Kindi : La population exige le départ du chef Naaba Koanga

mardi 12 juillet 2011 à 03h18min

La crise que connaît Kindi (commune rurale située à 50 km de Koudougou) a pris une autre tournure en se déportant à Koudougou. Avant-hier dimanche 11 juillet, en début de soirée, des centaines d’hommes et de femmes venus de Kindi ont investi la résidence du Lallé Naaba Sanem et ont désavoué publiquement leur chef. Dans leur exigence, ils réclament la démission de leur chef dont ils disent ne plus reconnaître l’autorité. Ils ont du reste matérialisé leur vœu à travers une déclaration signée par les présidents des Comités villageois de développement (CVD) de Kindi, Zerkoum, Manviré, Nassoulou et Koné.

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C’est une première à Koudougou et particulièrement pour le Lallé Naaba de voir des populations venir exiger la destitution de leur chef, le Naaba Koanga. D’habitude, s’il y a des rassemblements du genre, c’est pour des intronisations. De "détronisation", on n’avait jamais vu. Le différend qui oppose le chef de Kindi à une partie de sa population s’est donc déporté à Koudougou avec des centaines de personnes, tous genres et tous âges confondus, qui ont demandé au Lallé Naaba, sous l’autorité de qui est placée celle du chef de Kindi, de trouver une solution à leur épineuse préoccupation. Elles affirment ne plus vouloir de Naaba Koanga dont l’intronisation n’a pas apporté la cohésion, ni la paix ni la prospérité espérées.

Les mécontents, issus des cinq villages et des dix secteurs de la commune, reprochent, entre autres, à leur chef son immixtion dans les affaires administratives de la commune, ses attaques à l’autorité communale dans les médias, l’organisation de marches pour chasser le commissaire de police d’alors et les membres de la commission de lotissement et pour vandaliser les bornes implantées. Les manifestants dénoncent les tentatives de déguerpissement d’un chef de famille dont le tort serait d’être le voisin du chef ainsi que l’instrumentalisation et l’intoxication de la population. Selon eux, beaucoup de ressortissants de Kindi vivant à l’extérieur expriment leur refus de voir leur commune aller vers le chaos.

Dans une déclaration lue par Sylvain Nassa du CVD de Nassoulou et remise au Lallé Naaba, les croquants estiment que les agissements du chef de Kindi freinent le développement de leur commune. Ils affirment avoir attiré, en vain, l’attention du ministre de l’Administration territoriale, du gouverneur du Centre-Ouest, de sa Majesté le Mogho Naaba Baongho et du Lallé Naaba Sanem.

Il faut faire remarquer que depuis la désignation, en 2007, d’un chef de village dans cette localité, qui n’avait pas dans ses traditions un chef de village mais plutôt un chef de terre, Kindi a mal à ses hommes. Cette commune vit une rivalité non feinte entre le chef Naaba Kaonga et le maire Thomas Baguemzanré. Malgré les médiations, les positions restent tranchées. Et beaucoup sont ceux-là qui pensent que cette descente des Kindilais à Koudougou est, une fois de plus, la matérialisation de cette rivalité entre l’édile et le chef. Pour preuve, hier lundi, une centaine de personnes ont fait un siège à la mairie, bloquant le personnel à l’intérieur et perturbant la tenue régulière du marché. Sous le motif que c’est le maire qui serait à l’origine de la descente dominicale des Kindilais à Koudougou.

Un habitant, Souleymane Koanda, que nous avons joint au téléphone, a dit que le chef a déporté le problème sur le plan purement politique, revendiquant la propriété de la mairie et envoyant des "loubards" en bloquer l’accès. Souleymane Koanda dit avoir participé à la marche du dimanche, mais réfute une instrumentalisation de leur mouvement par le maire.

Le ministère en charge des Collectivités territoriales ainsi que les autorités régionales feront bien de trouver une solution définitive à cette situation de la commune de Kindi que le maire voulait émergeante. Sinon, il ne faut pas qu’un jour on se dise surpris du drame qui pourrait y survenir. Hier, certains n’excluaient pas un affrontement entre partisans et non-partisans du chef. Souhaitons qu’ils n’en arrivent pas à une telle extrémité.

Cyrille Zoma

L’Observateur Paalga

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