CEG MUNICIPAL DE NONGR-MASSOM : Le directeur et le personnel à couteaux tirés

mardi 28 juin 2011 à 02h09min

Dans la lettre ci-dessous adressée au ministre des Enseignements secondaire et supérieur, le personnel et le comité F-SYNTER du CEG municipal de Nongr-Massom peignent un sombre tableau de la situation que vit l’établissement. Ils en appellent à l’implication du ministre de tutelle.

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Monsieur le ministre, Nous venons par la présente dénoncer le climat impropre au travail qui prévaut au CEG municipal de Nongr-Massom. En effet, depuis son ouverture en octobre 2009, les relations de monsieur le directeur avec le personnel ont toujours été caractérisées par un manque réel de franchise dans la communication, vu son opposition catégorique à la mise en place des cadres de concertation. Ceci a été clairement décrit dans notre lettre à lui adressée, datée du 17 février 2011, dont nous vous annexons une copie. Monsieur le ministre, la situation s’est empirée depuis janvier 2011 au regard d’un certain nombre de faits :

- imposition de nouveaux emplois de temps hâtivement faits avec interdiction de tout aménagement ;
- manipulation des élèves tendant à les mettre en conflit avec les enseignants ;
- rupture du contrat d’un vacataire pour avoir signé la lettre du personnel, arguant que les vacataires doivent se soumettre à l’autorité du directeur et ne doivent exprimer aucune opinion contraire. Il a auparavant réuni les vacataires pour leur signifier qu’il leur interdisait toute position commune avec les professeurs titulaires et que tout contrevenant s’exposait à des sanctions graves. Nous tenons à préciser que l’enseignant était en plein cours quand il l’a fait sortir de la classe pour lui annoncer "qu’il était mieux qu’il se sépare de lui" ;

- rupture du contrat d’un autre vacataire pour la simple raison de l’inadaptation de son nouvel emploi de temps avec son emploi de temps général (puisqu’il intervient dans d’autres établissements, le directeur refusant toute idée d’aménager les emplois de temps avec les professeurs) ;

- gestion opaque des ressources de l’établissement et refus catégorique d’en discuter avec le personnel, arguant que le rôle des professeurs est d’être en classe et non pas de discuter de gestion. Il ajoute qu’il n’a pas de compte à rendre au personnel, qu’il perçoit toute démarche dans ce sens comme une volonté du personnel à nuire à ses intérêts, et que cela peut se retourner contre le personnel qu’il s’empresse de qualifier d’opposants politiques : « L’opposition politique, c’est ailleurs, pas ici », comme il le dit lui-même.

En vérité, cette gestion personnelle de monsieur le directeur cache des pratiques pour le moins frauduleuses. En voici quelques exemples illustratifs :

1- Recrutement personnel de 35 élèves en classe de 3e par M. le directeur après le test. (pour 57 places disponibles, il décide de limiter le nombre d’élèves à recruter par le test à 18).

2- Recrutement personnel de tous les nouveaux élèves pour complément d’effectif par M. le directeur et perception par lui des frais de scolarité de plusieurs d’entre eux qu’il refuse de reverser à l’intendance. La preuve est que ces élèves ont poursuivi leurs reçus qu’il a été incapable de délivrer, l’intendant étant le seul habilité à le faire. Ses obstructions permanentes à la mission de l’intendant ont fini par contraindre ce dernier à arrêter le travail depuis le mois de mars.

3- Réinscription d’élèves exclus par le conseil de classes. L’exemple le plus ahurissant est la réinscription d’une élève en classe de 3e, exclue pour insuffisance de travail avec la moyenne annuelle de 2,61 (le père de cette élève est membre du bureau APE nommé par le directeur).

4- Inexistence de registre d’immatriculation des élèves de l’établissement (depuis deux ans, aucun élève ne dispose d’un numéro matricule).

5- Inexistence d’informations sur le statut des élèves sur les bulletins de notes. La conséquence y relative a été l’impossibilité pour les professeurs principaux d’établir les résultats annuels du travail des élèves. 6-Gonflement de la vacation par les procédés suivants :

a- Augmentation frauduleuse des heures de vacation. En exemple, M. Ousséni Sawadogo , le directeur lui-même, perçoit mensuellement l’équivalent d’au moins 76 heures de vacation pour 12 heures prévues qu’il n’assure d’ailleurs pas.

b- Création d’emplois fictifs de vacataires dont lui-même perçoit la paie en utilisant les noms et les références identitaires de demandeurs non satisfaits. En exemple, les sieurs Dianda Z Martin et Ouédraogo Lassané, pour ne citer que ces deux, n’ont jamais exercé au CEG municipal de Nongr-Massom et pourtant leurs noms ressortent sur des états de paiement de vacation où ils perçoivent mensuellement plus de 150 000 F CFA chacun.

c- Surévaluation des heures de vacation des vacataires réels et perception par M. le directeur du surplus frauduleux. Face au refus de certains vacataires de faire ressortir les heures indûment ajoutées dans le cahier de texte, M. le directeur procède lui-même au remplissage, imitant les écritures et les signatures de ces derniers.

d- Remplissage par M. le directeur du cahier de texte de la classe de 4e qu’il tient en anglais avec des contenus pédagogiques qu’il n’a jamais dispensés, et perception à ce titre de la vacation pour des heures non assurées.

7- Instauration injustifiée d’une cotisation spéciale de 5000 F CFA dont lui seul connaît l’usage qui en est fait. 8-Augmentation injustifiée de la cotisation APE de 5000 F CFA à 7000 F CFA. Nous précisons là qu’il s’agit d’une décision personnelle de M. le directeur, puisqu’il n’existait pas d’APE en ce moment. (Par la suite, un bureau APE dont les membres ont été nommés par le directeur a été mis en place le 26 octobre 2010 dans l’ignorance totale du personnel du CEG et des parents d’élèves). 9-Alors que le terrain de sport a été gracieusement aménagé par un entrepreneur du voisinage, M. le directeur déclare au personnel qu’il l’a été à plus de 500 000 F CFA : location du caterpilar à 50 000 F CFA l’heure pour toute la journée avec 140 000 F CFA de carburant. Ce mensonge dénote une volonté de détournement.

Monsieur le directeur a érigé en lieu et place des structures, la malhonnêteté comme système de gestion et le mensonge et le faux comme instruments de fonctionnement. Par son manque de rectitude dans ses agissements, il a réussi à se discréditer, non seulement aux yeux du personnel qui en est arrivé à ne voir dans tous ses actes que des manœuvres destinées à servir ses desseins frauduleux, mais aussi aux yeux des élèves qui constatent le faux qu’il fait dans le cahier de texte (il est absent au cours, mais remplit le cahier de texte pour justifier la vacation qu’il perçoit) et son incapacité à leur procurer les reçus justificatifs des paiements qu’ils ont effectués à son niveau.

La situation de pourrissement en cours au CEG municipal de Nongr-Massom rend le travail presqu’impossible. Une des conséquences fâcheuses de cette situation est que certaines classes ont manqué de professeurs dans certaines matières de janvier à avril et d’autres jusqu’à la fin de l’année. Il est à relever que le conseil de classes de fin d’année a été suspendu à cause de l’impossibilité à établir un bilan annuel complet du travail des élèves.

Monsieur le ministre, le personnel et le comité F-SYNTER par cette dénonciation n’ont autre but que de marquer leur refus d’être complices des comportements de M. le directeur du CEG qu’ils désapprouvent entièrement, mais aussi de crier leur colère et leur exaspération face au silence complice de la Direction régionale et de la Direction de la Promotion de l’Education qui ont été interpellées par écrit depuis le mois de mars 2011. Mais la crise qui s’est installée au CEG municipal de Nongr-Massom est profonde, et nous en appelons à votre implication afin d’aider à y rétablir l’ordre et la sérénité.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre parfaite considération.

Ouagadougou, le 20 juin 2011

Pour le personnel du CEG municipal de Nongr-Massom, Le délégué Oumarou BAGUI

Pour le comité F-SYNTER, le Secrétaire Général Zakaria ZOMBRA

Ampliations
- Mairie centrale de la Commune de Ouagadougou
- Bureau national SNESS
- Bureau national F-SYNTER
- Presse

Le Pays

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