Le Premier ministre dans la région du Centre-Ouest : Luc Adolphe Tiao visite un barrage de Soum et le CMA de Nanoro

jeudi 18 août 2011 à 01h36min

Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, s’est rendu, le 14 août 2011, dans la région du Centre-Ouest. Il est allé constater l’état d’avancement des travaux d’aménagement des terres du barrage de Soum et visiter le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) Saint Camille de Nanoro qui abrite l’unité de recherche clinique effectuant les recherches sur le vaccin contre le paludisme.

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Après une visite de courtoisie à Naaba Tigré de Nanoro, la première destination du Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, fut le barrage de Soum, d’une capacité de 103 millions de m3, situé à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Koudougou. Le constat est que si la première phase du projet qui concerne la construction du barrage est pratiquement achevée, la seconde phase devant entraîner l’aménagement des terres connaît un retard. Selon Adama Sangaré de la mission de contrôle, cette situation est due à une conjugaison de plusieurs facteurs. Premièrement, il a fait cas de certains problèmes administratifs et sociaux qui auraient ralenti les travaux.

Par exemple, a-t-il expliqué, il a fallu déplacer un marché et une école qui se trouvaient sur le chemin du canal. De plus, il se trouve qu’un bois sacré et la maison du chef se situaient également sur l’emprise du canal. Toute chose qui a exigé que l’on trouve des solutions avant de continuer les travaux. Deuxièmement, il a évoqué la non présence de sable dans la zone et des problèmes d’organisation de l’entreprise exécutant le marché. Pour toutes ces raisons, le coordonnateur du projet Soum, Youssouf Traoré a indiqué que la date prévue pour la fin des travaux a été repoussée à janvier 2013. Au vu de ces difficultés, le chef du gouvernement a convoqué une réunion de tous les acteurs dans la première semaine du mois de septembre 2011 pour, dit-il, situer les responsabilités, mais surtout trouver des solutions pour qu’à la fin du mois de décembre, au moins 200 ha de terre soient déjà aménagées.

Faire de Nanoro un pôle de croissance

Toutefois, il a exprimé toute sa fierté de voir que le Burkina Faso dispose d’un tel réservoir d’eau, réalisé surtout par des compétences nationales. « Cela montre que si chacun de nous consent des sacrifices, nous pouvons réaliser de grandes choses », a déclaré Luc Adolphe Tiao. Il a rappelé que le projet va permettre d’aménager plus de 1000 ha de terre : « C’est un projet important qui entre dans le cadre du renforcement de la sécurité alimentaire dans notre pays et qui va faire de la zone de Nanoro un pôle de croissance », a-t-il affirmé. Pour lui, cet ouvrage va contribuer à améliorer considérablement les conditions de vie des populations, car en plus des parcelles aménagées dont ils bénéficieront, il est prévu la réalisation d’infrastructures sociales comme des Centres de santé et de promotion sociale (CSPS), des écoles et des forages.

Par ailleurs, il a exhorté la population à ne pas hésiter à interpeller le gouvernement à propos de leurs préoccupations. « Si le chantier n’avance pas à votre convenance, vous avez la latitude de saisir le gouvernement à travers, par exemple, vos députés ou le ministre en charge de l’Hydraulique ». A la suite de ces échanges, le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao s’est rendu au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) Saint Camille de Nanoro où il a eu l’occasion de visiter non seulement les différents services de la structure, mais aussi, l’unité de recherche clinique pilotée par le Dr Halidou Tinto. Ce dernier a fait savoir que l’unité de recherche clinique est un centre de recherche qui a été mis en place afin de tester des vaccins et des médicaments pour la lutte contre le paludisme. Il a précisé que le centre a été inauguré en avril 2009 et que les essais ont commencé en octobre 2009. « Actuellement, nous sommes en train de tester un vaccin appelé le RTSS.

C’est le vaccin le plus avancé sur le plan international du paludisme. Nous sommes en train de suivre près de 1200 enfants que nous avons vaccinés. Chaque enfant sera suivi durant trois ans et au bout de trois ans nous pourrons apprécier si le vaccin est efficace ou pas », a-t-il relevé. Quant au Premier ministre Tiao, il a exprimé les encouragements du gouvernement aux responsables du CMA St Camille de Nanoro et affirmé la disponibilité de l’Etat à les accompagner pour toutes les fois que le besoin se fera sentir. Le Premier ministre durant le périple était accompagné du ministre en charge de l’Agriculture, Laurent Sédogo, celui en charge des Infrastructures, Jean Bertin Ouédraogo et le ministre de la Santé, Adama Traoré.

Raphaël KAFANDO


Vers un vaccin contre
le paludisme

Le responsable de l’unité de recherche clinique, Dr Halidou Tinto a expliqué que la recherche sur le vaccin RTSS contre le paludisme est très avancée. En effet, près de 1200 enfants sont actuellement en train d’être suivis pour une période de trois ans. Et si le test est concluant, le RTSS sera soumis à l’étape régulatoire. En ce moment, ce sont les autorités de régulation nationale et internationale qui décideront de la mise du vaccin sur le marché au profit des populations. Si cette étape est résolue, ce sera une révolution dans le monde entier et le Burkina pourra s’enorgueillir d’avoir participé à une des plus grandes avancées au niveau de la recherche en matière de paludisme.

Le RTSS est élaboré pour protéger les enfants du paludisme. Il empêche le parasite de pénétrer dans les globules rouges pour provoquer la fièvre, les céphalées, les courbatures... Dans le processus de développement des médicaments, le RTSS est en phase trois. Il est le candidat-vaccin antipaludique le plus avancé au monde. L’essai clinique du RTSS est mené sur 11 sites dans sept pays africains (Gabon, Mozambique, Tanzanie, Ghana, Kenya, Malawi et Burkina). Le Burkina est le seul site francophone en Afrique de l’Ouest d’où est menée l’étude. Pour l’ensemble des sites, 16 000 enfants et nouveau-nés sont concernés par l’étude.

R.K.


Les potentialités du barrage de Soum

Le Projet de développement hydroagricole de Soum (PDH/Soum) s’inscrit dans le cadre de la politique de développement durable du Burkina. Le projet vise principalement à améliorer la sécurité alimentaire et à réduire la pauvreté dans la zone. Il compte également accroître la production animale, agricole et halieutique. Son barrage de 103 millions de m3 d’eau devra favoriser l’aménagement et la mise en valeur de 1008 ha de périmètres irrigués. D’un coût global de 16, 287 milliards de F CFA, ce projet sera bénéfique pour quatre départements limitrophes du site (Nanoro, Pilimpikou, Samba et Kordié). Environ 7500 tonnes de riz et 2500 tonnes de maïs seront produites dans ce périmètre irrigué. Il est prévu la réalisation de 20 km de pistes rurales pour faciliter l’accès au périmètre, sept forages et un parc de vaccination et 10 km de couloirs de passage pour bétail. Le plan de gestion environnemental et social prévoit construire également un centre de santé, une école et deux marchés ruraux pour faciliter l’écoulement des productions et les transactions commerciales.

Toutefois, le retard accusé par la phase 2 du projet qui concerne les aménagements des terres alourdit, non seulement le coût, mais aussi pourrait exaspérer la population en attente des aménagements hydroagricoles. Reste à espérer que l’engagement du chef du gouvernement puisse accélérer les travaux sur le terrain pour le bonheur de tous les Burkinabè.

R.K.

Sidwaya

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