut qu’inéluctablement tourner autour de l’installation de la campagne agricole. « A chaque saison pluvieuse, nous sommes inquiets. Cette année, la campagne s’est installée tardivement », a reconnu le ministre Laurent Sédogo lors de la rencontre de ce mardi 16 août 2011, entre le gouvernement et la presse nationale.

Aux précipitations prometteuses dès le mois de mai ayant d’ailleurs incité de nombreux producteurs à entamer les semis, se sont succédé de longues semaines de poches de sécheresse en juin, juillet et août. A cette mi-août, a estimé le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, la situation n’est pas si alarmante dans les différentes régions du Burkina Faso. « Il est vrai que nous n’avons pas eu de grosses pluies, mais parfois les quelque 5 à 10 mm d’eau par endroits ont fait l’affaire, ce qui a permis une bonne levée des cultures. La situation varie d’une région à une autre et il y a des endroits où généralement le maïs, le sorgho et le mil sont au stade de montaison », a expliqué Laurent Sédogo.

Le coton, selon lui, est au stade de ramification et dans certaines régions, les premières capsules sont déjà visibles. Pour le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, d’une manière générale, la campagne agricole jusque là est jugée bonne dans quatre régions du pays à savoir les Cascades, les Hauts-Bassins, l’Est et la Boucle du Mouhoun.
Dans les autres régions, la situation est « passable », mais avec quelques inquiétudes quand même dans les provinces du Noumbiel, du Poni, du Boulkiemdé et du Sanguié. « Ces dernières années, nous constatons un glissement dans les saisons et le mois de septembre est devenu plus pluvieux. Si en septembre il ne pleut pas, là nous serons très inquiets », a avoué le ministre de l’Agriculture.
Quid du programme Saaga en ce début d’installation difficile de la saison hivernale ?

L’opération Saaga en action

A ce sujet, Laurent Sédogo a précisé que si la campagne agricole est actuellement satisfaisante à l’Ouest et dans la Boucle du Mouhoun, c’est grâce en partie à ce programme. « L’opération Saaga permet d’augmenter nos chances de réussir une campagne agricole et hydraulique. Grâce à ce programme, nous avons des apports significatifs de l’ordre de 15% à 20% de pluviométrie dans notre pays », a-t-il indiqué, ajoutant que les conditions ne sont pas pour le moment réunies pour une intervention dans le Centre et le Plateau central.

Le ministre Laurent Sédogo a aussi fait le point de la culture du coton cette année, une filière qui a connu une grave crise en début de campagne. « La crise du coton est dernière nous, car depuis les évènements de Boromo, la poussée conflictuelle a baissé », a-t-il annoncé, tout en reconnaissant que les superficies ont diminué à cause aussi de l’installation tardive de la campagne. Ce sont donc environ 420000 ha de coton qui ont été emblavé en cette campagne 2011-2012. « Ce ne sera certainement pas la campagne la plus catastrophique mais nous tirerons des leçons en fin de saison. Dès septembre, un comité sera mis en place pour réfléchir sur tous les problèmes du coton dans toutes ses facettes afin de faire des propositions concrètes au gouvernement », a déclaré Laurent Sédogo.

En ce qui concerne les prix et la disponibilité des céréales, autre sujet du point de presse, le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique a reconnu que les coûts, ce qui est normal à cette période de l’année, ont grimpé depuis juin, de 7% à 3% selon les régions et les marchés.
« Ce sont les stocks des paysans et ceux des commerçants qui influent sur les prix. Avec le début tardif de la campagne, les paysans hésitent à faire sortir leurs stocks de l’année dernière. Donc les gens vont plus chez les commerçants. Les céréales sont disponibles et les hausses ne sont pas exagérées », a-t-il ajouté. La philosophie du pôle de croissance de Bagré a de même été éclairée aux journalistes.

Pour Laurent Sédogo, il s’agit d’un espace dans lequel toutes les conditions sont réunies pour booster une croissance économique rapide. Les facteurs premiers sont l’eau et la terre et selon lui, Bagré est bien fourni en la matière : 1,5 milliard de m3 d’eau et 50 000 ha de terre disponible. Avec les 115 millions de dollars de la Banque mondiale, diverses infrastructures (routes, électrification, centres de santé…) y seront érigés pour permettre l’installation d’opérateurs privés et une production agricole accrue. « Le 31 octobre tout devrait démarrer », a conclu Laurent Sédogo.

Sié Simplice HIEN


Une campagne de collecte de sachets plastiques prévue

Au cours du point de presse hebdomadaire du gouvernement, le mardi 16 août 2011, des questions touchant à la politique nationale de l’environnement et de développement durable, la campagne nationale de reforestation, les problèmes de pollution et de nuisance tels que les cyanures et mercures…ont été développées par
le ministre, Jean Koulidiati, de l’Environnement et du Développement durable.

La Politique nationale de l’environnement et du développement durable au Burkina Faso est l’une des principales préoccupations du gouvernement. Et pour mener à bien cette politique nationale, le département en charge de la question s’est doté de textes réglementaires en la matière en vue d’atteindre les objectifs. C’est notamment lutter contre les déchets plastiques de toutes natures qui présentent un réel danger pour les populations, les animaux dans les pâturages et les plantes.

Pour le ministre Jean Koulidiati, le phénomène est réel et recommande un certain nombre de mesures pour faire face à cette situation, à l’image des pays africains comme le Tchad, le Rwanda et le Gabon qui ont adopté des mesures interdisant l’utilisation des déchets plastiques sur leur territoire. Pour ce qui est du cas du Burkina Faso, le ministre en charge de l’Environnement a indiqué que son département va très bientôt procéder à une relecture du code sur l’environnement, afin de l’adapter au contexte national. Pour joindre l’acte à la parole, une campagne de collecte de sachets plastiques sera entreprise à Ouagadougou au cours du mois d’octobre afin de sensibiliser les populations sur le danger de la prolifération des déchets plastiques qui sont des sources de nuisance de toutes sortes. Dans le cadre de la campagne nationale de réforestation, l’année 2011 décrétée par les Nations unies comme année internationale des forêts, verra la mise en terre de 11 millions de plants sur toute l’étendue du territoire, a affirmé le ministre Jean Koulidiati. A cet effet, les essences locales sont privilégiées pour assurer une meilleure couverture végétale dans les années à venir.

Pas d’inquiétude sur la contamination au cyanure des eaux
du barrage de Djibo

En tous les cas, a rassuré le ministre, l’état de pollution de l’environnement est sept fois inférieur à la norme. Autre mesure en ce qui concerne le reboisement à grande échelle, il est prévu dans tous les grands chantiers une enveloppe pour cette campagne de reforestation.
Pour le ministre de l’Environnement et du Développement durable, la contamination des eaux du barrage par cyanure est actuellement écartée.

Ce cyanure était conditionné dans des containers et des analyses ont révélé que le produit n’a pas été massivement déversé dans le barrage, écartant ainsi toute possibilité de contamination des eaux. Des mesures visant à réglementer l’utilisation du cyanure et du mercure sur les sites aurifères et d’orpaillage sont envisagées par le gouvernement en vue d’éviter les risques et toutes conséquences désastreuses qui peuvent en découler. En outre, le premier responsable du département de l’Environnement et du Développement durable a aussi précisé qu’un contrat d’objectif est mis en place avec les Organisations non gouvernementales (ONG), les associations et les communes pour faire respecter le code sur l’environnement.

Privat OUEDRAOGO


A propos des Galian 2011, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré a indiqué que le comité mis en place par le département a déjà travaillé sur ces Galian et d’ici deux à trois semaines, des informations y affairantes seront données.

P.O.

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 17 août 2011 à 07:42
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    Grâce à ce programme, nous avons des apports significatifs de l’ordre de 15% à 20% de pluviométrie dans notre pays », a-t-il indiqué, ajoutant que les conditions ne sont pas pour le moment réunies pour une intervention dans le Centre et le Plateau central.
    A quand un audit sérieux pour évaluer réellement ce programme ? Je ne crois pas du tout à ce que dit le ministre avec ces 15 à 20 % ! Chiffre sans doute largement gonflée !!!

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  • Le 17 août 2011 à 08:18, par Oumou Dilli
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    Merci à Laurent Sedgo pour les superficie emblavée ! mais et les quantités attendues ??? en coton, en mais, mil sorgho et autres haricots !
    D’ailleurs comme on est esclave du coton sans savoir qui cela arrange vraiement, sachez que le cours du coton en en forte baisse sur le marché mondial et comme la fibre n’est pas vendu au marché de sankaryaré.......

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  • Le 17 août 2011 à 09:58, par diaspo engagé
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    il ne pleut plus au bf comme avant parce qu’on des dirigeants très mauvais qui n’ont pas l’amour pour leur peuple,dieu aide beaucoup ceux qui s’aiment.svp moderadeur il faut pubier

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  • Le 17 août 2011 à 10:41, par ZORRO
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    Ces point de presse du Gouvernement sont très appréciables et il faut louer cette volonté de communiquer qui anime l’équipe de LAT.

    S’agissant des sachet plastics, je me pose la question suivante : est-ce que le gouvernement du Burkina Faso veut réellement lutter contre les sachets plastics ? depuis une dizaine d’années et plus, c’est toujours le même refrain sans qu’on ne voit la portée des mesures prises.

    On sait qui fabrique et qui importe les sachets plastics. On sait également que ces sachets sont en train de tuer nos animaux et d’appauvrir nos sols. Pourquoi alors ne pas prendre ses responsabilités et interdire purement et simplement ces déchets sur notre territoire. C’est ce que nous attendons du gouvernement.

    Nous exhortons nos autorités à agir, nous les soutenons à fond sur des questions aussi importantes pour la survie de notre agriculture et notre élevage.

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  • Le 17 août 2011 à 11:09, par Snake
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    "Ce cyanure était conditionné dans des containers et des analyses ont révélé que le produit n’a pas été massivement déversé dans le barrage, écartant ainsi toute possibilité de contamination des eaux."

    Tout simplement inquiétant ! Je comprend peut être un peu le Ministre, mais de là à prendre les citoyens pour des cons...C’est vrai que nous sortons d’une crise sociale et plus, tout est mis en oeuvre pour que l’apaisement se joue toujours ; dans un tel contexte et fidèle surement à sa lettre de mission le Ministre met balle à terre toute susceptibilité d’affolement. Franchement quoi, je pense que nos dirigeants devraient revoir en profondeur les choses et être plus énergiques : Avec vos yeux (les flics et douaniers postés en brousse) là, cherchez à voir comment les miniers souvent transportent les produits dits dangereux. Maintes fois sur l’axe Ouaga-Kaya j’ai personnellement été témoin de convois de ces produits dits dangereux, et je puis vous dire que ça donne froid au dos. Si ce n’est simplement une banderole avec un crane de pirate dessus et un véhicule 4x4 à l’avant et arrière avec un drapeau orange... Vraiment quoi, prenons nous au sérieux, l’Afrique n’est pas un no-man’s land ! Est ce que celà se fait dans les pays européens et de cette meme manière ? Je ne suis pas si sur, et quant à vous monsieur le ministre arrêtez de nous prendre tous pour des tarés : une pollution est une pollution, et le cyanure (mettez y des normes Burkinabè ou chinoises si vous voulez) est toxique pour l’organisme POINT FINAL. Si tel n’est pas le cas, qu’on apporte à vos enfants cette eau à boire et on verra si vous accepteriez. Désolé d’être si direct, mais c’est pour que tous ces politiciens de m...e, arrêtent vraiment VRAIMENT de nous prendre pour des cons.La crise a été profonde, très profonde, mais certaines personnes apparemment n’ont rien compris ou ne veulent pas comprendre (c’est selon ;)j’ose croire en votre sincérité de voir les choses dans leur globalité. Faites votre job (limogez si nécessaire et justifiez vous) courage pour le travail que vous abattez chaque jours et puissiez vous en faire davantage pour le bonheur des Burkinabè ! Merci

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  • Le 17 août 2011 à 15:25
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    Pour ce qui concerne les sachets plastiques,à défaut d’une interdiction pure et simple, il conviendrait, si on veut obtenir une réelle protection de l’environnement(sol et animaux),reglementer l’utilisation du sachet plastique au Burkina ,à l’instar de ce qu’a fait des pays comme l’Afrique du sud. Pas de gratuité pour l’utilisation du sachet ; Il est payant pour celui qui veut l’utiliser. Le sachet papier lui est donné gratuitement. Ainsi le recours au sachet plastique est l’exception. Peu de personnes l’utilisent du fait qu’il faut débourser en sus du prix des marchandises pour l’obtenir. Un peu plus de volonté politique suffirait.

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  • Le 17 août 2011 à 16:15, par Miss
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    Nous demandons au gouvernement prendre les dispositions nécessaires pour que ce qui nous est arrivé ne soit plus arrivé en responsabilisant chaque autorité dans son demaine.
    Avec ce gouvernement il faut qu’il élargisse les débats jusqu’au bout. Savoir que la conscience des cotonculteurs sont éveillés avec les différents évements qui ont sécoué le pays des hommes intègres en les rendant non intègres

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  • Le 17 août 2011 à 17:08, par Tinto
    En réponse à : Point de presse du gouvernement : « S’il ne pleut pas en septembre, nous serons très inquiets », dixit Laurent Sédogo

    je voudrais rebondir sur le problème du cyanure pour poser le problème de rentabilité de nos sites aurifères. partout dans le monde, cela se chiffre en centaines voire milliers de milliards de francs en terme de concession alors qu’au Burkina, on ne parle que de 46 milliards. la Guinée vient d’amener à plus de 700 milliards la concession ! Au Congo, c’est plus de 2000 milliards ! il faut que nos autorités parlent parce que j’ai le sentiment qu’ils ne font rien contre le pillage de nos ressources pourvu que leur gombo soit garantie ! Pauvre Burkina ! Que restera -t-il après ? Et dire que la quantité de cyanure versée à Djibo n’est pas dangereuse !

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