Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

vendredi 22 juillet 2011 à 03h11min

Décidément, les mouvements d’humeur ne veulent pas lâcher les Burkinabè. Ce mercredi 20 juillet 2011 encore, des commerçants de Ouagadougou se sont massés devant la brigade ville de gendarmerie située derrière le siège de l’ONATEL. La cause, des responsables de leur organisation faîtière y ont été convoqués ce jour-ci pour répondre à une plainte pour menaces à l’encontre d’un certain Ignace Amédé Béréwoudougou, jeune opérateur économique de 35 ans ayant acquis une propriété bâtie qui appartenait à El hadj Sayouba Sanfo (67 ans) et qui a été saisie puis vendue par la BICIA-B.

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Le mercredi 20 juillet 2011, trois membres du bureau exécutif de l’Organisation des commerçants du Burkina (ONACOM-B) ont été convoqués à la brigade ville de gendarmerie située derrière le siège de l’ONATEL. L’objet de cette « invitation » matinale : une plainte déposée contre les intéressés pour menaces.

Le plaignant est un certain Ignace Amédé Béréwoudougou, un jeune opérateur économique de 35 ans. Il accuse les membres de l’ONACOM-B d’avoir menacé d’incendier son commerce et le siège de la BICIA-B. Des commerçants de la capitale, membres de l’organisation faîtière, ont donc décidé de s’inviter chez la maréchaussée pour marquer leur solidarité avec leurs responsables.

L’affaire remonte au début des années 80. Il y a de cela une trentaine d’années, El hadj Sayouba Sanfo, opérateur économique à Ouagadougou et membre aujourd’hui de l’ONACOM-B, avait garanti son terrain bâti sis rue de la Chance, face à la LONAB, à la BICIA-B pour bénéficier d’un prêt. Dette qu’il n’a pu éponger. L’institution financière a alors fait saisir la propriété en 1993.

En avril 2011, la banque décide de vendre le bien immobilier saisi dont la valeur est passée entre-temps de 82 à 220 millions de FCFA. El hadj Sanfo entreprit alors de racheter son ancienne propriété, qui, dit-il, est son seul bien immobilier à Ouagadougou, en vendant un autre qui se trouve à Lomé. Selon ses dires, il fut invité par l’avocat de la banque à aller verser l’argent, ce qu’il fit. Malheureusement pour lui, le Service contentieux de la société venait de céder la cour, où habitent toujours M. Sanfo et sa famille, à Ignace Amédé Béréwoudougou.

C’est alors qu’à la BICIA-B, on lui aurait conseillé d’entreprendre une négociation avec le nouveau propriétaire. Le Mogh Naaba Baongo et El hadj Oumarou Kanazoé auraient même été sollicités pour demander à M. Béréwoudougou de restituer la cour au vieux Sanfo, contre bien sûr la somme déjà investie au dire du camp Sanfo. L’organisation des commerçants est aussi intervenue pour une médiation et a même rencontré M. Béréwoudougou pour cela.

Malheureusement, à entendre Moussa Dabo, secrétaire général de la section Kadiogo de l’ONACOM-B, l’un des interpellés de ce mercredi, leur interlocuteur a mal pris leur démarche et a déposé une plainte contre eux. « El hadj Sanfo est un commerçant, M. Béréwoudougou en est également un sans oublier que la BICIA-B est aussi une structure commerciale. C’est donc normal que notre organisation tente une médiation. Nous voulons juste demander au jeune Ignace de penser que le vieux est en difficulté et que lui aussi pourrait être un jour dans la même situation. Sans compter que lui a son avenir devant lui », explique Dabo la main sur le cœur.

De son côté, le nouveau "propriétaire légal" du bien litigieux semble particulièrement remonté. Contacté, voici, en effet, ce qu’il nous a confié : "La démarche de M. Sanfo Sayouba est malsaine. Lui et des responsables syndicaux m’ont vilipendé en ville et m’ont diffamé en racontant que j’ai extorqué le terrain alors que je l’ai payé à 220 millions (chèque) avec la BICIA-B, auprès de laquelle Sayouba Sanfo avait contracté en 1981 82 millions qu’il n’a pu rembourser. Il aurait fallu que Sayouba négocie une solution à l’amiable plutôt que de ternir mon image alors que je suis dans mon droit".

Hier dans l’assistance, on s’indignait qu’une telle chose arrive à ce vieux (67 ans), qui a eu, il y a quelques années, « à rassembler à la maison du Peuple toutes les personnes qui lui devaient de l’argent pour leur faire grâce de toutes leurs dettes envers lui, soit plus de 360 millions ».

Mais une chose est sûre, dans le climat actuel du pays, il ne va de l’intérêt de personne que de telles tensions se manifestent dans nos rues. On peut dire qu’on a échappé de justesse à une émeute, vu la mobilisation monstre des commerçants ce mercredi matin à la gendarmerie.

M. Arnaud Ouédraogo

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 22 juillet 2011 à 06:35
    En réponse à : Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

    Là c’est le bicia-b qui doit expliquer sa forfaiture

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  • Le 22 juillet 2011 à 10:21, par pag noor laa loko
    En réponse à : Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

    Le jeune loup et le vieil homme ?
    J’ai bien vu qui était le vieil homme mais le jeune loup reste à définir. Un loup est un fauve prêt à bondir sur sa pauvre proie !!!Votre titre ne cadre pas avec la situation que vous décrivez et laisse transparaître un flagrant parti pris. Il est bien vrai que notre jeune commerçant doit respect à celui qui pourrait être son père ; il pourrait compatir (et je le recommande fortement) à la situation du vieil homme mais ne croyez pas que cela soit une obligation.Tout est dans l’approche, parce que dans le monde des affaires, chacun cherche son intérêt. Si tous ceux qui ont perdu des biens immobiliers de la sorte devaient exiger des nouveaux acquéreurs qu’ils leur revendent leurs biens quelques années après,quel désordre cela causerait !!Même si notre vieux commerçant dispose du soutien des autres commerçants, il devrait se la jouer profil bas, parce que le "jeune loup" comme vs l’appelez est dans son droit. Quand on négocie, on ne fait pas étalage de ses "biceps", on ne menace pas. Nous sommes dans un état de droit,et chacun devrait le savoir, vieux comme jeunes, journalistes comme commerçants.

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    • Le 22 juillet 2011 à 15:19
      En réponse à : Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

      Je suis désolé pour ce "fameux connaisseur" de l´etat de droit. Il faut que je vous enseigne que si mr Ignace Amédé Béréwourou est un opérateur économique honnête, s´il n´est pas un loup féroce, s´il veut acquérir dignement des biens fonciers, il ya encore trop d´espace et de terrains vierges qu´il pourait bien aménager et bâtir avec ses 220 millions de francs cfa. Alors Mr. Elhaj Sanfo a signé un chéque de 82 millions qu´il a remis au huissier de la banque dépuis belle lurette pour éponger sa dette vis-á-vis de la BICIA-B (c´est la BIB ou BICIA-B !!!! ?). Elle en a refusé sous prétexte qu´elle a déjà un preneur. Pourtant, la valeur de la Cour de monsieur Sanfo est triplement voir 5 fois supérieure à 220.000.000frcfa !!!! Si non pourquoi accepterait-il de payer 220.000.000frcfa pour un crédit de 82.000.000frcfa ???!!!! Opérateur économique n´est pas synonyme d´Opérations malhonnêtes et mafieuses !!! On appelle cette forfaiture des deux complices:UN SALE DEAL. L´Etat de Droit ne veut pas dire SANS ETAT D´ÂME !!! Ayez une peu la notion d´humanité et de vertue. Pour faire les affaires, il faut être un ÊTRE PENSANT. Les animaux n´ont pas de boutiques, d´usines ou de cours familiales. Ne soyons pas donc comme les animaux.

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  • Le 22 juillet 2011 à 13:31
    En réponse à : Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

    D’abord observons que le titre est insidieux et tendancieux. En effet que de conotations malveillantes dans "jeune loup", "vieil homme" et l’opposition qui s’en suit. Mr le journaliste, ce titre n’est pa fortuit si l’ on vous connaissait d’avantage.
    Ensuite, comment comprendre que l’Avocat, censé suivre le dossier dudit terrain en vienne à envoyer l’ancien proprietaire faire un reglement alors que le terrain se trouvait etre dejà vendu. Enfin, pourquoi la banque, au lieu de se contenter d’informer celui-ci de l’indisponibilité du terrain lui recommande d’aller negocier avec le nouvel acquereur ?
    La responsabilite de la banque est ici loude et non denuée de mobiles inavouables.La "mobilisation" aotour de l’Adj n’en est pas mois suspect.Pauvre Faso : les demonds ont ete longtemps entretenus, encourages et voila qu’ils s’affichent revendiquent et menacent.Vive le CDP vive Blaise et son systeme !

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  • Le 22 juillet 2011 à 14:29
    En réponse à : Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

    Mr le journaliste, même si vous êtes à la solde de gens sans vergogne, il faut honorer le métier que vous faites. Et encore le rédacteur en chef qui laisse passer de tel propos discrédite encore plus le métier. Il faut toujours chercher l’objectivité dans l’analyse. Je ne vous apprends rien en vous disant d’aller chercher l’information au lieu de vous contenter des ragots. Vous ne connaissez pas ceux que vous défendez aujourd’hui. Approches toi du vieux El Hadj Kanazoé Oumarou pour mieux les connaître. Demande leur combien, celui dont tu parles, le vieil homme El HAdj Sanfo Yacouba leur a promis. En ayant fais grâce à ses créanciers de 360 millions, il peut quand même faire table rase sur ces 93 millions valeur de la parcelle hypotèquée initiale. Même ceux qui se massent derrière eux suivent juste l’effet de foule. Le désordre dans un pays vient des gens comme vous qui n’ont pas d’intégrité. Quand on reproche la presse de ne pas jouer son rôle, c’est à cause de vous autre qui n’avez pas d’étique. Le vieil homme que vous citez et biensûr cette nébuleuse association n’a pas à s’en prendre au jeune commerçant mais plutôt à la banque BICIA-B qui initié la transaction. Il fallait convaincre la BICIA-B de ne pas céder l’hypothèque. Parce que ces gens là ne peuvent pas affronter la banque, on s’en prend à l’acquéreur, nous sommes dans quel pays ? Un peu de jugeote Mr le journaliste. Si j’étais à la place de ce jeune commerçant, le trainerais tout simplement le journal en justice pour diffamation. Il faut que force revienne à la loi dans ce pays.

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  • Le 22 juillet 2011 à 20:46
    En réponse à : Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

    ce me semble que cette histoire n’est pas trop claire Et plus particulierement l’attitude de la banque Tout donne a croire qu’il y a un deal pour exproprier ce vieux
    SOME

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  • Le 1er août 2011 à 12:20
    En réponse à : Conflit foncier dans la zone commerciale : Le jeune loup et le vieil homme

    Vraiment dans cette affaire, je me pose des questions quant à l’honnêteté du camp sanfo,
    - comment se fait il que depuis près de vingt ans que le bien a été retiré par la banque, le vieux n’a pas pu épongé sa dette et c’est aujourd’hui qu’il serait en mesure de le faire
    - et franchement le vieux affirme qu’il s’agit de son unique bien immobilier au Burkina, si ça c’est vrai pour un commerçant qui a pu acquérir un terrain en zone commerciale, à deux (2) pas de rood wooko, je veux bien donner ma tête à couper
    - ensuite je me demande ce que vient faire un syndicat dans cette affaire ? il s’agit d’un différent individuel et non collectif. Pour se prévaloir de ses attributions en matière de médiation il faut l’accord des deux protagonistes et dans tous les cas il n’est pas nécessaire de convoquer une AG pour descendre dans la rue. Ce n’est pas du tout responsable de leur part.
    - de plus le camp du vieux reconnait la légalité de la vente et je suppose que c’est pour cela qu’il n’a pas choisi la voix judiciaire pour entrer en possession de son ex propriété. Alors je me demande aujourd’hui qui fait la force à qui ?

    Je pense sérieusement qu’il y a lieu de respecter le droit dans cette affaire parce que si aucune banque ne peut vendre un terrain qu’il aura saisi, j’imagine les conséquences pour l’économie nationale en générale
    Dans tous les cas j’espère que l’Etat burkinabé prendra son courage à deux mains dans cette affaire

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