Palais de justice : Encore lui….

vendredi 12 août 2011 à 03h01min

Ce jeune élève de 23 ans en classe de terminale dans un lycée de Bobo semble ne pas être préoccupé par ses études. Il est permanemment interpellé par les forces de l’ordre. Ce qui amène le juge a dire que les commissariats sont même devenus pour lui un hôtel. Tellement qu’il y séjourne. En effet, cela fait la troisième fois que Pacôme Poda, puisque c’est de lui qu’il s’agit est appelé à la barre du tribunal correctionnel. En 2009, il a croupi à la maison d’arrêt et de correction de Bobo, et ce, pendant 24 mois pour vol d’un ordinateur. En 2010, il avait encore comparu devant les juges pour répondre cette fois-ci du vol d’une mobylette.

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Mais, grâce au bénéfice du doute, il a été relaxé. Le mardi 9 août, Pacôme était une fois de plus devant le tribunal correctionnel pour répondre du vol, ou du moins de recel d’une moto de marque Nano. En effet, pendant que les autres s’affairaient dans les préparatifs du baccalauréat, lui Poda était plutôt préoccupé par comment faire de bonnes affaires. Le 21 mai de l’année en cours, le lycée Ouézzin Coulibaly (Loc) organisait une kermesse, Kadidia Traoré, élève dudit établissement prêtait la moto de sa grande sœur Fatimata pour la circonstance. Arrivé à l’école, elle ne songea pas à boucler l’engin. Par cette inattention, Seydou Sawadogo arrivait à s’emparer de la moto. Il va ainsi demander les services de Pacôme pour sa vente.

« Je connais Seydou depuis 2008, il est vendeur de quincaillerie, il m’a dit que la moto lui appartenait et qu’il avait besoin urgemment d’argent pour voyager. J’ai pu vendre la moto à 325 000F CFA) », a-t-il déclaré au tribunal. Pour ce qui est de la commission, Pacôme a tenu deux déclarations contradictoires. D’abord, il dit n’avoir reçu que 10 000F à la gendarmerie, et devant les juges, 125 000F. Avant d’ajouter qu’il a été piégé par Seydou (qui est toujours dans la nature). « Je promets si toutefois je me tire de cette affaire, me tenir honnêtement », dit-il. Une promesse qui ne convainc pas le parquet. Pour lui, un élève de tel niveau (terminale) est censé connaître si une affaire est claire ou « flou ». Il est de mauvaise foi et ne mérite pas la clémence de la juridiction. Le parquet dans son réquisitoire a demandé une peine de 36 mois fermes contre lui. Le verdict sera rendu le 16 aout prochain.


Relaxés au bénéfice du doute pour abus de confiance portant sur 36 bœufs

Moussa 23 ans et Ousséni 22 ans, tous deux bergers étaient poursuivis pour abus de confiance portant sur 36 bœufs qui avait été remis à Moussa pour travail salarié. C’est pourquoi Ousséni a déclaré ne rien connaître dans cette affaire. En effet, Moussa a été engagé par M.Zongo il y a de cela quatre (4) mois pour surveiller son bétail contre un montant de 7 500F le mois. Un jour, Ousséni est venu rendre visite à son ami. Malheureusement, c’est cette même nuit que les 36 bœufs ont été dérobés. « Nous avons dormi ensemble, mon ami et moi. Au petit matin, nous avons constaté qu’aucun des boeufs n’était dans le parc. Sans trop tarder, nous nous sommes mis sur leurs traces. Mais celles-ci se sont arrêtées dans la brousse », explique l’employé.

Pourtant, selon la victime, il élève des bœufs depuis 10 ans, et ne les laisse jamais divaguer. « Lorsque j’ai engagé Moussa, il m’a dit que je devrais laisser les animaux s’épanouir en les laissant se promener dans la nature. Toute chose que je n’ai pas acceptée », a-t-il expliqué aux juges. Se constituant partie civile après les débats, la victime a souhaité entrer en possession de ses bœufs ou à défaut 15 millions de F CFA. Ainsi, pour le parquet, il n’y a pas de doute, les faits sont bien établis, puisque Moussa aura reçu des instructions fermes de ne pas laisser divaguer les animaux, ni même de recevoir de la visite. D’où la peine de 12 mois de prison avec sursis contre Moussa du fait de son statut de délinquant primaire et relaxe de Ousséni au bénéfice du doute. Le tribunal après délibération a relaxé les deux prévenus au bénéfice du doute avant de déclaré non irrecevable la constitution de partie civile. Les charges ont été mises au dépens du trésor public.


6 mois fermes pour détention et consommation de drogue

Nouffou a 33 ans, il est coiffeur et père d’un enfant. Il a répondu de son acte de détention et de consommation de drogue le mardi dernier devant les juges dans laquelle, celui-ci confiait qu’il en consomme depuis 19 ans. « Je suis coiffeur, et comme je reste debout pendant des heures, j’en consomme pour me soulager », dit-il. Coiffé en dreadlocks, Nouffou aurait déclaré à la police qu’il se soigne avec, donc difficile pour lui d’en arrêter la consommation.

Pour le ministère public, il vaut mieux donner une bonne leçon à ce genre de personne qui détenait par ailleurs une suffisante quantité de drogue. Le parquet dans son réquisitoire a demandé une peine de 6 mois fermes contre lui. A l’annonce de la peine, Nouffou a répondu que la loi, c’est la loi. Avant d’ajouter que c’est un choix, son style rasta lorsque le tribunal lui a suggéré de coiffer ses « dreads ». Ainsi depuis le 9 aout dernier, Nouffour séjourne à la MACB pour une durée de 6 mois.

Rassemblés par Bassératou KINDO (beckyelsie@yahoo.fr)

L’Express du Faso

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