Fait divers : "... et bakari tomba malade..."

mardi 28 juin 2011 à 02h09min

Voici comment vieux Yéro a su que Sambo était l’amant de sa deuxième épouse. Oui, depuis longtemps Sambo, avec une discrétion de sioux "boukifiait" profondément celui que l’on considérait comme un sage dans cette communauté d’éleveurs. Entre vaches et moutons, Sambo "bakarisait" dur la fragile Koumbo jusqu’au jour où il tomba malade. Pour être plus précis, disons jusqu’au jour où le "bakari" de Sambo tomba malade. Cela a commencé par de légers picotements, lorsqu’il urinait et par des démangeaisons autour de la tête de l’objet du délit. Mais cela n’empêchait pas Sambo d’honorer Koumbo, donc de planter d’autres cornes sur la tête de celui qui aurait pu être son père.

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Puis le mal a empiré : les légers picotements se sont transformés en grosses douleurs et les démangeaisons sont devenues des boutons et ces boutons, à leur tour, ont commencé à grossir, à s’ouvrir pour laisser sortir leur pus avant de devenir des plaies. Son mal évoluait, mais de honte, Sambo gardait le silence. Même à Koumbo qui s’étonnait de son brusque refroidissement, il ne disait rien. C’est que Sambo pensait qu’il pouvait soigner "bakari" avec les médicaments de la rue. Il achetait les "toopai", ces antibiotiques en poudre qu’il extrayait et qu’il répandait sur ses plaies. Mais la poudre des "toopai" ne put rien contre cette infection. Et la fièvre s’empara de lui. Alors, il fut obligé de se tourner vers les tradipraticiens de la zone.

Ceux-ci lui donnèrent des décoctions et des poudres noires. Il lava la tête purulente de "bakari" avec des eaux chaudes en vain, pis, il ne réussit qu’à augmenter la taille et la profondeur des plaies. Ah vraiment, "bakari" ne devait pas être beau à regarder, encore moins à faire autre chose. Puis sa fièvre le coucha. Ce fut à peu près à cette période que Sambo se convainquit que son mal n’était pas naturel. Il y voyait la main du vieux Yéro. C’était lui qui, par son épouse interposée, l’avait "wacké". Sambo était sûr que lorsque le mari cocu s’était rendu compte de son infortune, il avait piégé le sexe de son épouse pour que quiconque y entre, en ressorte avec une maladie. Et ne voilà-t-il pas que ce wack était en train de lui bouffer la tête de "bakari".

Ainsi convaincu, Sambo refusait l’idée même d’aller au dispensaire. Il fit appeler l’un des plus anciens de sa famille à qui il a tout raconté, avant de le prier d’aller voir vieux Yéro pour lui présenter ses excuses avec la promesse de ne plus jamais le tromper, afin qu’il le libère de cette mort assurée, mort fort douloureuse et fort humiliante.

Après avoir écouté l’émissaire, vieux Yéro laissa éclater sa surprise. Il n’avait jamais su que son épouse avait un amant dans le village. Il n’y avait jamais pensé. Et il ajouta au bord de la colère : "si j’avais su que cet ami de Satan avait des relations

avec ma femme, ce n’est pas par le wack que je l’aurais travaillé. Je serais venu à lui avec une machette. Je lui aurais arraché "bakari" avant de lui couper la tête... walaï si son mal peut, il n’a qu’à le tuer jusqu’à demain... "

Mais Sambo n’est pas mort. On alla au département, on fit venir l’infirmier qui le traita sur plusieurs semaines à fortes doses d’antibiotiques. Lorsqu’il se fut quelque peu rétabli, vieux Yéro envoya lui dire qu’entre eux deux, il y avait quelqu’un de trop dans le village. C’est ainsi que, alors que "bakari" était toujours sous bandage, Sambo quitta le village pour Ouaga où il vint grossir le rang des S.T.F, les Sans Travail Fixe". Mais a-t-on pensé à traiter Koumbo ? Et même vieux Yéro ?

Sacré Chédou OUEDRAOGO

Sidwaya

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